Le guide Thierry Renault retrouvé mort au pied du Brévent

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Photo : Rémih, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Des grimpeurs l’ont trouvé dimanche au pied de la face sud du Brévent. Thierry Renault, 68 ans, guide de la Compagnie de Chamonix, était seul sur une paroi qu’il avait équipée lui-même et où il avait ouvert une demi-douzaine de voies.

Retrouvé dimanche au pied de la face sud

Le Brévent vu depuis Chamonix
Le Brévent vu depuis Chamonix. Photo d’archive. Photo : Franck Langlois, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Le corps a été découvert le dimanche 6 septembre par des grimpeurs qui évoluaient dans le secteur, au pied de la face sud du Brévent, dans le massif des Aiguilles Rouges. Le peloton de gendarmerie de haute montagne est intervenu avec l’hélicoptère Dragon 74, qui a évacué le corps vers la drop zone du Bois de Chamonix.

Une enquête doit établir les circonstances, qui ne sont pas connues.

Seul sur la paroi, pour nettoyer une de ses voies

Chamonix vue depuis le Brévent
Chamonix vue depuis le Brévent. Photo d’archive. Photo : Zairon, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Il travaillait seul sur la face, pour nettoyer une des voies qu’il y avait équipées, raconte Olivier Greber, directeur de la Compagnie des guides de Chamonix. L’accident remonterait à la journée du samedi 5 septembre.

Nettoyer une voie, sur une paroi de ce type, veut dire y remonter sur corde pour purger les prises instables, brosser le rocher et vérifier l’équipement. C’est un travail d’entretien que les ouvreurs font le plus souvent seuls, sans témoin. Le corps a été trouvé le lendemain par des grimpeurs venus pour la falaise.

De Fontainebleau au Grand Pilier d’Angle

Le piton sud de l'Aiguille du Midi
Le piton sud de l’Aiguille du Midi. Photo d’archive. Photo : Christian David, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Il était breton. Il a passé plusieurs années à Paris et s’est formé sur les blocs de Fontainebleau avant de monter à Chamonix dans les années 1970.

En 1985, il finit troisième de la première édition de Sportroccia, à Bardonecchia. C’était la toute première compétition d’escalade internationale, disputée sur la Parete dei Militi, dans le val Stretto, et elle a ouvert l’ère de l’escalade sportive.

Cinq ans plus tard, les 13 et 14 juillet 1990, il signe avec Alain Ghersen la première ascension libre de Divine Providence, neuf cents mètres au Grand Pilier d’Angle, sur le versant italien du mont Blanc. C’était la troisième ascension de la voie, toutes méthodes confondues. La même année, les deux hommes libèrent Digital Crack, une fissure de 8a à près de 3 800 mètres sur l’arête des Cosmiques.

Les deux hommes ont aussi grimpé la glace ensemble, à un niveau que peu de cordées atteignaient alors. « Il respirait mieux en haut qu’en bas », dit Ghersen de son compagnon de cordée.

Une demi-douzaine de voies sur le Brévent

Le massif des Aiguilles Rouges
Le massif des Aiguilles Rouges. Photo d’archive. Photo : Guilhem Vellut, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons.

La face sud du Brévent regarde la chaîne du Mont-Blanc depuis l’autre rive de la vallée, sous un sommet à 2 525 mètres. C’est un terrain d’escalade rocheuse, à l’opposé des faces nord et des goulottes qui ont fait sa réputation. Il y a ouvert environ six voies au fil des années.

La Compagnie des guides de Chamonix, à laquelle il appartenait, réunit 220 guides et a fêté ses deux cents ans. À 68 ans, il continuait d’ouvrir, et son dernier chantier était celui-là.