Douze alpinistes morts sur le Mizhirgi, dans le Caucase

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Photo : Konstantin Kleine, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Ils étaient trente-trois dans la gorge de Bezengi, dans le Caucase russe. Dix sont redescendus par leurs propres moyens, six ont été hospitalisés, douze sont morts. Les cinq derniers restent introuvables sur les pentes du mont Mizhirgi, où un douzième corps a été retrouvé ce mardi matin.

Un douzième corps retrouvé, cinq alpinistes toujours introuvables

Le camp d'alpinisme de Bezengi
Le camp d’alpinisme de Bezengi. Photo d’archive. Photo : Sidorov, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Lundi à 9 heures, le ministère russe des Situations d’urgence annonçait dix personnes redescendues par leurs propres moyens, six alpinistes blessés et hospitalisés, onze ayant reçu, selon la formule administrative russe, des blessures incompatibles avec la vie, et six dont le sort restait inconnu.

Ce mardi, les secouristes ont retrouvé le corps d’un de ces six. Dix redescendus, six blessés, douze morts, cinq disparus : trente-trois.

Il ne s’agit pas d’une cordée, ni de deux, mais d’un groupe de la taille d’un stage entier, engagé au même moment dans le même secteur. La gorge de Bezengi donne accès à la muraille du même nom, l’un des grands objectifs d’altitude du Caucase, et le camp qui la dessert est un lieu de rassemblement plutôt qu’un point de départ isolé.

Les recherches se resserrent sur le mont Mizhirgi

La route de la gorge de Bezengi
La route qui remonte la gorge de Bezengi. Photo d’archive. Photo : Marie Čcheidzeová, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Les secouristes engagés ce mardi travaillent sur la pente du mont Mizhirgi. Jusque-là, les opérations étaient situées dans la gorge de Bezengi, sans qu’aucun sommet soit désigné.

La cause de l’accident n’est pas connue. Ni les nationalités des victimes, ni la date à laquelle le groupe a été surpris.

Des masses sont descendues de la corniche du sommet ce mardi matin, sans blesser de secouriste. Le travail est compliqué par un relief accidenté dangereux et par un nouvel effondrement de la masse de neige et de glace. C’est l’état de la montagne pendant les recherches.

Douze secouristes sur la pente, un MI-8 et un régime de crise

La vallée de Bezengi
La vallée de Bezengi. Photo d’archive. Photo : Marie Čcheidzeová, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Douze secouristes du ministère poursuivent les recherches sur la pente. L’hélicoptère MI-8 des secours russes, dont le ministère disait lundi attendre une fenêtre météo, est désormais engagé, pour reconnaître la montagne et déposer les spécialistes sur zone. Quarante-six personnes sont en attente au camp d’alpinisme de Bezengi.

Le directeur par intérim de la direction régionale pour la Kabardino-Balkarie, Moukhamat Anaïev, est sur place depuis le 6 septembre avec le groupe opérationnel régional. Et un régime de situation d’urgence de niveau municipal est en vigueur dans le district de Tcherek.

Cinquante-six personnes ont été mobilisées lundi : 27 secouristes du détachement de haute montagne de l’Elbrouz, 10 du détachement régional du Caucase du Nord, 10 de Karatchaïévo-Tcherkessie, 6 du service de secours de Kabardino-Balkarie et 3 du groupe opérationnel régional. Douze étaient au contact ce mardi.

S’annoncer avant de partir, une obligation en Russie

Le village de Bezengi
Le village de Bezengi, au débouché de la vallée. Photo d’archive. Photo : Chereck, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

La même direction régionale publie les règles qui encadrent ces courses, et elles se sont durcies. Depuis le 6 septembre 2025, une modification du code russe des infractions administratives prévoit des sanctions contre les instructeurs-guides qui ne signalent pas le début et la fin d’un itinéraire, ainsi que contre le fait de se passer des services d’un instructeur-guide.

Concrètement, un groupe doit prévenir la permanence opérationnelle du ministère au plus tard vingt-quatre heures avant le départ, en indiquant l’horaire, l’objectif, l’itinéraire prévu, la date limite de retour et les moyens de communication embarqués. Le responsable doit ensuite signaler la fin de la course, au plus tard à l’heure annoncée. Pour un secours, le service désigné est le détachement de haute montagne de l’Elbrouz.

Le même document recommande trois choses avant de partir : une assurance qui couvre les risques encourus, un téléphone satellite ou un traceur GPS satellite, et un plan d’action prévu à l’avance en cas de situation critique.

La chaîne d’alerte tient à deux numéros de téléphone, publiés en clair sur le site de la direction régionale, l’un pour la permanence, l’autre pour les secouristes de l’Elbrouz. Rien d’automatique, aucune remontée par balise. Le système suppose que quelqu’un appelle, avant et après.