Photo : Studio Lazareff
On connaît les défis sportifs qui se courent seul, la montre en tête. Celui qu’annonce Axel Allétru est d’une autre nature. Les 19 et 20 septembre 2026, l’ancien champion lancera son nouveau projet #JePeux2026 sur le triathlon Audencia-La Baule, un défi pensé de bout en bout autour d’une idée simple et rare : personne n’avance seul. Valides et athlètes en situation de handicap y prendront le départ ensemble, dans la même équipe.
Un champion qui a refusé le verdict
Pour comprendre l’histoire, il faut remonter à 2010. Étoile montante du motocross, Axel Allétru chute lourdement lors des Championnats du monde et devient paraplégique à tout juste 20 ans. Le pronostic médical est sombre, mais il refuse de s’y résoudre et trace seul son chemin de reconstruction. Aujourd’hui, il partage ce parcours de résilience en conférence, et son mantra tient en une phrase : « Derrière l’impossible, se cache toujours un possible. »
Ce n’est pas qu’une formule. Reconverti dans le sport de haut niveau, il aligne les exploits. Douze fois champion de France de natation handisport, champion d’Europe et recordman sur 50 et 100 mètres nage libre, il ne s’est pas arrêté là. En 2020, il devient le premier pilote paraplégique à remporter une catégorie devant des concurrents valides sur le Paris-Dakar. En 2024, il prend le départ de l’Enduropale du Touquet au milieu de plus de mille motards valides, et passe même le premier virage en deuxième position. Le genre de palmarès qui donne du poids à son discours.
#JePeux2026 : un triathlon où personne n’avance seul
Pour 2026, il change de terrain de jeu et devient le parrain officiel du triathlon Audencia-La Baule. Le format retenu est le S, ambitieux mais accessible même aux moins habitués à la compétition : 750 mètres de natation dans la baie de La Baule, 15 kilomètres de vélo le long du littoral, puis 5 kilomètres de course à pied. De quoi goûter aux trois disciplines sans y laisser toutes ses forces.
Le vrai twist est ailleurs, dans l’organisation. Chaque participation est individuelle, mais elle se vit en équipes solidaires réunissant six sportifs valides et un athlète ambassadeur en situation de handicap, qui traversent ensemble l’eau, la route et le bitume. Ce format place l’entraide au centre : on nage, on pédale et on court aux côtés de quelqu’un qui a fait de ses limites une force, et c’est précisément là, dans cette proximité, que se joue tout l’esprit du projet. Une partie des bénéfices sera reversée à une association œuvrant pour le handicap et l’inclusion.
Le projet s’adresse aussi aux entreprises, invitées à engager des équipes autour de ces valeurs. L’idée n’est pas de cocher une case, mais de faire vivre l’inclusion sur le terrain : passer un week-end à s’entraider avec un ambassadeur en situation de handicap, ça déplace les regards bien plus efficacement qu’une réunion. C’est là que le sport fait ce qu’il sait faire de mieux, créer des liens que le quotidien professionnel ne permet pas toujours.
La Baule, un rendez-vous à la hauteur
Le décor n’est pas anodin. Fondé en 1988, le triathlon Audencia-La Baule est l’un des plus grands rendez-vous du genre en France, organisé par les étudiants de l’association Audencia Triathlon. Sur un week-end de septembre, l’événement réunit en moyenne près de 9 000 participants et 60 000 spectateurs autour d’une dizaine de courses, portés par 500 bénévoles. Un cadre à la fois mythique et populaire, face à l’Atlantique, où un défi comme celui d’Axel Allétru trouve naturellement sa place.
Reste une question, la plus intéressante peut-être : et si le sport n’était jamais aussi fort que quand il refuse de laisser quelqu’un sur le bord de la route ? Rendez-vous les 19 et 20 septembre pour la réponse, les pieds dans le sable de La Baule.