Photo : Marianne Casamance, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Cinq jours après Manosque, Matthew Brennan a recommencé. Le Britannique de 21 ans a réglé au sprint un peloton de quatre-vingt-neuf coureurs à Roquetes, au bord de l’Èbre, et signe sa deuxième victoire d’étape sur cette Vuelta. Jordi Meeus et Vincenzo Albanese l’accompagnent sur le podium du jour, deux Français entrent dans les sept premiers, et Tadej Pogačar est désormais en tête de trois des quatre classements de la course.
Brennan gagne une deuxième fois en cinq jours
Il avait gagné dimanche à Manosque, dans une côte, au terme de la plus longue étape de l’édition. Mercredi, c’était l’inverse : une arrivée plate, un peloton compact, un sprint classique. Le résultat n’a pas changé. Brennan a franchi la ligne en 3 h 47 min 02 s devant Jordi Meeus et Vincenzo Albanese, tous les trois dans le même temps, et empoche dix secondes de bonification contre six et quatre pour ses deux suivants.
Derrière, Alessandro Romele prend la quatrième place et Axel Laurance la cinquième, à nouveau bien placé après sa huitième place de la deuxième étape. Christophe Laporte, son coéquipier chez Visma, termine septième. Bastien Tronchon est treizième, Hugo Hofstetter quatorzième. Quatre Français dans les quatorze premiers d’un sprint de peloton, sans qu’aucun ne joue vraiment la gagne : c’est à peu près le résumé de leur début de Vuelta.
Le barème des points d’étape raconte la hiérarchie du jour : trente à Brennan, vingt-cinq à Meeus, vingt-deux à Albanese. À vingt et un ans, le coureur de Visma a maintenant deux victoires d’étape sur le premier grand tour de sa carrière. Dans un peloton lancé à cette vitesse, un casque de vélo de route n’est pas un accessoire de confort, c’est le seul équipement qui sépare un coureur du bitume.
Le Puerto de Paüls n’a rien changé
Il n’y avait qu’une difficulté répertoriée sur les 173,3 kilomètres annoncés entre Falset et Roquetes, et le classement officiel n’en crédite finalement que 169,3 de parcourus. Le Puerto de Paüls, troisième catégorie, se dressait au kilomètre 148,4 : trois kilomètres et demi à 7,1 % pour atteindre 382 mètres d’altitude, avec un sommet situé à moins de vingt-cinq kilomètres de la ligne. Sur le papier, de quoi tenter quelque chose.
Dans les faits, personne n’en a profité. Les points du sommet sont allés à Pavel Sivakov, devant Harold Tejada et Jay Vine. Deux des trois roulent pour UAE, l’équipe de Pogačar, ce qui dit assez bien qui tenait la course à ce moment-là. Quatre-vingt-neuf coureurs ont franchi la ligne dans le temps du vainqueur, et le premier à ne pas y figurer, Emanuel Buchmann, a concédé vingt-neuf secondes. Cent quatre-vingts coureurs ont été classés.
Le prix de la combativité est revenu, une fois encore, à Ethan Hayter. Le Britannique de Soudal Quick-Step avait déjà remporté le sprint intermédiaire du jour, vingt points et six secondes, devant Wout van Aert et Bruno Armirail. Visma y a placé trois coureurs dans les quatre premiers. Une équipe qui verrouille un sprint intermédiaire à ce point-là verrouille en général la fin d’étape aussi. Hayter repart avec le prix de la combativité, exactement comme dimanche vers Manosque, où sa longue échappée s’était terminée à trente-quatre kilomètres de l’arrivée.
Deux coureurs manquent à l’appel depuis mercredi matin. Cian Uijtdebroeks, chez Movistar, n’a pas pris le départ. Roel Van Sintmaartensdijk, de Lotto Intermarché, a abandonné en route.
Pogačar mène trois classements sur quatre
Le général n’a pas bougé d’un centimètre. Pogačar reste en rouge en 11 h 26 min 01 s, avec 3 minutes 21 d’avance sur Primož Roglič, 3 minutes 32 sur Enric Mas et 3 minutes 44 sur Sepp Kuss. Oscar Onley est cinquième à 3 minutes 45 et garde le maillot blanc, Richard Carapaz sixième, Felix Gall septième. Mattias Skjelmose et Jarno Widar suivent à 4 minutes 06.
Son raid de cinquante kilomètres en Andorre la veille lui a rapporté bien plus qu’un maillot. Il compte 82 points au classement par points, contre 60 à Brennan et 57 à Hayter, et 23 points au classement de la montagne, contre 10 à Lorenzo Fortunato. Sur la route, il n’en portera évidemment qu’un seul, le rouge.
Côté français, rien de neuf non plus : Clément Berthet reste le mieux placé, seizième à 7 minutes 32, et Léo Bisiaux dix-huitième à 8 minutes 44, sixième du maillot blanc. Decathlon CMA CGM occupe la deuxième place du classement par équipes, à 6 minutes 20 d’UAE.
Demain, El Bartolo à vingt kilomètres de l’arrivée
L’étape 6 relie Alcossebre à Castelló sur 177,5 kilomètres, classée moyenne montagne, avec quatre cols au menu. La Serratella ouvre le bal au kilomètre 44,6, quatorze kilomètres à 3,8 %, puis vient le Coll de la Bandereta au kilomètre 66,1, cinq kilomètres à 6,7 %.
Le vrai morceau arrive plus tard. Le Desierto de las Palmas, huit kilomètres à 4,9 %, est franchi au kilomètre 128,5, et El Bartolo, seule première catégorie de la journée, au kilomètre 156,8 : neuf kilomètres à 7,1 %, sommet situé à 20,7 kilomètres de l’arrivée. Le sprint intermédiaire est placé au kilomètre 120,1. Départ fictif à 13 h 11, arrivée annoncée vers 17 h 18.
Une pente à 7,1 % sur neuf kilomètres, ça ne se solde pas par un sprint à quatre-vingt-neuf. Reste à savoir si vingt kilomètres de descente et de plat suffiront à recoller les morceaux.