Brandon McNulty sous le maillot UAE, au Giro 2023. Photo d’archive. Photo : filip bossuyt from Kortrijk, Belgium, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons
Van der Poel, Evenepoel, Pidcock, Pedersen : tous étaient dans le groupe qui chassait. Aucun n’a repris Brandon McNulty. Parti seul à 33 kilomètres de l’arrivée, l’Américain a gardé treize secondes d’avance sur la ligne du parc Jeanne-Mance, dimanche, et devient champion du monde sur route à Montréal. Michael Matthews prend l’argent, Mathieu van der Poel le bronze. Paul Seixas, que l’équipe de France avait lancé toute la journée, finit quinzième. La veille, Demi Vollering avait gagné la course des femmes devant trois Françaises dans le top 10.
33 kilomètres seul devant Van der Poel et Matthews
Les 184 coureurs ont d’abord bouclé une grande boucle d’une centaine de kilomètres, puis douze tours du circuit du mont Royal, 13,4 kilomètres chacun, avec la voie Camillien-Houde à chaque passage : 1,67 kilomètre à 7,4 %, jusqu’à 10 %. Au bout, 273,4 kilomètres et 3 803 mètres de dénivelé, la plus longue course du programme, un terrain où le poids du vélo de route se paie à chaque tour. Seuls 58 coureurs ont été classés.
La course a explosé tôt. Van der Poel est sorti avec Quinn Simmons et Oscar Onley, Primož Roglič les a rejoints à 65 kilomètres. Un groupe de douze s’est reformé pour les 35 derniers kilomètres, et McNulty en est parti aussitôt. Une minute d’avance à deux tours de la fin, 53 secondes à la cloche sur un groupe de dix emmené par Remco Evenepoel, dix secondes seulement après la dernière montée. « Même dans les 300 derniers mètres, je n’y croyais pas. J’étais tellement fatigué. Dans la dernière montée du mont Royal, je mourais, mais j’ai continué à pousser », a raconté le vainqueur. Derrière lui, Matthews a réglé le sprint des poursuivants devant Van der Poel, Simmons et Isaac del Toro. Evenepoel, champion du monde du chrono, termine douzième.
Trois Américains dans le top 10, un premier titre depuis 1993
Les États-Unis n’avaient plus gagné la course en ligne des hommes depuis 1993. Ils placent dimanche trois coureurs dans les dix premiers : McNulty, Simmons quatrième et Matteo Jorgenson huitième, qui a neutralisé les attaques de Van der Poel et de Mauro Schmid dans le final. « Nous avons fait un plan hier soir. Nous avons mis nos ego de côté, et nous avons décidé que nous voulions simplement qu’un Américain gagne cette course », a expliqué Jorgenson.
Simmons avait suivi les attaques de Van Aert et de Van der Poel pour les neutraliser, McNulty et Jorgenson ont profité du travail. Le nouveau champion du monde roule chez UAE Team Emirates, l’équipe de Tadej Pogačar, tenant du titre, absent de Montréal : commotion, fracture d’une vertèbre cervicale et fracture ouverte de la clavicule, il ne courra plus en 2026, selon son équipe. McNulty lui succède, et UAE garde le maillot arc-en-ciel pour une troisième saison de suite.
Seixas quinzième, cinq Français à l’abandon
L’équipe de France avait pris la course en main dès le retour sur le circuit, pour user le peloton et favoriser Paul Seixas. Bruno Armirail a ramené l’échappée, qui comptait jusqu’à huit minutes d’avance, sur les cinq premiers tours. Seixas s’est ensuite montré parmi les plus actifs dans les groupes de poursuite, avec Isaac del Toro.
Il a fini quinzième, à 2 min 47 s de McNulty, une semaine après son bronze sur le chrono. Pavel Sivakov termine 26e, Nicolas Prodhomme 44e. Armirail, Alex Baudin, Jordan Jegat, Jordan Labrosse et Valentin Paret-Peintre ont abandonné. La France quitte Montréal avec trois médailles : ce bronze, l’argent du relais mixte et celui du junior Simon Defrance.
Vollering titrée, Berthet cinquième chez les femmes
Samedi, sur 180,1 kilomètres, c’est une Française qui a pris la tête après une série d’attaques : Maëva Squiban, à 52 kilomètres de l’arrivée. Les Néerlandaises ont chassé, puis Puck Pieterse a lancé Demi Vollering dans Camillien-Houde, à 38,5 kilomètres du but. Vollering a repris Squiban et s’est retrouvée seule devant. Kasia Niewiadoma-Phinney, Elisa Longo Borghini, Marlen Reusser et Juliette Berthet l’ont rejointe juste avant le dernier tour.
Vollering a gagné dans la ligne droite en montée, devant Niewiadoma-Phinney et Longo Borghini. « J’ai osé, j’ai réessayé et je n’ai jamais abandonné jusqu’à la ligne. Je n’avais plus l’intention de le laisser filer », a-t-elle raconté. C’est son premier titre mondial sur route, après deux médailles sur le chrono. Berthet finit cinquième à 39 secondes, Célia Géry septième et Squiban neuvième. Le lendemain, la nouvelle championne du monde a reçu une amende de 1 000 francs suisses, un carton jaune et un retrait de 25 points UCI pour une position non autorisée sur le vélo, selon l’agence néerlandaise ANP. Le classement, lui, n’a pas bougé.