Préparer son équipement de randonnée, c’est souvent le même rituel. Le sac à dos ouvert sur le lit, la checklist sur le téléphone, et ce moment de doute face à la pile de vêtements : est-ce que j’emporte la doudoune ou la polaire ? Les deux ? Et la veste imperméable, celle qui prend de la place mais qu’on ne laisse jamais au camp… Le randonneur qui débute fourre tout, paie le prix sur le dos dès la première montée. L’ultra-léger de la famille rogne sur chaque gramme de poids, puis se retrouve à grelotter au bivouac, à regretter d’avoir laissé sa couche intermédiaire à la maison. Le bon équipement de randonnée, c’est l’équilibre entre les deux. Et cet équilibre, ça se trouve avec un peu de méthode.
Chez Grimpeez, on teste du matériel outdoor sur les sentiers de France depuis plusieurs années : les Alpes, les Pyrénées, la Corse, les Cévennes. On a usé des chaussures de trekking sur tous les types de terrain, porté des sacs Deuter et MSR sous la pluie, cuisiné au réchaud au fond d’une tente par -5°C. Ce guide, c’est notre retour d’expérience condensé pour vous aider à choisir chaque pièce, que ce soit pour une rando à la journée, un trek de plusieurs jours en refuge ou une longue itinérance en autonomie.
On couvre tout : chaussure, sac à dos, le système 3 couches (couche de base, couche intermédiaire, couche externe), couchage, cuisine et hydratation, lampe frontale, trousse de premiers secours, et les accessoires qui changent vraiment quelque chose. Pour chaque catégorie : nos critères de sélection, les meilleures marques testées, les modèles recommandés par profil — homme, femme, trail running ou trekking haute montagne.
L’idée : une liste complète, sans superflu. Pour partir léger. Au sens propre comme au figuré.
Les Chaussures de Randonnée : la Base de Tout Équipement
Si vous ne devez mettre le budget que sur un seul élément, c’est celui-là. Vos pieds vous portent pendant des heures sur des terrains qui changent constamment : sentier de terre, pierrier, passage rocheux, névé résiduel. Des chaussures mal adaptées, et c’est la cascade d’ennuis : ampoules, douleurs de genoux, chevilles instables. J’ai déjà vu des randonneurs abandonner un trek au bout de deux jours à cause d’une paire mal choisie. Le choix dépend de trois choses : le type de terrain, la durée de la rando et le poids du sac.
Tige basse, mid ou haute : comment choisir ?
La hauteur de tige détermine le maintien de la cheville. En tige basse, on est sur du sentier facile, de la marche rapide ou du trail. Légère, souple, sensation proche de la chaussure de course. Parfait pour les journées avec un sac léger.
La tige mid (mi-haute) ? C’est le meilleur compromis pour la randonnée classique. Elle protège la cheville sans la bloquer. On la recommande à la majorité des randonneurs.
La tige haute, c’est pour les chargements lourds (plus de 12 kg sur le dos) ou le terrain très technique en haute montagne. Avec crampons, la tige haute et la semelle rigide sont non négociables.
Les critères essentiels pour bien choisir
Commençons par l’imperméabilité. Une membrane Gore-Tex ou équivalent (OutDry, eVent) vous protège de la pluie, de la rosée, des passages de gué. Le revers de la médaille : une chaussure imperméable respire moins bien. Pour la rando estivale en conditions sèches, certains randonneurs préfèrent des modèles sans membrane qui sèchent en une heure. C’est un vrai choix à faire selon votre pratique.
L’accroche de la semelle, c’est ce qui vous empêche de glisser sur la roche mouillée ou la terre boueuse. Vibram reste la marque de semelle la plus fiable, avec des gommes spécialisées (Megagrip pour l’adhérence, Litebase pour le poids). L’amorti protège vos articulations sur les longues distances. Et la rigidité de la semelle doit correspondre à votre usage : souple pour le sentier, semi-rigide pour le trek, rigide pour la haute montagne.
Côté marques, Salomon (gamme X Ultra, Salomon X Ultra 4 GTX), Meindl (Litepeak), Scarpa (Rush Trek) et Lowa (Renegade) dominent le marché en France. Pour les budgets serrés, les Forclaz de Decathlon (MH500, MT500) tiennent la route, y compris pour les randonneurs réguliers.
Conseil Grimpeez : Ne partez jamais en trek avec des chaussures neuves. Prévoyez au minimum quelques KM de rodage sur des sorties à la journée avant une grande randonnée. Essayez vos chaussures en fin de journée, quand vos pieds sont légèrement gonflés, et prenez une pointure de plus que votre taille habituelle pour éviter les douleurs en descente.
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Le Sac à Dos : Votre Compagnon de Route
Le sac à dos, c’est la pièce centrale. C’est lui qui porte tout et qui vous accompagne pendant des heures. Son volume, son système de portage, son poids à vide, ses fonctionnalités : tout ça détermine directement votre confort sur le sentier.
Quel litrage choisir selon votre type de randonnée ?
Pour une journée, 20 à 30 litres suffisent largement. Eau, repas, veste imperméable, trousse de secours, quelques extras. Pour un trek de plusieurs jours en refuge, comptez 35 à 45 litres : vous ajoutez un drap de soie, des vêtements de rechange, du matériel électronique. Pour le bivouac en autonomie, visez 40-50 litres. C’est le sweet spot. Assez grand pour caser tente, sac de couchage, matelas et réchaud, sans vous encourager à tout emporter.
Au-delà de 60 litres, vous entrez dans le territoire de l’expédition ou du trek longue durée. Attention : un sac trop grand, on finit toujours par le remplir. Et chaque kilo de plus se paie sur la durée. La règle d’or : le poids du sac chargé ne devrait pas dépasser 20 à 25 % de votre poids de corps.
Le système de portage : l’élément qui change tout
Trois éléments fondamentaux font un bon sac. D’abord, une ceinture lombaire rembourrée qui transfère 60 à 70 % du poids sur les hanches (vos muscles les plus costauds). Ensuite, des bretelles ergonomiques épaisses avec sangle de rappel de charge. Enfin, un dos ventilé (filet tendu ou canaux d’aération) pour limiter la transpiration.
L’Osprey Atmos AG 50 reste notre premier choix en confort. Son système Anti-Gravity répartit la charge sur tout le dos, et après 6 heures de marche avec 12 kg, on sent vraiment la différence. Le Deuter Aircontact Core brille avec les charges lourdes grâce à sa structure VariFlex. Le Gregory Zulu 45 mise sur la ventilation dorsale (FreeFloat). Pour les budgets plus serrés, le Forclaz MT900 50+10 de Decathlon (150 €) fait le job avec de bonnes prestations.
Pensez aussi aux détails pratiques. Une housse de pluie intégrée vous sauve lors d’une averse soudaine. Les accès latéraux et par le bas permettent d’atteindre le fond du sac sans tout vider. Les poches de ceinture gardent téléphone, barres et carte à portée de main. Et les attaches pour bâtons de randonnée sont un must si vous utilisez des bâtons pliants.
Conseil Grimpeez : Réglez toujours votre sac à dos sur vous : la ceinture doit reposer sur les crêtes iliaques (pas la taille), les bretelles ajustées pour que le poids ne tire pas vers l’arrière, et la sangle de poitrine ferme sans comprimer.
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Les Vêtements Techniques : Maîtriser le Système 3 Couches
La météo en montagne peut changer en quelques minutes. Soleil brûlant dans la vallée, vent glacial au col, pluie soudaine en fin d’après-midi. J’ai fait les frais d’un orage sur le GR54 avec un simple coupe-vent, et croyez-moi, la leçon a été retenue. Le système 3 couches, c’est la méthode utilisée par tous les pros de l’outdoor : trois types de vêtements qui se superposent, chacun avec un rôle précis. C’est leur combinaison qui crée le système thermique efficace.
Couche 1 : la couche de base, évacuer la transpiration
La première couche (baselayer) est en contact direct avec la peau. Son rôle : évacuer la transpiration vers l’extérieur pour garder votre corps au sec. C’est la fondation invisible de tout votre système vestimentaire. Et l’erreur numéro un des débutants ? Randonner en t-shirt coton. Le coton absorbe l’humidité comme une éponge, sèche très lentement et vous refroidit dès la première pause. C’est ce qu’on appelle l’hypothermie d’évaporation. Pas fun.
Deux matériaux techniques s’affrontent. La laine mérinos offre une régulation thermique naturelle remarquable (elle garde chaud même mouillée), un confort soyeux sur la peau et des propriétés anti-odeur qui changent la vie en trek. On peut la porter trois à cinq jours sans problème d’odeur, ce qui permet d’emporter moins de rechanges. Le synthétique (polyester, nylon) sèche plus vite, coûte moins cher et résiste mieux à l’abrasion, mais commence à sentir après deux jours d’effort.
Le grammage du tissu détermine la chaleur : 150 g/m² pour l’été et la marche active, 200 g/m² en mi-saison (le plus polyvalent), 260 g/m² pour l’hiver. Nos choix : Icebreaker 260 Tech (mérinos premium), Odlo Natural Merino 200 (polyvalent), Craft Active Intensity (meilleur synthétique).
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Couche 2 : la couche intermédiaire, isoler du froid
La deuxième couche emprisonne l’air chaud près du corps. Deux options selon le contexte : la polaire et la doudoune.
La polaire, c’est la couche idéale pendant l’effort. Légère, très respirante, efficace même mouillée. Les polaires en Polartec (grid fleece, Power Stretch, Alpha) sont ce qui se fait de mieux en textile outdoor. La Patagonia R1 Air Full-Zip est notre premier choix global : chaleur, respirabilité, légèreté, tout y est. L’Arc’teryx Kyanite AR apporte un stretch remarquable. La Millet K Lightgrid séduit par son prix et sa fabrication française. Et côté budget, la Quechua MH520 de Decathlon à 35 € est imbattable pour démarrer.
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La doudoune, c’est la couche pour les pauses, le bivouac, les matins frisquets. Plus chaude et plus compacte que la polaire à poids égal, elle devient nécessaire dès que la température passe sous 10°C. Le duvet naturel (oie ou canard) offre un rapport chaleur-poids imbattable. Visez un fill power de 700 FP minimum, 800+ FP pour le haut de gamme. Mais le duvet perd quasiment toutes ses propriétés isolantes quand il est mouillé. Le synthétique (PrimaLoft, Climashield) conserve 80 % de sa chaleur même humide, sèche beaucoup plus vite et coûte moins cher.
Nos choix : la Patagonia Down Sweater (meilleur choix global, durable et écoresponsable, 230 €), la Rab Microlight Alpine (meilleur rapport chaleur-poids, 800 FP, 220 €), l’Arc’teryx Cerium Hoody (premium ultralight, 850 FP, 380 €), la Mountain Hardwear Ghost Whisperer (195 g seulement), et la Forclaz MT100 Seamless (meilleur budget à 80 € chez Decathlon).
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Couche 3 : la couche externe, se protéger des éléments
Votre veste imperméable est votre bouclier. Pluie, vent, neige, embruns : c’est la barrière entre vous et les éléments. Une bonne veste doit cocher trois cases : étanche (colonne d’eau > 20 000 mm), respirante (MVTR > 15 000 g/m²/24h) et légère (< 400 g pour une 2.5 couches). Les membranes Gore-Tex restent la valeur sûre, mais des alternatives comme le Futurelight (The North Face), le DryVent ou le Pertex Shield donnent de bons résultats pour moins cher.
Cherchez une capuche réglable compatible casque, des zips de ventilation sous les bras (les fameux « pit zips ») pour l’aération à l’effort, et des poches accessibles avec le sac à dos. Pour le gros temps, complétez avec un pantalon imperméable léger.
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Le bas du corps : pantalon, short et chaussettes
Pour le pantalon, un modèle stretch nylon-élasthanne à séchage rapide. Les convertibles (zip aux genoux) sont pratiques en été et évitent d’emporter deux vêtements. En conditions chaudes, un short technique léger avec poches zippées fait l’affaire.
Les chaussettes de randonnée sont l’élément le plus sous-estimé de l’équipement. Et probablement l’un des plus importants pour le confort. Des chaussettes techniques en laine mérinos évitent les ampoules, gèrent l’humidité et régulent la température bien mieux que le coton. La marque Darn Tough, avec sa garantie à vie, c’est la valeur sûre. Smartwool et Icebreaker sont aussi d’excellents choix. Prenez l’épaisseur medium pour la rando générale et la hauteur mi-mollet pour la protection avec des chaussures mid ou hautes.
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| Couche | Rôle | Matériau | Produit phare | Budget |
| 1 – Base | Évacuer transpiration | Mérinos 200g/m² | Icebreaker 260 Tech | 80-100 € |
| 2 – Polaire | Isoler (effort) | Polartec Grid | Patagonia R1 Air | 120-180 € |
| 2 – Doudoune | Isoler (repos/bivouac) | Duvet 700+ FP | Patagonia Down Sweater | 200-300 € |
| 3 – Veste | Protéger (pluie/vent) | Gore-Tex 2.5L | Arc’teryx Beta LT | 250-400 € |
| Pantalon | Mobilité + protection | Nylon stretch | Forclaz MT500 | 40-80 € |
| Chaussettes | Éviter ampoules | Laine mérinos | Darn Tough Hiker Boot | 22-28 € |
Le Système de Couchage : Tente, Sac de Couchage et Matelas
Pour le bivouac et le trek en autonomie, le système de couchage est souvent le poste le plus lourd et le plus volumineux du sac. C’est aussi celui qui influence le plus votre récupération. Mal dormir une nuit en montagne, et le lendemain se transforme en calvaire. Les trois éléments (tente, sac de couchage, matelas) fonctionnent en système. Les choisir séparément sans penser à leur compatibilité, c’est une erreur classique.
La tente légère de randonnée
Moins de 2 kg pour un modèle 2 places, c’est le standard à viser pour la randonnée itinérante. Premier choix à faire : autoportante ou non ? L’autoportante tient debout sans sardines, se plante partout (roche, plateforme en bois, herbe rase) et se déplace facilement. La non-autoportante est plus légère mais demande des sardines et un terrain souple.
Deuxième choix : mono-paroi ou double-paroi. La double-paroi sépare la toile externe (imperméable) de la toile intérieure (respirante), ce qui évite la condensation qui mouille le sac de couchage. Pour les conditions humides fréquentes en France, c’est le choix le plus sûr. On a testé une mono-paroi pendant un week-end pluvieux dans les Vosges. Résultat : le duvet était humide dès le deuxième matin. La mono-paroi demande une ventilation parfaite.
Nos choix : la MSR Hubba Hubba NX 2 (1 720 g, polyvalente, 480 €), la Nemo Hornet Elite 2P (1 020 g, ultralight premium, 500 €), la Naturehike Cloud Up 2 (meilleur budget à 130 €), la Sea to Summit Telos TR2 (innovation ventilation avec Tension Ridge, 550 €), et la Hilleberg Allak 2 (4 saisons, taillée pour l’expédition, 900 €).
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Le sac de couchage
Le sac de couchage vous isole du froid nocturne. La norme européenne EN 13537 (et sa version ISO 23537) définit trois températures : confort (dormir détendu sur le dos), limite (survie en position recroquevillée) et extrême (survie 6 heures avec risque d’hypothermie). Choisissez toujours votre sac en fonction de la température de confort, pas de la limite. Surtout si vous êtes frileux ou si c’est votre premier bivouac.
Le duvet offre un rapport chaleur-poids-compressibilité que le synthétique ne peut pas égaler. Un garnissage 800 FP dans un sac de 700 g atteint -5°C confort. Impossible d’obtenir ça en synthétique à ce poids. La forme sarcophage épouse le corps et maximise l’efficacité thermique. Les dormeurs agités préféreront la forme cuillère (type Nemo Riff), plus spacieuse.
Notre top : le Cumulus Lite Line 800 (850 FP, -5°C confort, 800 g, meilleur rapport qualité-prix, 350 €), le Forclaz MT900 10°C (meilleur budget, 150 €), le Sea to Summit Spark SP II (ultraléger été, 460 g), le Nemo Riff 15 (confort cuillère, -9°C).
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Le matelas de randonnée
Le matelas fait deux choses : amortir les irrégularités du sol et isoler du froid par le dessous. La R-value mesure cette isolation thermique. Plus elle est élevée, plus le matelas isole. Comptez R2 minimum pour l’été, R3.5 à R4.5 pour les 3 saisons et R5+ pour l’hiver. Depuis la norme ASTM F3340-18, on peut enfin comparer les modèles entre marques de manière fiable.
Trois types existent. Le gonflable : le plus compact et le plus confortable, mais un trou d’épine et c’est fini (pensez au kit de réparation). L’autogonflant : bon compromis entre confort et fiabilité. La mousse : increvable, légère, sans montage, mais encombrante et confort basique. Le Therm-a-Rest NeoAir XLite NXT (R4.5, 354 g, 220 €) est notre premier choix ultralight. Le Nemo Tensor Insulated (R4.2) séduit les dormeurs que le bruit de froissement dérange (et oui, ça peut rendre fou en tente). Le Z Lite Sol en mousse (R2.6, 410 g, 45 €) est l’option increvable et économique.
Conseil Grimpeez : Le combo matelas + sac de couchage doit être pensé comme un système : un excellent sac de couchage posé sur un matelas à faible R-value vous laissera avoir froid par le sol. L’isolation vient de la somme des deux.
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| Élément | Modèle phare | Poids | Usage | Prix |
| Tente 2P | MSR Hubba Hubba NX | 1 720 g | 3 saisons polyvalente | 480 € |
| Tente UL | Nemo Hornet Elite 2P | 1 020 g | 3 saisons ultralight | 500 € |
| Sac couchage | Cumulus Lite Line 800 | 800 g | 3 saisons (-5°C) | 350 € |
| Sac UL été | Sea to Summit Spark SP II | 460 g | Été (0°C limite) | 300 € |
| Matelas | Therm-a-Rest NeoAir XLite | 354 g | 3 saisons (R4.5) | 220 € |
| Matelas mousse | Therm-a-Rest Z Lite Sol | 410 g | Été (R2.6) | 45 € |
La Cuisine et l’Hydratation en Randonnée
Rien ne vaut un repas chaud au bivouac après 8 heures de marche. C’est un luxe, oui. Mais un luxe qui change complètement la dynamique de votre soirée et de votre récupération. Le moral remonte, les muscles se détendent, et le bivouac prend une autre dimension que le sandwich froid avalé dans le vent. Pour ça, il vous faut un réchaud fiable, une popote légère et un système d’hydratation qui tient la route.
Le réchaud de randonnée : quel type choisir ?
Le réchaud à gaz à vis est le plus courant. Simple. Il se visse sur une cartouche standard, pèse entre 25 et 100 g, et on mange chaud en 5 minutes. Le MSR Pocket Rocket 2 (73 g, 50 €) fait le job depuis des années, c’est un classique pour une bonne raison. Le Soto Amicus (81 g) a l’avantage d’un pare-vent intégré bien pensé qui fait la différence les jours de vent en crête.
Le système intégré (type Jetboil Flash) combine réchaud et popote avec échangeur thermique. L’eau bout en 100 secondes. Parfait pour les repas lyophilisés, beaucoup moins pour cuisiner quoi que ce soit d’autre. C’est plus lourd (371 g) et plus cher (130 €). Le MSR WindBurner résiste mieux au vent. Pour les gramm-counters, le BRS 3000T ne pèse que 25 grammes pour 15 €. Instable et fragile, certes, mais à ce prix-là, difficile de se plaindre.
Pensez toujours au poids système complet : réchaud + popote + cartouche de gaz + briquet + pare-vent. Un setup efficace (réchaud à vis + popote titane 750 ml + petite cartouche 100 g) descend sous 350 g tout compris.
➡ Retrouvez notre comparatif des meilleurs réchauds de randonnée.
L’hydratation et la filtration de l’eau
L’eau. On n’en parle pas assez, et pourtant c’est vital, littéralement. Comptez 2 à 3 litres par jour selon l’effort, la température et l’altitude (la déshydratation s’accentue en altitude, un point que beaucoup de randonneurs sous-estiment). Côté transport, deux écoles : la gourde rigide, robuste et facile à remplir, ou la poche à eau dans le sac, qui permet de boire sans s’arrêter mais dont le nettoyage est pénible.
La gourde filtrante a tout changé pour les randonneurs autonomes. Boire directement l’eau d’un torrent de montagne en éliminant bactéries et protozoaires, ça simplifie énormément la logistique et ça allège le sac. Les filtres mécaniques (0.1 à 0.2 μm) sont les plus courants. Les purificateurs (type Grayl GeoPress) vont plus loin en éliminant aussi les virus et certains polluants chimiques. Attention cependant : aucun filtre mécanique portable n’élimine les virus. Seul un purificateur UV ou chimique le fait.
Notre sélection : LifeStraw Go 2.0 (meilleur choix global, 50 €), Katadyn BeFree 1L (meilleur débit), Sawyer Squeeze (meilleur budget, 35 €), Grayl GeoPress (purificateur complet, 90 €).
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L’Orientation et l’Électronique en Montagne
Se repérer en montagne, c’est une question de sécurité. Votre téléphone fait le job avec les bonnes applications (IGN, Visorando, AllTrails). Mais il reste vulnérable : batterie qui lâche dans le froid, écran illisible au soleil, fragile aux chocs et à l’eau. C’est pour ça qu’on recommande toujours d’avoir une carte IGN au 1:25 000 et une boussole en complément, surtout hors des sentiers balisés ou en haute montagne.
La montre GPS de randonnée
Au-delà de la navigation pas-à-pas, une montre GPS outdoor offre un altimètre barométrique (pour anticiper la météo en observant les variations de pression), une boussole électronique, un suivi d’itinéraire en temps réel et l’enregistrement de votre trace. Les modèles avec cartographie hors-ligne (Garmin Fenix 8, Suunto Vertical Solar, Coros Vertix 2S) permettent de naviguer au poignet sans téléphone.
L’autonomie batterie est le critère numéro un pour la rando. En mode GPS standard (enregistrement seconde par seconde) : 15 à 30 heures pour les modèles classiques, 40 à 90 heures en mode longue durée, et jusqu’à 300+ heures pour les modèles solaires comme le Garmin Enduro 3. La Garmin Instinct 2X Solar (350 €) est notre meilleur choix budget. Le Suunto Vertical Solar (550 €) offre la meilleure cartographie. Le Garmin Fenix 8 (900 €) reste au sommet en fonctionnalités.
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La lampe frontale
Même en rando à la journée, la lampe frontale doit être dans le sac. Un retard, un passage en forêt dense, une descente à la nuit tombante : sans lumière, vous êtes bloqué. Pour le bivouac, elle devient votre source principale pour préparer le repas, monter la tente et lire la carte.
Visez un modèle entre 300 et 500 lumens avec un bon compromis puissance/autonomie et un mode rouge (préserve la vision nocturne et ne dérange pas les voisins de bivouac). La Petzl Actik Core (450 lm, rechargeable USB, 160 h d’autonomie, 55 €) est notre premier choix. La Black Diamond Spot 400 offre un très bon rapport qualité-prix. Pour l’ultralight, la Nitecore NU25 UL ne pèse que 28 grammes.
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La batterie externe et la gestion de l’énergie
Pour un trek de plusieurs jours, la batterie externe est quasi obligatoire pour recharger téléphone, montre GPS et lampe rechargeable. Comptez 10 000 mAh pour 2-3 recharges complètes de smartphone, soit 3-4 jours d’autonomie en mode économique. Visez un modèle compact (moins de 200 g) avec charge rapide USB-C. En hiver, gardez la batterie près du corps (poche intérieure) : les batteries lithium perdent beaucoup en capacité sous 0°C. Et activez le mode avion de votre téléphone, ça économise environ 70 % de batterie.
Les Accessoires Essentiels du Randonneur
Ces petits équipements ne pèsent presque rien individuellement. Mais leur utilité est souvent disproportionnée par rapport à leur encombrement.
Les bâtons de randonnée
Une étude du Journal of Sports Sciences a montré que les bâtons réduisent l’impact sur les genoux de 25 % en descente. Ils améliorent aussi la stabilité sur terrain accidenté et mobilisent le haut du corps en montée. Deux types dominent : les télescopiques (ajustables, robustes, verrouillage par clip ou vis) et les pliants (ultracompacts une fois rangés, légers). Le matériau : l’aluminium est solide, abordable, réparable si tordu. Le carbone est plus léger et plus rigide, mais casse net aux chocs latéraux.
Le Black Diamond Pursuit FLZ (pliant, Z-lock, 490 g/paire, 150 €) est notre choix principal. Le BD Distance Carbon Z (carbone, 310 g/paire) convient aux ultralight. Le Forclaz MT500 Ultralight (55 €) est le meilleur point d’entrée. Le Leki Trail Ergo Cork séduit par ses poignées en liège, particulièrement agréables sur les longues montées.
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La protection solaire en altitude
En altitude, les UV sont jusqu’à deux fois plus intenses qu’en plaine. L’atmosphère plus fine filtre moins les rayons, et la réverbération sur la neige multiplie encore l’exposition. C’est un sujet de santé, pas juste de confort. Un chapeau UPF 50+ protège tête, visage et nuque. L’Outdoor Research Helios Sun Hat et le Sunday Afternoons Ultra Adventure (avec cape de nuque amovible) sont nos choix. Complétez avec crème solaire SPF 50+, lunettes catégorie 3 (ou 4 en haute montagne sur neige) et un tour de cou polyvalent.
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La trousse de premiers secours
Un petit kit léger que tout randonneur doit avoir, même pour une journée. Le minimum : pansements spéciaux ampoules (Compeed), bande élastique adhésive, antiseptique en dosettes, paracétamol, pince à écharde et tire-tique (la maladie de Lyme est une réalité sur beaucoup de sentiers), couverture de survie et sifflet d’urgence. Pour les treks plus engagés en montagne isolée, ajoutez du tape, une attelle SAM pliable, des compresses hémostatiques et éventuellement du Diamox pour le mal aigu des montagnes (sur prescription médicale uniquement).
Autres accessoires utiles
Selon votre destination et votre pratique : appareil photo (ou smartphone avec bonne optique et coque solide), guêtres pour la boue ou la neige, microspikes pour les névés printaniers, couteau multifonction léger, 3 mètres de cordelette (c’est fou le nombre d’usages), un sac poubelle étanche ultra-léger (il protège aussi votre duvet dans le sac), des boules Quies pour les nuits en refuge, et des sandales légères pour le soir au camp. Ces petites victoires de confort comptent quand on enchaîne les jours.
Checklists Complètes par Type de Randonnée
La liste de matériel change beaucoup selon le type de sortie. Voici nos checklists pour trois scénarios courants, avec une estimation de poids.
Checklist randonnée à la journée
| Catégorie | Équipement | Poids |
| Pieds | Chaussures randonnée + chaussettes mérinos | ~900 g (porté) |
| Portage | Sac à dos 20-30L | 500-800 g |
| Vêtements | Couche de base + polaire + veste imperméable | ~800 g |
| Hydratation | Gourde 1L ou poche à eau | ~200 g |
| Repas | Pique-nique + barres énergétiques + fruits secs | ~500 g |
| Sécurité | Trousse secours + téléphone + carte + sifflet | ~400 g |
| Protection | Crème solaire + chapeau + lunettes soleil | ~200 g |
| Accessoires | Bâtons (optionnel) + lampe frontale | ~500 g |
Poids total estimé du sac : 3 à 5 kg
Checklist trek en refuge (plusieurs jours)
| Catégorie | Équipement | Poids |
| Base | Tout le kit journée ci-dessus | ~3,5 kg |
| Couchage | Drap de soie / sac à viande | ~200 g |
| Vêtements + | Doudoune + rechange baselayer + short + t-shirt | ~700 g |
| Hygiène | Kit toilette minimaliste + serviette microfibre | ~200 g |
| Électronique | Batterie externe + câble USB-C | ~200 g |
| Divers | Boules Quies + sandales légères + sacs zip | ~300 g |
Poids total estimé du sac : 6 à 8 kg
Checklist trek en bivouac / autonomie complète
| Catégorie | Équipement | Poids |
| Base refuge | Tout le kit refuge ci-dessus | ~5 kg |
| Couchage | Tente légère + sac de couchage + matelas | ~2,5 kg |
| Cuisine | Réchaud + popote + cartouche gaz + briquet | ~350 g |
| Eau | Gourde filtrante + poche à eau 2L | ~300 g |
| Nourriture | Lyophilisés + petit-déj + snacks (par jour) | ~600 g/jour |
| Sécurité + | Couverture survie + sifflet + bivi bag d’urgence | ~200 g |
Poids total estimé du sac : 10 à 14 kg (hors eau et nourriture)
Optimiser son Baseweight : la Philosophie de la Randonnée Légère
Le baseweight, c’est le poids du sac sans les consommables (nourriture, eau, carburant). C’est l’indicateur clé de la communauté de la randonnée légère. Un baseweight réduit, ça veut dire plus de confort en marche, moins de fatigue articulaire, des journées plus longues, et plus de plaisir tout court.
| Catégorie | Baseweight | Profil |
| Traditionnel | > 10 kg | Randonneur classique, confort prioritaire, débutant |
| Léger (Lightweight) | 6-10 kg | Bon compromis confort et performance, recommandé |
| Ultra-léger (Ultralight) | < 6 kg | Minimaliste expérimenté, sacrifices de confort assumés |
| Super ultra-léger (SUL) | < 4 kg | Extrême, conditions clémentes uniquement, expert |
Les principes pour alléger intelligemment
La règle des « Big Three » : tente (ou abri), sac de couchage et sac à dos représentent 50 à 60 % du baseweight. C’est là qu’il faut concentrer les efforts. Passer d’une tente de 2,5 kg à un modèle de 1,5 kg fait gagner 1 kg d’un coup. C’est l’équivalent de 5 ou 6 petits accessoires supprimés.
Pour chaque pièce d’équipement, posez-vous trois questions. Est-ce que je l’ai utilisé lors de ma dernière rando ? Est-ce que c’est un élément de sécurité ? Est-ce que je peux le remplacer par quelque chose de plus léger ? Pesez chaque élément individuellement avec une balance de cuisine et tenez un tableur avec le poids réel (le poids annoncé par le fabricant est souvent optimiste de 10 à 15 %).
L’astuce des objets multi-usages réduit aussi le poids : votre téléphone remplace appareil photo, GPS, livre et lampe d’appoint. Votre bâton de randonnée peut servir de mât de tente (abris type tarp). Votre pantalon convertible élimine le short de rechange.
Conseil Grimpeez : Ne sacrifiez jamais la sécurité pour gagner quelques grammes. Trousse de secours, veste imperméable, lampe frontale et couverture de survie restent non négociables, quel que soit votre objectif de baseweight.
L’ultra-léger n’est pas pour les débutants. Commencez par optimiser votre équipement classique, gagnez en expérience sur le terrain, apprenez à connaître vos vrais besoins, et allégez progressivement saison après saison. Le blog Objectif Plus Léger est une excellente ressource francophone pour creuser le sujet.
Questions Fréquentes sur l’Équipement de Randonnée
Quel budget prévoir pour s’équiper complètement en randonnée ?
Pour de la rando à la journée avec du matériel de qualité, comptez 400 à 700 € (chaussures, sac à dos, veste imperméable, vêtements techniques). Pour le trek en autonomie avec bivouac, le budget monte entre 1 500 et 3 000 €. Ça paraît élevé, mais l’investissement se rentabilise : une bonne paire de chaussures dure 3 à 5 ans, une tente de qualité tient 10 ans ou plus. Et pensez au marché de l’occasion (Trocathlon, Vinted) pour les pièces coûteuses.
Quelle est la différence entre randonnée, trekking et trail running ?
La randonnée pédestre, c’est une sortie à la journée sur sentiers balisés, à un rythme de promenade. Le trekking implique plusieurs jours de marche, souvent en autonomie ou semi-autonomie, avec nuitées en refuge ou en bivouac. L’équipement est donc plus complet (sac 40-50L au lieu de 20-30L). Le trail running est une discipline sportive de course à pied en pleine nature, avec un matériel ultra-léger et minimaliste. Les chaussures de trail sont plus souples et légères que des chaussures de rando classiques, optimisées pour la course.
Faut-il tout acheter chez Decathlon ?
Les gammes Forclaz (randonnée) et Quechua (entrée de gamme) offrent de très bons produits avec un rapport qualité-prix difficile à battre. C’est un excellent point de départ pour les débutants, et un choix pertinent pour beaucoup de randonneurs réguliers. Pour les trekkeurs expérimentés qui cherchent performance maximale et poids minimal, les marques spécialisées (Osprey, MSR, Patagonia, Arc’teryx, Rab, Cumulus) font mieux sur le haut de gamme. La stratégie maline : Decathlon pour les basiques (polaire, pantalon, accessoires) et marques spécialisées pour les pièces clés (chaussures, sac, tente, sac de couchage).
Comment choisir entre duvet et synthétique ?
Le duvet excelle en rapport chaleur-poids-compressibilité. Parfait pour les conditions sèches et le sac compact (montagne estivale, haute route en beau temps). Le synthétique résiste beaucoup mieux à l’humidité, sèche plus vite et coûte 30 à 50 % moins cher. Règle simple : conditions humides fréquentes (Bretagne, Écosse, forêt tropicale, saison des pluies) = synthétique. Montagne en conditions sèches, altitude, rando estivale = duvet. Le synthétique est aussi recommandé aux débutants, il pardonne davantage les erreurs de gestion de l’humidité.
Comment entretenir son matériel outdoor ?
Séchez votre tente avant de la ranger pour éviter moisissures et dégradation des coutures. Lavez vos vêtements techniques à 30°C avec une lessive douce sans adoucissant (l’adoucissant bouche les pores des membranes). Ré-imperméabilisez veste et pantalon chaque saison avec un spray DWR (Nikwax, Grangers). Stockez votre sac de couchage duvet décompressé dans un grand sac en coton, jamais dans son sac de compression. Lavez-le une fois par an max avec une lessive spéciale duvet. Et graissez les zips de votre tente avec du lubrifiant silicone, ça évite les blocages au pire moment.
Quel matériel emporter pour un tout premier trek ?
Privilégiez les refuges (pas de bivouac pour commencer) et concentrez-vous sur l’essentiel : de bonnes chaussures rodées (50 km minimum avant le départ), un sac à dos confortable (35-45L), le système 3 couches complet (baselayer mérinos, polaire, veste imperméable), chapeau et crème solaire haute protection, gourde 1L, nourriture énergétique, lampe frontale, trousse de secours et téléphone chargé avec l’itinéraire téléchargé hors-ligne. Préparez votre sac la veille en pesant chaque élément.
Est-il nécessaire d’investir dans des bâtons de randonnée ?
Pas obligatoires, mais fortement recommandés dès que le sac dépasse 8 kg ou que le terrain est accidenté. Ils réduisent de 25 % la charge sur les genoux en descente, améliorent l’équilibre et sollicitent le haut du corps en montée. Sur terrain plat avec un sac léger, ils sont moins utiles. Essayez-en une paire sur une sortie à la journée avant d’investir. Certains randonneurs ne s’y font jamais, et c’est OK.
Conclusion : Bien S’Équiper, c’est Mieux Randonner
S’équiper est un processus progressif. Commencez par les fondations (pieds + portage), apprenez le système 3 couches, puis ajoutez le couchage et le reste au fil de vos ambitions. Trois principes : qualité > quantité, tester avant la grande sortie, n’emporter que le nécessaire. Le meilleur matos est celui que vous connaissez par cœur et qui ne vous lâche pas quand ça se corse.
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