Une piste de Crans-Montana, en janvier 2020. Photo d’archive. Photo : Paolo Gamba from Paris, France, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons
Crans-Montana a perdu sa première candidature en 2020, gagné la seconde en 2022, puis dû convaincre la FIS en 2024 que ses garanties financières existaient bien. À moins de quatre mois du premier départ, ses Mondiaux de ski alpin perdent leur président. Claude-Alain Schmidhalter a démissionné mercredi 7 octobre, quelques heures après avoir été suspendu, pour une affaire qui n’a rien à voir avec le ski. C’est le deuxième président du comité d’organisation à partir en un peu plus d’un an.
Claude-Alain Schmidhalter démissionne des Mondiaux et de Swiss-Ski
Mercredi à 9 heures, le comité directeur des Mondiaux et le présidium de Swiss-Ski annoncent ensemble sa suspension provisoire, jusqu’au jugement. Dans la matinée, Schmidhalter remet sa démission, avec effet immédiat, de ses deux fonctions : la présidence du comité directeur de l’Association Crans-Montana 2027 et la vice-présidence de Swiss-Ski, qu’il occupait depuis 2016.
« Je ne prends pas cette décision parce que j’aurais quelque chose à me reprocher. Je la prends parce que les championnats du monde ont aujourd’hui besoin de clarté », écrit-il dans un communiqué adressé aux médias. Un président tenu à l’écart « pour une durée indéterminée » à quelques mois de l’événement, ajoute-t-il, « porterait préjudice à un projet dans lequel je m’investis depuis des années avec une conviction totale ».
Une affaire d’entreprise, jugée le 27 octobre à Brigue
Le ministère public du Valais l’a mis en accusation avec un autre prévenu, dont le nom n’a pas été rendu public, pour la gestion d’une entreprise d’ingénierie du Haut-Valais dont il est propriétaire. L’affaire part d’un accord entre associés : celui qui resterait seul aux commandes devait verser une indemnité à celui qui partirait à la retraite. L’indemnité a été versée, mais en dessous du montant prévu. Selon l’acte d’accusation, les deux prévenus ont réduit les bénéfices de l’entreprise en les transférant vers une autre société, et l’associé retraité y aurait perdu plus de 300 000 francs, rapporte l’agence Keystone-ATS.
Le ministère public réclamera 23 mois de prison avec sursis pendant trois ans, une amende de 10 000 francs et 55 000 francs de réparation pour la victime. L’audience est fixée au 27 octobre devant le tribunal de district de Brigue. Schmidhalter « conteste fermement les accusations », rappellent Swiss-Ski et le comité, pour qui la procédure « concerne exclusivement les activités entrepreneuriales » de leur président et la présomption d’innocence « demeure pleinement applicable ». « Je reste convaincu que les accusations formulées à mon encontre se révéleront infondées », écrit l’intéressé.
Deuxième président parti en un an
Schmidhalter n’avait pris la tête du comité qu’en septembre 2025. Il succédait à Urs Lehmann, parti à la Fédération internationale de ski. L’intérim revient à deux membres du comité directeur : Sébastien Rey, vice-président, qui y représente les communes de Crans-Montana, et Diego Züger, co-directeur général de Swiss-Ski. Il « garantit la continuité de la gouvernance », assure l’association, pour qui la priorité « demeure inchangée ». La mesure de suspension visait, selon Peter Barandun, le président de Swiss-Ski, et Sébastien Rey, « à préserver l’intégrité et la capacité d’action des deux organisations ».
Le dossier a déjà tangué. En février 2024, la FIS jugeait « entièrement fausse » l’affirmation de la candidature suisse selon laquelle la Confédération, le canton du Valais et les communes avaient déjà donné leurs garanties financières. Elle menaçait alors d’attribuer les Mondiaux à un autre candidat. Le contrat d’organisation n’a été signé que le 13 septembre 2024.
Onze titres du 1er au 14 février
Le programme ne bouge pas. Les Mondiaux s’ouvrent le 1er février avec le parallèle par équipe, enchaînent les super-G les 4 et 5 février et les descentes les 6 et 7, puis le combiné par équipe, le géant et le slalom jusqu’au 14. Les courses se disputent sur les pistes du Mont-Lachaux et de la Nationale, et le comité attend près de 600 athlètes de quelque 80 nations, avec jusqu’à 10 000 spectateurs dans le stade d’arrivée.
Ce seront les deuxièmes Mondiaux de la station, après ceux de 1987, où la Suisse avait gagné huit des dix titres. Crans-Montana reçoit la Coupe du monde régulièrement depuis 2008. La saison reprend avant, le 24 octobre à Sölden, pour un hiver où Mikaela Shiffrin courra moins de slaloms.