Falaise volcanique dans le Cantal, bloc dans les Vosges, feu près d’Ailefroide : l’actu escalade

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Pas besoin d’un 9a pour que l’actu du caillou soit riche. Cette semaine, on part à la découverte d’une falaise volcanique méconnue du Cantal et d’un massif à bloc qui monte dans les Vosges, avant un détour moins réjouissant par l’incendie maîtrisé aux portes d’Ailefroide, et un vote de World Climbing sur la place d’Israël en compétition. Tour d’horizon.

Dans le Cantal et les Vosges, deux terrains de jeu à découvrir

Commençons par une curiosité géologique. Au milieu des volcans du Cantal se dresse le Roc d’Hozières, une falaise de phonolite, cette roche volcanique rare née d’une lave visqueuse qui s’est cristallisée en refroidissant. Le résultat est spectaculaire : un rocher dense et graphique, que les grimpeurs comparent à des pavés parisiens dressés à la verticale, ou à des écailles de dragon. De quoi donner envie d’aller poser les doigts sur un caillou qu’on ne croise nulle part ailleurs, dans un département que l’escalade regarde rarement. Nichée au pied des puys, face au relief volcanique du Cantal, la falaise doit sa singularité à cette phonolite qu’on rencontre rarement dans de telles dimensions.

Le bloc sur grès
Le bloc sur grès, ici à Fontainebleau. Photo d’illustration. Photo : Amada44, domaine public via Wikimedia Commons.

Changement de décor, cap sur les Vosges. Longtemps éclipsé par son versant alsacien, le département vosgien s’affirme comme l’un des meilleurs terrains de bloc du nord de la France. L’aventure a commencé dans les années 90 avec des sites comme la Pierre d’Appel puis la Pierre de Laître, avant de s’étendre au grès de la Déodatie, autour de Saint-Dié, et jusqu’aux affleurements granitiques des hauteurs. Le développement s’est fait à la brosse métallique, secteur après secteur, souvent loin des projecteurs. On y grimpe aujourd’hui des lignes bien installées, à l’image d’Ordalie ou du bloc Tsim Tsoum en 8A+. Un beau prétexte pour ressortir ses chaussons de bloc et son crash pad.

Aux portes d’Ailefroide, l’incendie de L’Argentière fixé

Moins réjouissant : le feu qui a frappé le secteur de L’Argentière-la-Bessée, dans les Hautes-Alpes, à deux pas du grand terrain de jeu d’Ailefroide et du massif des Écrins. Parti il y a environ deux semaines dans le massif du Bois Noir, l’incendie a ravagé 510 hectares de forêt. Seul point rassurant dans ce bilan lourd : aucune habitation détruite, aucune victime.

Ailefroide et les Écrins
Ailefroide et le massif des Écrins, proche du secteur touché par l’incendie. Photo d’illustration. Photo : Jerome Bon, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons.

Le feu est désormais « fixé », c’est-à-dire stoppé dans sa progression, mais pas éteint. Sur le terrain, 120 sapeurs-pompiers et militaires et une trentaine d’engins restent mobilisés pour refroidir les zones sensibles et éviter les reprises. Le préfet des Hautes-Alpes, Philippe Bailbé, qui dirige les opérations, reste prudent : le feu « ne sera sans doute pas éteint avant plusieurs semaines ». Depuis le début de l’année, 0,21 % de la surface de la France métropolitaine est partie en fumée, selon Mediapart, et les Hautes-Alpes n’ont pas été épargnées, entre le feu des Écrins et celui-ci. Les délais d’intervention ont d’ailleurs suscité des interrogations, balayées pour l’heure au nom de la sécurité des équipes. L’épisode s’ajoute à un été compliqué pour la montagne française, après les incendies des Écrins, de Fontainebleau et de Gironde.

Compétition : World Climbing maintient Israël

Du côté des compétitions, la fédération internationale World Climbing (ex-IFSC) a tranché une question sensible. Le 23 juillet, une assemblée générale extraordinaire réunissant 84 des 104 fédérations nationales devait se prononcer sur la suspension d’Israël, de la Russie et de la Biélorussie. Verdict : les athlètes israéliens continueront de concourir lors des prochaines compétitions internationales, sous le maillot de leur nation.

Compétition d'escalade de difficulté
Compétition d’escalade de difficulté. Photo d’illustration. Photo : FFME, CC BY 3.0 via Wikimedia Commons.

La décision intervient dans un climat tendu. Le 12 juillet, en marge de la Chamonix World Climbing Series, des manifestants avaient déployé des drapeaux palestiniens sur la place du Mont-Blanc. Trois motions déposées par Chypre, les États-Unis et l’Australie ont finalement été fusionnées en une seule, la fédération choisissant un « cadre cohérent » plutôt qu’un traitement au cas par cas. Une commission disciplinaire étudiera néanmoins d’éventuelles violations des statuts par les associations israélienne et russe. À ce jour, Russes et Biélorusses concourent sous bannière neutre, les Israéliens sous leurs propres couleurs. Très suivi dans le milieu, le dossier devrait continuer d’alimenter les débats d’ici aux prochaines échéances internationales. Entre nouveaux spots à explorer, montagne à protéger et compétition sous tension, l’escalade ne se résume décidément pas au dernier 9a du moment.