Photo : Rémih, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Jeff Browning a fait une crise cardiaque en course sur la TDS, entre Courmayeur et Chamonix. L’Américain a été soigné sur place par les équipes de la course, puis héliporté vers l’hôpital. Il y était toujours mercredi. Sa famille a publié trois phrases qui remercient les secours et ne disent rien de son état. Le reste, y compris une histoire de coma qui a tourné sur les réseaux, n’est confirmé par personne.
Héliporté après une crise cardiaque sur la TDS
« Pendant la TDS, à l’UTMB de Chamonix, Jeff a été victime d’une crise cardiaque. Il a reçu des soins immédiats des équipes médicales et de secours de la course avant d’être héliporté vers l’hôpital, où il reste sous surveillance médicale. » Le communiqué de la famille s’arrête là, sur un remerciement aux secours et à ceux qui ont pris des nouvelles. Rien sur le pronostic. Rien sur la cause. Rien sur la durée de l’hospitalisation.
La famille écrit « heart attack ». Une crise cardiaque : une artère se bouche, le muscle manque d’oxygène. Un arrêt cardiaque, c’est autre chose, le cœur s’arrête de battre. Depuis mardi, les deux mots circulent comme s’ils étaient interchangeables. Ils ne le sont pas, et sans bulletin médical on garde celui qu’a employé sa famille.
Un message annonçant Browning dans le coma est passé sur les réseaux, puis a été effacé. Ni sa famille ni l’organisation ne l’ont confirmé. Ça reste une rumeur.
Le dispositif médical, lui, est écrit noir sur blanc dans le règlement 2026 : des postes de secours répartis sur le parcours, tous reliés au PC course, du personnel médical au PC ou sur le terrain. Les équipes peuvent sortir de la course un coureur jugé incapable de continuer, et évacuer celui qu’elles estiment en danger. Un coureur dont l’état impose une perfusion abandonne, point. Ce sont ces équipes-là que la famille remercie.
Western States en juin, Cocodona 250 en mai
Browning court en catégorie 55-59 ans. L’organisateur lui attribue un indice UTMB de 792 sur 100 miles et 32 courses terminées. Il porte les couleurs de KEEN, avec Ultraspire, Injinji et Vespa.
Sa saison dit le reste. Le 27 juin, Western States, 162,2 kilomètres : 18 heures 3 minutes 38 secondes, trente-huitième au scratch, vingt-deuxième homme. Sept semaines plus tôt, le 5 mai, la Cocodona 250 et ses 407,6 kilomètres, bouclée en 70 heures 56, quinzième au général. Un 400 bornes au printemps, un 100 miles en juin, un 145 kilomètres alpin fin août. À plus de 55 ans.
567 abandons sur 1 290 partants
La TDS est partie de Courmayeur lundi à 23 h 50 : 145 kilomètres, 9 500 mètres de dénivelé positif, 44 heures 55 de barrière. C’est le tracé le plus rugueux de la semaine. Pas d’Outray, Pierra Menta, Grand Mont, Hauteluce, puis la bascule sur Chamonix.
On écrivait mardi que 567 coureurs sur 1 290 partants avaient renoncé. Quarante-quatre pour cent du peloton, une proportion qui sort de l’ordinaire même sur cette course. Browning est dans ces 567. La plupart se sont arrêtés à un ravitaillement. Lui est reparti en hélicoptère.
L’UTMB part demain, sans Ruth Croft
L’UTMB s’élance vendredi 28 août à 17 h 45 de Chamonix : 174 kilomètres, 9 900 mètres de dénivelé positif, 46 heures 45 pour en venir à bout. Le matériel obligatoire est contrôlé au départ et sur le parcours.
La tenante du titre n’y sera pas. On annonçait le 16 août que Ruth Croft venait défendre sa victoire. La Néo-Zélandaise a renoncé à deux jours du départ, sans blessure et sans problème de forme. « Ma forme n’a jamais été aussi bonne, mais aujourd’hui mon cœur et ma tête ont envie d’être ailleurs », a-t-elle écrit en annonçant son forfait. Tom Evans, vainqueur 2025 chez les hommes, avait déjà déclaré forfait. Aucun des deux titrés de l’an dernier ne prendra le départ.
Avant ça, l’OCC se court aujourd’hui : 60 kilomètres, 3 500 mètres de dénivelé positif, départ d’Orsières par vagues à partir de 8 h 15, arrivée à Chamonix, 14 heures 30 de barrière. C’est la course où les Français avaient le plus à jouer cette semaine.