Photo : PaulasBunt, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
À douze jours du départ, l’UTMB a publié sa liste d’élites. Kilian Jornet revient sur la boucle qu’il a gagnée quatre fois et qu’il n’avait plus courue depuis 2022, le vainqueur 2025 déclare forfait, Ruth Croft remet son titre en jeu face à Courtney Dauwalter. Et pendant ce temps, à Paris, Casquette Verte s’est tordu la cheville à l’entraînement, lampe rouge sur le front.
Jornet revient, Walmsley arrive avec le meilleur indice
Le communiqué est tombé jeudi. Pour sa 23ᵉ édition, du 24 au 30 août, le HOKA UTMB Mont-Blanc annonce cinq UTMB Legends au départ, et un nom fait lever les yeux : Kilian Jornet. Vainqueur en 2008, 2009, 2011 et 2022, l’Espagnol n’était pas revenu depuis. Son indice UTMB de 948 le place dans le trio de tête, mais pas au sommet.
Celui qui domine la start-list s’appelle Jim Walmsley, 967. L’Américain a gagné l’UTMB en 2023, puis l’OCC l’an dernier. Derrière lui viennent Ben Dhiman (946), deuxième en 2025, Caleb Olson (946), Hannes Namberger (941) et Jonathan Albon (939). Vincent Bouillard arrive avec 941 et une saison qui parle pour lui : sacré à Chamonix en 2024, il a gagné la Western States cette année en battant le record de l’épreuve.
Tom Evans, lui, ne sera pas là. Le vainqueur 2025 déclare forfait, et la course part donc sans tenant du titre chez les hommes. Jiasheng Shen (903) revient de son côté après une huitième place, dans le sillage des trois Chinois entrés dans le top 10 l’an dernier.
Le menu ne bouge pas : 174 kilomètres, 9 900 mètres de dénivelé positif, départ de Chamonix le vendredi 28 août à 17 h 45, barrière horaire à 46 heures et 45 minutes.
Croft défend son titre, Dauwalter vise le quatrième
Chez les femmes, l’affiche tient en deux noms. Ruth Croft (823) est la championne en titre, et la seule athlète féminine à avoir gagné les trois finales du circuit : l’OCC, la CCC et l’UTMB. En face, Courtney Dauwalter (859) se présente pour la cinquième fois à Chamonix, avec trois victoires au compteur en 2019, 2021 et 2023, et un quatrième titre qui lui a filé entre les doigts l’an dernier.
Le reste du plateau n’est pas là pour faire de la figuration. Riley Brady (826), la Chinoise Fuzhao Xiang (823), la Népalaise Sunmaya Budha (814) et l’Américaine Abby Hall (808) ont les moyens de renverser la hiérarchie. Blandine L’Hirondel (807) a déjà tout fait sur ces sentiers : podium sur l’UTMB en 2023, victoire sur la CCC en 2022, Diagonale des Fous l’an dernier. Lucy Bartholomew aligne trois top 10 sur les trois dernières éditions et une deuxième place sur le 100M du Lavaredo cette année. Rachel Entrekin, elle, retrouvera Dauwalter pour la troisième fois de la saison, après le Chianti et Cocodona, où elle avait signé le record de l’épreuve hommes et femmes confondus.
Casquette Verte se tord la cheville à treize jours du départ
Il l’a raconté lui-même, sur son compte, en datant son message à J-13. « Belle torsion de cheville hier soir avec la lumière rouge dans le V de GraVelle », écrit Casquette Verte, avant d’enchaîner : « Je vais tenter de soigner ça pour ne pas la sentir pendant l’UTMB. Je suis large avec deux semaines pour le faire. » Le ton est léger. Une entorse à deux semaines d’une course de 174 kilomètres l’est beaucoup moins.
Un détail de son message va parler à tous ceux qui prendront le départ : la lumière rouge. Une des deux frontales obligatoires doit cette année disposer d’un mode rouge, imposé pendant la traversée nocturne de la réserve des Contamines-Montjoie. Courir en rouge change la lecture du sol. Le faisceau porte moins loin et le relief s’aplatit, au point qu’une racine peut passer pour une ombre. Lui s’entraînait avec au bois de Vincennes, sur des chemins parisiens qui n’ont rien d’un sentier alpin, et il s’est quand même retourné la cheville. « Ne pas accuser la lumière rouge n’est pas chose facile », glisse-t-il. On détaille le reste de la liste imposée dans notre guide du matériel obligatoire en ultra-trail.
OCC et CCC : deux autres finales, et des Français dans le coup
L’UTMB n’est qu’une des trois courses qui couronneront les champions du circuit cette semaine-là. L’OCC, 60 kilomètres et 3 500 mètres de dénivelé, part d’Orsières le jeudi 27 août. La CCC, 101 kilomètres et 6 050 mètres, s’élance de Courmayeur le vendredi 28.
Sur l’OCC, le trio de tête est du coin : le Suisse Rémi Bonnet (956), l’Italien Francesco Puppi (953) et le Français Frédéric Tranchand (947), champion du monde de trail court en titre. Bonnet a un compte à régler avec cette course. En 2024, il l’a quittée sur une chute alors qu’il courait dans le groupe de tête.
Chez les femmes, la Suédoise Tove Alexandersson (859) arrive avec le meilleur indice et son titre mondial de trail court, devant les Suissesses Judith Wyder (821) et Maude Mathys (815), cette dernière lancée par sa victoire sur le 50K du Trail Verbier St Bernard. Molly Seidel (803) sera aussi sur cette ligne de départ, elle qui avait décroché le bronze sur le marathon des Jeux de Tokyo.
Sur la CCC, les deux vainqueurs 2025 manquent à l’appel : Martyna Mlynarczyk est absente, Francesco Puppi est passé sur l’OCC. Deux titres sont donc à prendre. L’Italien Cristian Minoggio (944) a le meilleur indice, David Sinclair (942) une revanche à jouer après sa deuxième place, et deux Français suivent de près, Benjamin Roubiol (941) et Thomas Cardin (935), vainqueur du 100M du Chianti. Chez les femmes, l’Américaine Jennifer Lichter (850) arrive avec sa victoire record sur la Western States en juin, devant la Chinoise Miao Yao (827) et la Norvégienne Yngvild Kaspersen (816).
Pour situer l’ensemble : 846 athlètes élites sont engagés sur la semaine, 34 de plus que l’an dernier, dont 46 % de femmes et 54 nationalités. Un tiers d’entre eux sont français, suisses ou italiens. Le plus jeune a 20 ans, le plus âgé 54.