Le Manaslu (8 163 m) vu depuis Samagaon, au Népal. Photo d’archive. Photo : Sunuwargr, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Douze membres de leur expédition s’étaient arrêtés au camp 2. Dhruba Jyoti Guha et son guide Phursemba Sherpa ont continué jusqu’au camp 3 malgré le mauvais temps, et une avalanche les a ensevelis dans leur tente dans la nuit de samedi à dimanche. Ce sont les troisième et quatrième morts de la saison sur le Manaslu, où un cyclone attendu à partir de jeudi oblige les expéditions à choisir entre monter tout de suite et attendre octobre. Il y a quatorze ans, presque jour pour jour, une avalanche y avait tué onze alpinistes, dont six Français.
Ensevelis dans leur tente au camp 3
L’expédition de Makalu Adventure, une agence de Katmandou, avait quitté le camp de base à quatorze, sept clients et sept guides sherpas. Samedi, douze se sont arrêtés au camp 2. Dhruba Jyoti Guha, un Allemand d’origine indienne, et Phursemba Sherpa, un guide expérimenté originaire de la région du Makalu, sont montés jusqu’au camp 3, que les agences situent vers 6 800 mètres, pour y passer la nuit. Leur dernier message est arrivé samedi soir.
Sans nouvelles, l’agence a envoyé une équipe au camp 3. Elle a retrouvé les deux hommes morts dans leur tente, sous environ deux mètres de neige, selon la police du district de Gorkha. « Une grosse avalanche est tombée au-dessus de leur tente », a expliqué Mohan Lamsal, le directeur de Makalu Adventure, à l’agence indienne PTI. « Les six autres clients de l’agence, qui ont décidé de faire demi-tour au camp 2, sont sains et saufs, mais les deux qui ont tenté de monter dans la précipitation malgré le mauvais temps ont eu l’accident. » La police prévoyait de rapatrier les corps à Katmandou lundi, par hélicoptère.
Quatre morts sur le Manaslu cet automne
Avant eux, le Singapourien Lau Wee Seng, 50 ans, est mort au camp 2, et Tashi Sherpa, un employé népalais de 20 ans, au camp de base, selon Radio Nepal. Le Département du tourisme du Népal a délivré 493 permis pour le Manaslu cet automne.
La semaine dernière déjà, une avalanche partie au-dessus du camp 3 avait emporté environ 1 200 mètres de cordes fixes et du matériel, selon l’agence 8K Expeditions. Trois de ses Sherpas et un de l’agence Fourteen Peaks en ont remonté près de 1 300 mètres, et l’équipe chargée d’équiper la voie a atteint le sommet le lendemain, ce qui a ouvert la saison.
Un cyclone attendu jeudi : monter ou attendre
La nuit de l’avalanche, il a neigé au camp de base alors que les prévisions ne l’annonçaient pas, écrit l’agence 7 Summits Club. Elle décrit un dilemme pour toutes les expéditions : la météo doit se dégrader pendant une semaine à partir du jeudi 24 septembre, avec un gros cyclone venu du golfe du Bengale.
Son équipe a choisi de monter. « Notre autre option serait de rester une semaine au camp de base à attendre la météo, puis encore trois jours que le risque d’avalanche retombe. Ça nous mènerait au 1er octobre, et qui sait ce que sera la situation ? », explique Alexander Abramov, le patron de l’agence. Ses 17 clients et 17 Sherpas ont quitté le camp de base dimanche, pour un sommet prévu ce mercredi 23 septembre.
En 2012, onze morts dont six Français
Le 23 septembre 2012, entre 4 h 30 et 4 h 45, une avalanche a tué onze alpinistes entre 6 700 et 7 300 mètres, selon la Himalayan Database, la base qui recense les expéditions au Népal. Six étaient français : Philippe Bos, Ludovic Challéat, Grégory Costa, Rémy Lécluse, Fabrice Priez et Catherine Ricard. Partie vers 7 400 mètres, elle avait emporté une partie du camp 3, vers 6 800 mètres, expliquait alors à l’AFP Christian Trommsdorff, vice-président du Syndicat national des guides de montagne.
La base compte 90 morts sur le Manaslu, dont 40 dans des avalanches, et le dernier qu’elle enregistre remonte à 2022. Cet automne en compte déjà quatre. Au Pakistan, l’avalanche du 30 juillet au Broad Peak avait fait dix morts, dont Nirmal Purja.