Test et avis Nike ZoomX Zegama 2 : la chaussure de trail à amorti maximal de Nike

✓ Testé par Grimpeez · porté en conditions réelles
Note Grimpeez
7,3/10
  • Amorti & protection 9/10
  • Accroche (Vibram MegaGrip) 9/10
  • Durabilité 8/10
  • Stabilité 7/10
  • Confort & chaussant 6/10
  • Dynamisme 5/10
  • Légèreté 4/10

Barème pondéré chaussure de trail. Comment on note.

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La Nike ZoomX Zegama 2 vise un objectif clair : encaisser les ultras de montagne sans détruire vos jambes. Amorti maximal en mousse ZoomX, et surtout une nouveauté qu’on attendait depuis la V1, une semelle Vibram MegaGrip. Je l’ai emmenée sur des sorties longues en terrain varié pour voir si la promesse tenait. Voici mon verdict.

Pour qui c’est fait : le traileur longue distance qui veut un maxi-amorti protecteur et une accroche fiable, sur ultra et montagne technique. Pour qui ça ne l’est pas : le coureur léger et rapide, les pieds larges, et tout ce qui se court vite ou court.

Caractéristiques essentielles

  • Usage : ultra-trail et longue distance en montagne.
  • Amorti : mousse ZoomX pleine longueur, stack d’environ 36 mm au talon et 32 mm à l’avant, drop 4 mm.
  • Semelle : Vibram MegaGrip, crampons de 4 mm, profil multidirectionnel.
  • Poids : environ 310 g en 42 (US 9). Lourd pour la catégorie.
  • Tige : Engineered Mesh une couche, guêtre intégrée anti-cailloux, languette rembourrée.
  • Chaussant : ajusté, plutôt étroit à l’avant. Mieux pour les pieds fins à moyens.

L’amorti, son argument numéro un

Le cœur de la Zegama 2, c’est sa semelle ZoomX pleine longueur, la même mousse que sur les Vaporfly de route. Dès les premiers mètres, on a la sensation de matelas sous le pied, sans tomber dans le mou : le ZoomX garde du retour d’énergie. Sur une sortie longue, cette épaisseur filtre les aspérités, protège les quadriceps en descente et retarde la fatigue. Nike a un peu raffermi la mousse par rapport à la V1, ce qui se ressent surtout en stabilité. C’est ce qui fait d’elle une vraie chaussure d’ultra : plus la distance s’allonge, plus l’avantage est net.

La semelle Vibram qui change tout

La grosse évolution est sous le pied. Sur la première Zegama, le caoutchouc maison décrochait sur la roche mouillée et les racines. Avec la MegaGrip, ce souci disparaît : sur mes sorties, les passages sur rochers humides et les traversées de ruisseaux ne font plus peur, là où la V1 m’aurait fait lever le pied. Les crampons de 4 mm assurent une bonne traction en montée comme en descente, sur terre, pierre et un peu de boue. Dans la gadoue épaisse, ils saturent, c’est normal pour ce profil. Mais sur un usage montagne polyvalent, l’accroche est enfin au niveau de l’amorti.

Stabilité, poids et dynamisme

Avec un tel stack, la stabilité était le point à surveiller. Elle est bonne : base large à l’avant, drop de 4 mm qui pose le pied à plat, et un rocker plus marqué que sur la V1 qui fluidifie le déroulé. On n’a pas l’effet sabot qu’on pourrait craindre. Sur dévers prononcé, il faut rester attentif au placement, comme avec toute chaussure haute, mais le châssis ne se tord pas sous le pied. L’épaisseur de mousse sert aussi de protection anti-pierre naturelle : on pose sur du caillou pointu sans le sentir. Contrepartie, le ressenti du sol est quasi nul, à oublier si vous aimez le minimalisme.

Le poids, lui, est un vrai bémol : environ 310 g, soit une vingtaine de grammes de plus qu’une Speedgoat 5. Aux pieds, il se fait moins sentir qu’à la balance grâce au rocker, et j’ai pu enchaîner les kilomètres sans gêne. Mais à la relance et en montée raide, l’inertie se rappelle à vous. Le dynamisme est correct sans plus : la Zegama est un cruiser de trail, pas une fusée pour le kilomètre vertical. Elle excelle sur la distance, beaucoup moins sur l’intensité.

Sur le terrain

Je l’ai éprouvée sur une sortie de six heures en terrain varié : montées techniques, crêtes, descentes cassantes, sous-bois roulant. En descente, elle révèle tout son intérêt. L’amorti encaisse, et la MegaGrip permet de freiner et de relancer même sur sol instable. Sur roche mouillée en descente, ça tient, ce qui m’a poussé à lâcher les freins bien plus qu’avec la V1. Sur les passages vraiment techniques, éboulis et hors-sentier, on perd un peu en précision à cause de la grosse semelle et du fit serré : il faut adapter l’allure. Sur le plat et les chemins roulants, elle déroule comme une trail confortable, sans l’étincelle d’un modèle à plaque, mais ce n’est pas son rôle.

Le seul vrai souci en conditions réelles : la chaleur. Sous le soleil de l’après-midi, la guêtre garde un peu la chaleur autour de la cheville. Rien de grave, on ouvre le col ou on passe sur des chaussettes fines. Le fit, lui, demande quelques sorties pour s’assouplir : comptez une cinquantaine de kilomètres avant qu’elle se fasse oublier. Pied fin, le maintien est excellent et je n’ai eu aucune ampoule sur la longue sortie. Pied large, méfiance : un de nos testeurs a dû y renoncer tellement il se sentait à l’étroit.

Points forts et points faibles

Points forts

  • Amorti ZoomX qui protège vraiment sur la longueur. Idéal en ultra et en descente.
  • Accroche Vibram MegaGrip, y compris sur roche mouillée. Le gros progrès face à la V1.
  • Stabilité correcte pour un modèle aussi haut, grâce à la base large et au rocker.
  • Tige et semelle robustes : pas d’usure prématurée après plusieurs sorties.
  • Guêtre intégrée efficace contre les cailloux et le sable.

Points faibles

  • Lourde (environ 310 g), sensible à la relance et en montée raide.
  • Peu nerveuse : à oublier pour les allures rapides et le fractionné.
  • Chaussant étroit à l’avant, déconseillé aux pieds larges.
  • Besoin de rodage : quelques sorties avant qu’elle se fasse oublier.
  • Guêtre qui tient un peu chaud par forte chaleur.
  • Tarif premium, autour de 170 à 180 €.

Mon avis : pour quel coureur ?

La Zegama 2 est faite pour le traileur longue distance qui cherche un maxi-amorti protecteur et une accroche sûre. Si vous préparez un ultra de montagne, un trail de plus de 50 km bien pentu, ou que vous accumulez les sorties longues sans vouloir finir les pieds en miettes, elle a toute sa place. Elle vise le coureur qui privilégie le confort et la sécurité sur la performance pure, et elle rendra service aux gabarits lourds ou aux articulations fragiles en descente.

À l’inverse, si vous courez vite et léger, passez votre chemin : son poids et son manque de nerf vous freineront. Côté foulée, le drop de 4 mm favorise une attaque médio-pied, prévoyez une phase d’adaptation si vous venez de chaussures à 8-10 mm. Et si vous visez l’UTMB, la Diagonale des Fous ou la TDS, elle est clairement armée pour ça, à condition que votre pied s’accommode du fit.

Personnellement, j’utiliserai la Zegama 2 sur toutes mes courses de plus de six ou sept heures et mes sorties longues en montagne, quand je veux ménager mon corps. Pour le court et le sec, je reste sur une paire plus légère. Dans son registre d’ultra, c’est une des meilleures du moment.

Alternatives

  • Hoka Speedgoat 5 : la concurrente directe, reine des ultras. Un peu plus légère (environ 20 g de moins) et un fit plus accueillant, dispo en version large. Match nul : le choix se fera sur la forme du pied (un peu plus ferme chez Nike, plus souple chez Hoka).
  • Salomon Ultra Glide : plus légère (environ 270 g) et plus agile, drop 6 mm, semelle Contagrip. Moins protectrice sur terrain cassant, mais agréable sur du roulant à technique modéré.
  • Nike Pegasus Trail 5 : l’option confort polyvalente de Nike, plus légère et à l’aise chemin-route, mais moins accrocheuse et moins protectrice. Pour du trail modéré, pas pour la montagne engagée.
  • Saucony Xodus Ultra : amorti généreux et tige souple, drop 6 mm. Une bonne alternative pour ceux qui veulent un peu plus de flexibilité.

Au final, la Zegama 2 corrige le défaut majeur de la première version et garde sa plus grosse qualité, l’amorti. Elle reste lourde et son fit ne conviendra pas à tout le monde, mais sur un ultra ou une longue sortie en montagne, elle tient sa promesse. Elle a rejoint ma rotation pour les ultras, à côté des Speedgoat. C’est tout dire.