Photo : Zoharby, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons
Pendant que le monde du trail regardait Chamonix, un Belge a traversé la France à pied. Karel Sabbe a bouclé les 3 034 kilomètres de l’HexaTrek en 33 jours 13 heures et 48 minutes, arrivée pointée samedi sur son propre suivi live. Et demain matin à huit heures, la semaine de l’UTMB s’ouvre par la course dont personne ne parle jamais.
Karel Sabbe traverse la France en 33 jours
Il était parti le 20 juillet des Vosges. Trente-trois jours, treize heures et quarante-huit minutes plus tard, le compteur de son traceur officiel s’est arrêté à l’autre bout du pays, dans les Pyrénées occidentales. Entre les deux, il y a l’HexaTrek : 3 034 kilomètres de sentiers, 140 000 mètres de dénivelé positif et quatorze parcs naturels, du Grand Est jusqu’à la frontière espagnole.
Le chiffre à retenir n’est pas la distance, c’est la moyenne. Quatre-vingt-dix kilomètres et plus de quatre mille mètres de dénivelé par jour, tous les jours, pendant plus d’un mois. Sur une trace qui n’est pas une piste roulante : l’HexaTrek enchaîne les crêtes des Vosges, le Jura, les Alpes puis les Pyrénées, et il a été tracé en 2022 par une équipe qui voulait donner à la France sa grande traversée, dans l’esprit des longs sentiers américains.
Pour mesurer ce que ça représente, il suffit de lire le mode d’emploi officiel du sentier. L’HexaTrek se découpe en six étapes, du Grand Est aux Pyrénées occidentales, et le tracé annonce pour chacune une durée de quinze à trente-cinq jours de marche. Mises bout à bout, ça fait quatre à six mois pour la traversée complète. La plus dure sur le papier, les Pyrénées orientales, aligne à elle seule 532 kilomètres et 30 600 mètres de dénivelé.
Sabbe n’est pas un inconnu sur ce terrain. Le Belge s’est fait un nom sur les monuments du genre outre-Atlantique, le Pacific Crest Trail et l’Appalachian Trail, et il annonçait lui-même partir chercher le temps de référence de l’HexaTrek. Ce genre de traversée se joue autant sur la logistique que sur les jambes : le ravitaillement, le sommeil, et un sac de trail qu’on porte du matin au soir sans avoir envie de le jeter dans un ravin au bout de trois semaines.
Demain, la PTL ouvre la semaine de l’UTMB
Chamonix, place du Triangle de l’Amitié, lundi 24 août à huit heures. Le premier départ de la semaine n’est ni l’UTMB ni la CCC, c’est la PTL : 300 kilomètres, 25 000 mètres de dénivelé positif, 151 heures de barrière horaire. Six jours et sept heures pour boucler un grand tour du Mont-Blanc qui ne ressemble à aucun des autres. Pour situer : l’UTMB, vendredi, fera 174 kilomètres et 9 900 mètres de dénivelé. La PTL, c’est presque le double de distance et deux fois et demie la montée.
La PTL se court en équipe, et l’organisation la présente comme une aventure où l’engagement mental et les valeurs montagnardes comptent autant que la vitesse. Traduction : on y marche beaucoup, on y dort peu, et on passe dans des endroits où l’on ne croise personne pendant des heures. C’est le seul format de la semaine où le matériel obligatoire n’est pas une formalité administrative mais la condition pour rentrer.
Trois départs en seize heures
La PTL n’est pas seule à partir demain. À dix heures, la MCC s’élance de Martigny-Combe pour 40 kilomètres et 2 350 mètres de montée, une course réservée aux habitants de la vallée, aux bénévoles et aux partenaires. Et à 23 h 50, la TDS quitte Courmayeur pour 145 kilomètres et 9 500 mètres de dénivelé, avec une barrière à 44 heures et 55 minutes.
Trois départs en seize heures, donc, avant que la vallée ne souffle un peu mardi avec les formats courts, puis l’OCC jeudi matin, la CCC vendredi à neuf heures et l’UTMB vendredi à 17 h 45. On ne sait pas encore ce que la météo va faire de tout ça, et l’organisation n’a rien annoncé à ce sujet. La règle en pareil cas est simple : ce qui compte, c’est le tableau d’affichage officiel et les messages envoyés aux coureurs, pas ce qui circule ailleurs. Pour suivre les vôtres, l’organisation renvoie vers LiveTrail, qui met à jour les pointages ravitaillement par ravitaillement, et c’est aussi là que s’affichent les modifications de parcours quand il y en a.