Photo : Ximonic, Simo Räsänen, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons
Depuis 2019, l’UTMB féminin se jouait entre trois coureuses : Courtney Dauwalter l’a gagné trois fois, Katie Schide deux fois, et la Néo-Zélandaise Ruth Croft l’an dernier. Samedi après-midi, c’est Blandine L’Hirondel qui a franchi l’arche de Chamonix en tête, après 21 h 54 min 49 s de course. Elle finit vingt-sixième du classement général, sur 724 arrivants.
L’Hirondel gagne l’UTMB en 21 h 54
Elle prend 21 minutes et 5 secondes à Rachel Entrekin, 22 minutes et 39 secondes à Emily Schmitz. Cent huit femmes ont terminé les 174 kilomètres et 9 700 mètres de dénivelé positif mesurés cette année par l’organisateur, sur un départ donné vendredi à 17 h 45.
L’Hirondel n’arrivait pas là par hasard. Elle avait gagné la Diagonale des Fous en octobre dernier, 175 kilomètres et 10 107 mètres de dénivelé, en 27 h 26 min 09 s et à la huitième place du scratch. Cette saison, elle avait déjà remporté l’EcoTrail de Paris en mars et la Transvulcania en mai. Le tour du Mont-Blanc était la case qui manquait : elle avait couru la CCC l’an dernier et fini quatrième.
On la citait le 16 août parmi les outsiders du plateau, avec un indice de 807, derrière les favorites annoncées. Le classement du 16 août ne vaut plus rien.
Ben Dhiman gagne en 18 h 16, du jamais vu depuis dix ans
Chez les hommes, l’Américain Ben Dhiman a bouclé le tour en 18 h 16 min 29 s. Aucun vainqueur n’était descendu sous les 19 heures depuis au moins 2016. Le meilleur temps de la période appartenait à François D’Haene, 19 h 01 min 54 s en 2017 ; Jim Walmsley avait gagné en 19 h 37 min 43 s en 2023, Tom Evans en 19 h 18 min 58 s l’an dernier. Dhiman leur prend respectivement 45 minutes, 1 h 21 min et 1 h 02 min, sur un parcours que l’organisateur a mesuré plus long que celui de 2023.
C’était sa troisième tentative. Il avait abandonné en 2024, puis fini deuxième en 2025 derrière Evans, en 19 h 51 min 37 s. Il vient d’améliorer son propre temps de 1 h 35 min.
Une réserve s’impose sur la comparaison : le tracé bouge chaque année. L’organisateur a mesuré 174 kilomètres et 9 700 mètres cette année, contre 174,2 kilomètres et 9 920 mètres en 2025 et 171 kilomètres et 9 963 mètres en 2023. Le parcours de Dhiman était donc plus long que celui de Walmsley, avec 263 mètres de dénivelé en moins.
Jim Walmsley, qui devait arriver avec le meilleur indice du plateau, n’a pas couru. L’Américain, vainqueur ici en 2023 puis de l’OCC l’an dernier, n’a qu’une ligne à son calendrier 2026 chez l’organisateur : la Western States, fin juin, qu’il a abandonnée.
Chassagne deuxième, onze Français dans les vingt-cinq
Baptiste Chassagne a fini deuxième en 18 h 47 min 38 s, à 31 minutes et 9 secondes, avec 46 secondes d’avance sur Caleb Olson. Il avait gagné la Diagonale des Fous en octobre dernier, la même édition que L’Hirondel : les deux vainqueurs de La Réunion se sont retrouvés en haut du classement de Chamonix dix mois plus tard.
Derrière, Virgile Moriset est quatrième en 19 h 00 min 23 s, Gautier Bonnecarrère septième, Antoine Charvolin huitième, Yannick Noël neuvième. Cinq Français dans les dix premiers, onze dans les vingt-cinq. L’Équatorien Joaquín López est cinquième, l’Allemand Hannes Namberger sixième.
On avait vu Chassagne se tester à Morzine le 6 août, trois semaines avant le départ, sur le Trail du Fornet. Il l’avait gagné.
Une semaine qui aura marqué pour d’autres raisons
L’UTMB fermait une semaine de huit courses qui n’a pas été calme. Kilian Jornet avait renoncé une semaine avant le départ. Sur la TDS, mardi, l’Américain Jeff Browning a été héliporté après une crise cardiaque. Jeudi, Frédéric Tranchand gagnait l’OCC devant Nashon Kiplimo.
Sur 174 kilomètres avalés en dix-huit heures, tout se joue aux pieds, et le choix des chaussures d’ultra-trail pèse plus lourd ici que sur n’importe quel format court. L’UTMB sert désormais de finale mondiale au circuit des UTMB World Series sur le format 100 miles. La hiérarchie de ce format vient d’être réécrite en une nuit.