Photo : Tournasol7, CC BY 4.0 via Wikimedia Commons
Deux mois avant l’ouverture de la Coupe du monde à Sölden, l’actualité du ski se joue loin des pistes. Un DVA très recommandé fait l’objet d’un rappel de sécurité toujours en cours, et il figure dans notre propre comparatif. Les carrières de Lara Gut-Behrami et de Lindsey Vonn sont désormais derrière elles. Et l’El Niño le plus fort depuis 1950 s’installe, ce qui ne dit à peu près rien de la neige qui tombera dans les Alpes.
Un DVA sous rappel, et il est dans notre comparatif
Commençons par le sujet qui peut vraiment vous concerner. Depuis le 20 avril 2026, le DVA Arva Neo BT Pro fait l’objet d’un rappel de sécurité, référence ARNINEOBTPROV1, ainsi que les packs ARPACKV2PRO et ARPACKV3PRO qui le contiennent. Les appareils vendus entre le 8 novembre 2022 et le 31 mars 2026 sont concernés, tous lots confondus, et la procédure court jusqu’au 31 juillet 2030.
Le motif est écrit noir sur blanc sur la fiche officielle : « un dysfonctionnement se traduisant par une consommation anormale des piles, pouvant provoquer un redémarrage en boucle du DVA. Dans ce cas, les modes émission et recherche deviennent inactifs. » Traduit en langage de terrain : l’appareil censé vous retrouver sous la neige peut cesser d’émettre, et celui qui doit chercher vos compagnons peut cesser de chercher. Les risques listés sont « blessures » et « asphyxie ». Ils sont listés parce qu’ils sont réels.
Tous les appareils ne sont pas touchés, et le test se fait soi-même : on met à jour l’application du fabricant, on saisit le numéro de série de l’appareil sur le portail de rappel, et l’écran répond conforme ou non conforme. Si le test est négatif, le DVA est repris et échangé gratuitement, holster, dragonne et piles retirés avant expédition. Tant que ce test n’est pas fait, on ne part pas avec.
Nous avons une correction à faire au passage, parce qu’il vaut mieux la faire nous-mêmes. Notre comparatif des DVA classe ce Neo BT Pro quatrième, avec une note et un lien marchand, et ne mentionnait pas ce rappel. La page porte désormais l’avertissement en tête et sur la fiche du produit. Dans le même registre, une paire de chaussures de ski est également rappelée jusqu’au 31 décembre 2026, le modèle HEAD Vector Evo 110X, référence 606041 : les talonnettes jaunes sous la chaussure peuvent se fissurer à l’usage et provoquer un déchaussage intempestif.
Après Gut-Behrami, Lindsey Vonn a fini sur un abandon
On l’a raconté ici le 7 août : Lara Gut-Behrami a mis un terme à sa carrière, 48 victoires et 101 podiums derrière elle, après le genou détruit à l’entraînement en novembre. La FIS a depuis relayé le communiqué de Swiss-Ski, qui n’ajoute rien au fond. Son argument reste le meilleur qu’on ait lu cette saison : après presque vingt ans de haut niveau, elle dit avoir la chance de ne pas souffrir de douleurs chroniques, et vouloir que cela reste ainsi.
L’autre carrière qui s’est arrêtée cet hiver, c’est celle de Lindsey Vonn, et elle a fini plus brutalement encore. Revenue à la compétition à 40 ans, elle avait gagné deux descentes cette saison, à Saint-Moritz le 12 décembre puis à Zauchensee le 10 janvier, ses quatre-vingt-troisième et quatre-vingt-quatrième succès en Coupe du monde. La première fait d’elle la plus vieille gagnante d’une course de Coupe du monde de l’histoire, à 41 ans. Une semaine avant les Jeux, elle s’est rompu le ligament croisé, et elle est partie quand même. Sa dernière course est un abandon dans la descente olympique de Cortina, le 8 février, avec un tibia et une cheville cassés à la clé.
El Niño le plus fort depuis 1950, et ce que ça ne dit pas
On écrivait le 13 août que le phénomène se confirmait sans rien dire des Alpes. Le bulletin d’août durcit le trait sur l’intensité, et ne change rien à la conclusion. Celui du Climate Prediction Center américain, daté du 13 août, est sans ambiguïté : plus de 90 % de probabilité d’un épisode très fort pendant l’automne et l’hiver 2026-2027, et 69 % de probabilité, sur la période octobre-décembre, d’un épisode dépassant en intensité tout ce qui a été observé depuis 1950. Météo-France, deux jours plus tôt, écrivait la même chose autrement : l’épisode a débuté en juin 2026 et sera « parmi les plus intenses observés depuis 1950 ».
Maintenant la partie que vous ne lirez pas souvent. Ni la NOAA ni Météo-France ne disent quoi que ce soit sur la neige des Alpes françaises. Météo-France précise même que les effets des prochains mois « concerneront surtout les territoires ultramarins », que l’influence sur l’Europe est statistiquement plus forte en hiver mais « nettement plus faible que l’impact moyen lié au changement climatique », et que la chaleur qui frappe actuellement l’Europe de l’Ouest n’a rien à voir avec El Niño. L’organisme démonte au passage l’expression « super El Niño », qui « n’est pas un terme scientifique » mais circule dans les médias. Autrement dit : l’épisode est historique, et il ne vous dit pas s’il y aura de la poudreuse à Noël.
Trois rendez-vous français cet hiver, et le freeride qui entre aux Jeux
La saison de Coupe du monde s’ouvre à Sölden les 24 et 25 octobre, géant femmes puis géant hommes. La France reçoit trois fois : Val d’Isère les 12 et 13 décembre pour un géant et un slalom hommes, Courchevel le 22 décembre pour un slalom femmes en nocturne, et Chamonix le 30 janvier pour un slalom hommes. Les championnats du monde se courent à Crans-Montana du 1er au 14 février 2027, les finales à Sun Valley du 20 au 25 mars.
Et puis il y a la nouvelle qui va occuper les quatre prochaines années. Le 7 juillet, le freeride est officiellement entré au programme des Jeux olympiques d’hiver de 2030, ceux des Alpes françaises. Quatre épreuves, quarante-quatre athlètes, vingt-deux hommes et vingt-deux femmes, avec un système de qualification piloté par la fédération internationale et attendu autour de décembre 2026. Le circuit du Freeride World Tour en sera la voie d’accès principale.
La France arrive en position de force sur ce dossier. Elle est la nation la plus représentée du circuit élite, avec douze riders sur cinquante-deux, et elle a remporté deux des quatre titres de la saison 2026 : Lou Barin en ski femmes, Victor De Le Rue en snowboard hommes, ce dernier au départage après une égalité parfaite de points. Sur les neuf places qualificatives européennes pour la saison 2027, quatre sont revenues à des Français, dont deux acquises à domicile, au Sauze : Mia McNab et Mila De Le Rue en ski femmes, Noah Peizerat en ski hommes, Tiphanie Perrotin en snowboard femmes.