Le sommet du Himlung Himal (7 126 m), au Népal. Photo d’archive. Photo : Hermann.Haertig, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Les clients n’étaient pas encore arrivés. Au camp de base du Himlung Himal, un sommet de 7 126 mètres du district de Manang, il n’y avait dimanche matin que les équipes des agences, montées installer les tentes et les cordes avant la saison d’automne. Une avalanche les a ensevelies. Lundi, quatre corps avaient été retrouvés et douze personnes restaient disparues, toutes népalaises, selon l’association des guides de montagne du Népal. Seize hommes pris sous la neige, sur un sommet où la base de référence des expéditions himalayennes n’avait jamais compté plus de six morts en tout.
Seize employés ensevelis au camp de base
L’avalanche a balayé le camp de base tôt dimanche 27 septembre, recouvrant les tentes sous une neige profonde, dans la vallée de Nar-Phu, près de la frontière chinoise. Deux corps ont été retrouvés dimanche, avant l’arrêt des recherches à 18 heures, deux autres lundi matin. « Quatre corps ont été retrouvés et identifiés. Douze personnes sont toujours disparues, et les recherches continuent », a déclaré lundi Tul Singh Gurung, président de la Nepal National Mountain Guide Association.
Les deux premiers morts, Pasang Bhote et Chhebi Bhote, étaient des guides d’altitude. Birendra Gurung et Ghanshyam Rai ont été retrouvés lundi. Les disparus sont pour la plupart des cuisiniers et des employés de camp. Onze survivants ont repris contact avec leur agence, selon la police du district de Manang.
Des guides et des cuisiniers partis avant les clients
Deux agences de Katmandou avaient envoyé leurs équipes en avance. Himalayan Holidays comptait 21 employés sur place. « L’un de nos employés nous a prévenus de l’avalanche tôt dimanche matin, après qu’elle a frappé le camp de base. Depuis, nous n’avons plus de contact avec lui », racontait dimanche Barun Bhandari, son directeur général, à l’agence Xinhua. Imagine Nepal, l’agence de l’alpiniste Mingma G Sherpa, y avait deux employés.
La météo avait prévenu. Le service de prévision népalais avait placé la région himalayenne en alerte rouge sous une dépression venue du golfe du Bengale et demandé de suspendre les treks du 25 au 27 septembre. L’administration du district de Manang avait interdit le trekking dans plusieurs zones de haute altitude sur ces trois jours. L’avalanche est tombée le dernier. Depuis jeudi, les pluies ont tué au moins 21 autres personnes au Népal, selon l’autorité nationale de gestion des catastrophes.
Les hélicoptères cloués au sol dimanche
Dimanche, le district de Manang n’arrivait même plus à joindre ses propres agents. « Nous n’avons pas pu établir de contact avec les élus locaux et les autres services concernés. Les compagnies d’hélicoptères ont demandé l’autorisation de voler vers la zone », expliquait Mukti Prasad Khanal, le préfet du district. Huit guides de montagne, emmenés par Mingma G Sherpa, ont pris les recherches en main. « Nous aurions pu sauver des vies, mais à cause du mauvais temps, nous n’avons atteint le lieu de l’accident que dimanche soir », a-t-il écrit sur Facebook.
Lundi, le ciel s’est dégagé. « Il fait beau aujourd’hui. Les hélicoptères volent pour les secours », disait le préfet. L’équipe, qui avait passé la nuit à Chame, a été déposée au camp de base le matin. Les corps retrouvés dimanche ont été transférés par hélicoptère de Chame à Katmandou, à l’hôpital universitaire de Tribhuvan.
Le pire accident connu sur le Himlung
Gravi pour la première fois le 3 octobre 1992, le Himlung se dresse au nord-ouest du Manaslu, dans le Peri Himal. La Himalayan Database, qui recense les expéditions au Népal, n’y comptait que six morts avant dimanche. Quatre avaient été tués par des avalanches, tous népalais : trois le 29 septembre 2013 entre 5 850 et 6 100 mètres, un le 27 septembre 2016 à 6 700 mètres. Les deux autres, un Espagnol en 2019 et un Australien en 2025, sont morts du mal aigu des montagnes.
Sur le Manaslu voisin, une avalanche avait tué deux alpinistes au camp 3 dans la nuit du 19 au 20 septembre, et les expéditions avaient renoncé le 22, avant l’arrivée de la dépression. Sur le Himlung, la saison n’avait pas commencé. Lundi, l’équipe de l’association des guides prévoyait de chercher encore trois à quatre heures, si la météo et la montagne le permettaient.