Fin juillet dans les monts du Lyonnais : des crêtes grillées, des chemins clairs qui renvoient la lumière, pas un nuage. Exactement le genre de sortie où des lunettes moyennes finissent dans la poche au bout de trois kilomètres. J’ai profité d’une boucle de 10 km avec du dénivelé, et une descente rocailleuse choisie exprès pour secouer la monture, pour tester les B-Suit, le mono-écran trail et vélo de Demetz, l’opticien sportif français.
Note Grimpeez : 8,7/10
Barème pondéré lunettes de sport, noté après une première sortie — la note pourra évoluer avec l’usage sur la durée. Comment on note.
Sortie test du 27 juillet dans les monts du Lyonnais : 10 km, plein soleil, et un public local pas très impressionné.
Caractéristiques essentielles
- Verre : mono-écran Bora Outdoor contrastant, catégorie 3, miroir vert, polycarbonate, traitement oléophobe.
- Monture : 36 g (donnée constructeur), cerclage complet qui protège l’écran.
- Réglages : pont de nez ajustable + branches inclinables sur trois positions (système 3FIT).
- Tailles : L et XL, pensées pour les visages moyens à larges.
- Correction : compatible clip optique RX pour verres à la vue.
- Usage annoncé : vélo, running/trail, ski de fond.
- Prix : 129,90 € chez Demetz.
Le verre : excellent en pleine lumière, sombre en sous-bois
Le Bora Outdoor est un verre catégorie 3 contrastant : il filtre fort (83 à 92 % de la luminosité, la norme de la catégorie) et réchauffe les couleurs pour faire ressortir les reliefs. En pleine lumière, je n’ai rien à lui reprocher. Les ornières, les cailloux, les changements de surface se détachent nettement, et courir face au soleil ne pique plus les yeux. Les photos ci-dessous montrent ce que fait le traitement contrastant : le sol gagne en relief, les teintes tirent vers le chaud.
La contrepartie est réelle : en sous-bois, l’atténuation est franche. On passe du plein soleil à une pénombre exagérée, le temps que les yeux s’adaptent. Sur ma boucle, les passages boisés étaient courts, ça restait gérable. Si vos sentiers alternent en permanence forêt et découvert, ou si vous courez tôt le matin, ce verre fixe n’est pas le bon choix : visez un photochromique.
La tenue : rien ne bouge, même dans les cailloux
C’était ma vraie question de départ. Un écran de 148 mm de large qui reste en place quand on dévale un chemin défoncé, ce n’est pas gagné d’avance. J’ai réglé le pont de nez à ma largeur, incliné les branches (trois positions, le système 3FIT de la gamme), et ensuite je les ai oubliées. Dans la descente rocailleuse, à bonne allure, avec les impacts et les mouvements de tête : rien. Pas un glissement, pas un rebond. Les branches antidérapantes accrochent sans serrer les tempes, et à 36 g, on ne les sent pas.
J’ai couru tête nue ce jour-là, mais je les ai aussi essayées avec une casquette : les branches fines passent sous la visière sans conflit, et ça cohabite aussi avec un casque de vélo.
Zéro buée, même en transpirant beaucoup
Il faisait chaud, je transpirais beaucoup, et c’est là que la plupart des lunettes de sport meurent : la buée en montée, dès qu’on ralentit. Ici, rien. Pas une trace sur les 10 km, même dans la montée la plus raide où j’avançais au train, tête baissée. Je ne saurais pas dire quelle part revient à la ventilation de l’écran et quelle part au traitement du verre, mais le résultat est là, et c’est ce qui m’a le plus surpris sur cette sortie.
Un champ de vision de masque de ski
Le mono-écran couvre tout : impossible d’apercevoir la monture dans le champ de vision, même en regardant vers le bas, là où on pose les pieds. L’impression se rapproche d’un masque de ski : on oublie qu’on porte des lunettes, il ne reste que la teinte. En trail, ça compte plus qu’on ne le croit : le regard passe sans arrêt du sentier proche à la trace lointaine, et aucun montant ne vient couper la lecture du terrain.
Points forts et points faibles
On aime
- Contraste excellent en pleine lumière : le terrain se lit mieux qu’à l’œil nu.
- Tenue irréprochable, testée en descente rocailleuse : rien ne bouge.
- Aucune buée sur toute la sortie, malgré une grosse transpiration.
- Champ de vision totalement dégagé, sensation de masque.
- Réglages utiles (pont de nez + branches 3 positions) et 36 g qui se font oublier.
- Clip optique RX pour les porteurs de lunettes, le métier d’origine de Demetz.
- 129,90 €, bien placé face aux mono-écrans stars du peloton.
On aime moins
- Verre catégorie 3 fixe : trop sombre en sous-bois et aux heures grises.
- Tailles L et XL uniquement : petits visages, passez votre chemin.
- Vendues uniquement en direct chez Demetz, pas chez nos revendeurs habituels.
- Une seule sortie au compteur : durabilité et tenue dans le temps non évaluées à ce stade.
Mon avis : pour qui ?
Si vous courez ou roulez surtout en terrain découvert, que vous transpirez beaucoup et que vous voulez une paire qui se règle une fois puis disparaît, les B-Suit font le travail, pour nettement moins cher que les références du rayon. La solution clip à la vue est un vrai plus si vous portez une correction : c’est le terrain où Demetz, opticien de métier depuis 1950, a une longueur d’avance.
À l’inverse, si vos sorties vivent dans les sous-bois ou aux heures grises, le verre catégorie 3 fixe vous laissera dans le noir : regardez du côté des photochromiques. Et si vous avez un petit visage, la monture L/XL risque d’être trop large.
Face à la concurrence
- Oakley Sutro : la référence du mono-écran chez les cyclistes. Le B-Suit reprend la même formule (écran intégral, verre contrastant, monture réglable) pour un budget inférieur ; la Sutro garde le prestige et l’écosystème de verres Prizm.
- Julbo Fury : l’autre française du segment. Ses verres photochromiques REACTIV répondent exactement à notre bémol basse lumière, en s’adaptant en temps réel. Il faut par contre y mettre un budget supérieur. Si vos parcours alternent forêt et découvert, c’est la piste à creuser en face.
Prix et disponibilité
Les B-Suit sont à 129,90 €, en vente directe chez Demetz. La marque n’est pas distribuée chez nos revendeurs partenaires : il n’y a donc aucun lien affilié dans cet article, le bouton ci-dessous pointe simplement vers la fiche produit.
Questions fréquentes
Peut-on les porter avec une correction ?
Oui, c’est même l’argument le plus différenciant de Demetz : un clip optique RX se monte derrière l’écran pour recevoir des verres à la vue. Pratique si les lentilles vous gênent en plein effort.
Conviennent-elles aux petits visages ?
Non. La monture existe en L et XL, pour visages moyens à larges (136 mm de largeur totale). Petit visage : regardez d’autres modèles de la gamme Demetz, plus compacts.
Sont-elles adaptées au vélo et au ski de fond ?
Elles sont conçues pour. Le champ dégagé tête baissée et la tenue observée en trail sont de bon augure sur le vélo ; je mettrai ce test à jour après des sorties route.