Remco Evenepoel (à droite), en maillot belge, et Tadej Pogačar au départ des championnats d’Europe 2025 à Privas. Photo d’archive. Photo : Kakoula10, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Une semaine après les Mondiaux de Montréal, où il avait fini douzième de la course en ligne gagnée par Brandon McNulty, Remco Evenepoel a dû gagner deux fois dimanche en Slovénie. D’abord contre lui-même : à 36 kilomètres de l’arrivée, il est tombé dans un virage alors qu’il menait avec Giulio Ciccone. Puis contre l’Italien, battu sur la ligne de Šenčur de quelques millimètres, à la photo-finish. Champion olympique, champion du monde du contre-la-montre, le Belge n’avait encore jamais été champion d’Europe sur route.
Evenepoel bat Ciccone à la photo-finish
Les deux hommes sont entrés ensemble dans le dernier virage et ont sprinté côte à côte dans la ligne droite. Sur la ligne, personne n’a su qui avait gagné. « Quand nous sommes arrivés aussi près, je pense qu’aucun de nous deux n’avait compris qui avait gagné, raconte Ciccone. Ces minutes après l’arrivée, et surtout l’annonce du résultat, ont peut-être été les plus difficiles de ma carrière. » Le sélectionneur italien, Roberto Amadio, garde « un peu d’amertume, parce que nous avons perdu pour deux ou trois millimètres, je crois, pas plus ».
Evenepoel, lui, avait d’abord cru le sprint perdu. « Au début, je ne pensais pas pouvoir encore gagner, mais dans les cent derniers mètres, il a commencé à ralentir, et c’est là que j’ai vu ma chance », explique-t-il dans le communiqué de son équipe, Red Bull-BORA-hansgrohe. Il a été deux fois deuxième de ce championnat, et ce titre complète, dit-il, « ma collection personnelle de maillots de champion ». Christian Scaroni, troisième à 59 secondes, place un deuxième Italien sur le podium.
Une chute dans un virage, puis la bonne attaque
La course est partie de Ljubljana pour finir 196 kilomètres plus loin à Šenčur, après cinq tours d’un circuit qui passait par la montée de Možjanca. L’Italie a repris l’échappée du matin à 80 kilomètres de l’arrivée. À 36 kilomètres, Ciccone a attaqué et Evenepoel l’a suivi aussitôt. Le Belge était devant quand il a perdu le contrôle de son vélo et chuté, laissant l’Italien seul en tête.
Il est reparti tout de suite et a rejoint le groupe de chasse, puis tout s’est regroupé. « Ça s’est compliqué quand je suis entré trop vite dans un virage après la première attaque, reconnaît Evenepoel. Ensuite, Ciccone et moi avons réessayé dans la descente et nous avons bien travaillé ensemble. » Les deux hommes sont repartis à 33 kilomètres de l’arrivée, selon son équipe, et ont passé la cloche avec une trentaine de secondes d’avance. Personne n’est revenu.
Sans Pogačar, les Français à plus d’une minute
Tadej Pogačar, champion d’Europe sortant, n’était pas au départ. Son équipe a annoncé le 5 septembre qu’il ne courrait plus en 2026 après sa chute sur la Vuelta : commotion cérébrale, fracture stable de la vertèbre C7 et fracture ouverte de la clavicule. Paul Seixas, troisième l’an dernier, ne figurait pas dans la sélection française.
Sans eux, la France n’a pas pesé sur la fin de course. Léo Bisiaux est le meilleur Français, neuvième à 1 min 18 s. Romain Grégoire et Kévin Vauquelin suivent, douzième et quatorzième, à 2 min 08 s.
La veille, Vollering a gardé son titre
Samedi, sur le même circuit, Demi Vollering a conservé son titre européen. Le peloton s’est cassé dans la dernière montée de Možjanca sur une accélération de Puck Pieterse, et la Néerlandaise est partie seule aussitôt. Pieterse a pris l’argent devant la Suisse Marlen Reusser. Une semaine plus tôt, Vollering avait été sacrée championne du monde à Montréal. Juliette Berthet, septième à 59 secondes, est la meilleure Française.