Photo : Hugo LUC, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
La Vuelta 2026 a commencé samedi par neuf centièmes de seconde. Sur les 9,4 kilomètres du contre-la-montre d’ouverture à Monaco, Tadej Pogačar a battu Ethan Hayter d’un souffle et endossé la première Roja de sa carrière. Josh Tarling prend le maillot blanc, Primož Roglič concède déjà 22 secondes, et le peloton part aujourd’hui vers Manosque pour 214 kilomètres.
Neuf centièmes de seconde
Pogačar a couvert les 9,4 kilomètres en 10 min 57 s 14, soit 51,5 km/h de moyenne. Hayter, quadruple champion de Grande-Bretagne du chrono, avait été le seul à passer sous les onze minutes et pensait tenir sa première victoire sur un grand tour. Il a perdu pour neuf centièmes.
Le Slovène habite Monaco, et il sait exactement où il a gagné. « Je suis sûr d’avoir gagné ces 0,09 seconde quand on est passé devant mon appartement, car c’était la partie la plus technique du parcours. J’y passe à pied et à vélo tous les jours », a-t-il expliqué à l’arrivée. Il a aussi raconté avoir vu le temps de Tarling en rejoignant la rampe de départ et avoir sincèrement voulu que le Gallois gagne, avant d’entendre au point intermédiaire qu’un certain Hayter était trois secondes devant lui. C’est sa quatrième victoire d’étape sur la Vuelta, sept ans après les trois qu’il avait décrochées en 2019, lors de sa seule et unique participation. Il n’avait jamais porté le maillot rouge.
Un mot sur le lieu, parce qu’il entre dans l’histoire au passage : Monaco devient le premier site à avoir accueilli le grand départ des trois grands tours, après le Giro en 1966 et le Tour de France en 2009. Le tracé du jour empruntait une partie du circuit du Grand Prix automobile, ce qui explique les 51 km/h de moyenne sur un parcours pourtant tortueux, et l’intérêt des spécialistes du chrono pour des vélos de route réglés au millimètre.
Roglič à 22 secondes, deux Français dans le top 6
Derrière Pogačar, le podium du jour est entièrement britannique : Hayter dans le même temps, Josh Tarling à 4 secondes, Callum Thornley à 5. Christophe Laporte et Léo Bisiaux complètent le top 6, ce qui fait deux Français dans les six premiers d’un chrono d’ouverture. Une bonne nouvelle un jour où les écarts se comptaient en dixièmes.
Le chiffre qui compte pour la suite, c’est celui de Primož Roglič : vingt-quatrième, à 22 secondes. Sur une épreuve qu’il a gagnée quatre fois, ce n’est pas rédhibitoire au bout d’un chrono de dix minutes, mais ça ne ressemble pas à un début de Vuelta de Roglič. Pogačar, lui, ne se fait pas d’illusions sur la durée de vie de son maillot. « Dès demain, certains coureurs peuvent s’échapper ou prendre le maillot avec des secondes de bonification. La lutte pour le maillot rouge sera serrée », a-t-il prévenu. Son objectif est ailleurs : gagner à Grenade le 13 septembre pour rejoindre le club des coureurs vainqueurs des trois grands tours.
Tarling en blanc, une semaine après
Le troisième du jour est aussi celui dont la présence n’allait pas de soi. Josh Tarling, 22 ans, a signé 11 min 01 s et pris le maillot blanc de meilleur jeune. Il est monté sur le podium au bout d’une semaine dont son équipe n’a pas voulu dire grand-chose.
« Je suis très content, aussi content que je puisse l’être. J’ai tout donné, je ne pouvais pas faire beaucoup plus », a-t-il dit, avant d’ajouter ceci : « J’avais besoin de me changer les idées. Merci à ma famille pour me donner sa bénédiction de venir ici et faire une course de vélo. » Son coéquipier Geraint Thomas a mis des mots dessus dans le compte rendu de l’équipe : « C’est déjà formidable de l’avoir ici. Il voulait vraiment rouler et retrouver le quotidien, trouver du réconfort dans le processus et dans le fait d’être avec l’équipe, que tout soit aussi normal que possible. Ce qu’il a traversé cette dernière semaine est inimaginable, et livrer une performance pareille au bout d’une semaine comme celle-là, c’est tout simplement remarquable. »
Aujourd’hui : Monaco vers Manosque, 214 kilomètres
La deuxième étape quitte la Principauté à midi pour rejoindre Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence, après 214,3 kilomètres classés accidentés. Arrivée prévue vers 17 h 16. C’est le premier vrai terrain d’échappée de la course, avec des bonifications qui peuvent suffire à faire changer le maillot rouge d’épaules dès ce soir, exactement le scénario que Pogačar redoutait à voix haute.
Demain, la course bascule vers les Pyrénées avec une étape de moyenne montagne entre Gruissan et Font-Romeu, 174 kilomètres. Le peloton ne passera en Andorre que mardi, et n’entrera en Espagne que mercredi. On revient chaque jour sur les résultats.