Mikaela Shiffrin en slalom à Grandvalira, en Andorre, en mars 2023. Photo d’archive. Photo : Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Elle a gagné 73 slaloms de Coupe du monde, neuf globes de la discipline et l’or olympique à Cortina en février. C’est pourtant le slalom que Mikaela Shiffrin met en retrait cet hiver. L’Américaine a annoncé mardi qu’elle sauterait les slaloms de Levi et de Gurgl et qu’elle ne reprendrait la discipline qu’à Killington, le 29 novembre, pour donner la priorité au géant et au super-G. Ce sont deux disciplines où elle n’a plus gagné depuis fin 2023.
Shiffrin courra moins de slaloms, à partir de Killington
L’annonce tient dans un épisode de son podcast, publié mardi 6 octobre sur sa chaîne YouTube. « Cette saison est une exploration. On l’appelle la saison de l’exploration », commence-t-elle. Puis, cinq minutes plus loin : « Je prévois de faire moins de slalom cette saison. Pas zéro slalom. Pour l’instant, le slalom de Killington serait ma première course de slalom de la saison, et ensuite je choisirai quelques autres courses. »
Levi, le 14 novembre, et Gurgl, le 21, se courront donc sans elle. Elle y a gagné neuf et deux fois. Elle veut garder assez de points au classement du slalom pour pouvoir y revenir si la discipline lui manque. « Je ne veux pas qu’on entende que j’en ai fini avec le slalom. Ce n’est pas ce que je dis », insiste-t-elle.
« La saison de l’exploration », après seize ans au sommet
Elle écarte d’emblée l’idée d’une discipline devenue trop simple pour elle. « Cela n’a rien à voir avec une prétendue facilité du slalom, comme tant de gens l’ont suggéré au fil des années. » C’est même l’inverse : « Courir un slalom mal préparée, ce serait comme sauter dans un mixeur géant en essayant d’éviter les lames. » Le calendrier du slalom est lourd et éparpillé sur tout l’hiver. En le réduisant, dit-elle, « je récupère du temps, et je récupère en quelque sorte des morceaux de mon corps ».
Shiffrin court la Coupe du monde depuis seize ans. Le déclic remonte, raconte-t-elle, à sa blessure de Cortina : une discussion sur la durée de sa carrière lui a fait comprendre que « tout faire, indéfiniment, ne serait probablement pas tenable ». « Je ne cherche pas moins d’engagement. Je ne cherche même pas moins d’effort », précise-t-elle.
Le géant et le super-G, ses deux chantiers
Le pari se lit dans les chiffres de la FIS. Shiffrin détient le record absolu de 110 victoires en Coupe du monde, dont 73 en slalom, 22 en géant et 5 en super-G. L’hiver dernier, elle a gagné neuf des dix slaloms et décroché un sixième classement général, record égalé d’Annemarie Moser-Pröll, sans une seule victoire ailleurs. En géant, elle a fini quatrième de la saison et onzième aux Jeux. En super-G, elle a marqué 8 points. Sa dernière victoire en géant date de Lienz, le 28 décembre 2023, et la dernière en super-G de Saint-Moritz, le 18 décembre 2022.
Ce géant, elle le court sur des skis Atomic. En mars 2022, la marque présentait sa victoire de Sölden, la 70e en Coupe du monde, comme le premier succès officiel de sa nouvelle génération de skis, le Redster G9 Revoshock. En course, Shiffrin utilise la version FIS de ce ski. Atomic en vend une version de piste, pour skieurs avancés.
Atomic Redster G9 Revoshock S + Icon 12
Le ski de géant de piste de la gamme Redster, celle que court Shiffrin. Saison 2027, niveau avancé, vendu avec la fixation Icon 12 (DIN de 4 à 12).
Premier rendez-vous à Sölden le 24 octobre
La saison s’ouvre le samedi 24 octobre avec le géant féminin de Sölden, sur le glacier du Rettenbach. Le géant de Killington précède le slalom, le 28 novembre, et le premier super-G féminin est prévu à Beaver Creek, du 9 au 13 décembre. Les championnats du monde se courent à Crans-Montana, du 1er au 14 février 2027.