Photo : le sommet du mont Ventoux, vu de Flassan. Marianne Casamance, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons
Kim Le Court-Pienaar a gagné la sixième étape à Tournon-sur-Rhône après avoir changé de vélo en pleine course. Derrière elle, deux Françaises ont fait le spectacle : Cédrine Kerbaol termine deuxième, et c’est Célia Géry qui avait lancé la cassure. Marlen Reusser garde le maillot jaune, toujours pour douze secondes, avant l’étape reine de vendredi au mont Ventoux, dont une portion se courra sans public.
Le Court-Pienaar gagne après avoir changé de vélo
153,4 kilomètres entre Montbrison et Tournon-sur-Rhône, à travers le Massif central puis les reliefs de l’Ardèche, et une course nerveuse de bout en bout. La première échappée, avec Katrine Aalerud, Nikola Nosková et Loes Adegeest, n’a pas tenu. Le rythme du peloton a fait des dégâts dès 80 kilomètres de l’arrivée, où Anna van der Breggen a lâché prise.
La vraie rupture est venue dans les cinquante derniers kilomètres, avec un groupe qui comptait Sarah van Dam, Célia Géry, Liane Lippert, Cédrine Kerbaol, Puck Pieterse et Elisa Longo Borghini. La présence de l’Italienne au général a obligé l’équipe du maillot jaune à une poursuite désespérée. À dix kilomètres de l’arrivée, Kim Le Court-Pienaar et Riejanne Markus sont revenues sur ce groupe, désormais à huit.
La Mauricienne a attaqué à quatre kilomètres du but, Longo Borghini a comblé, et tout s’est joué au sprint. Le Court-Pienaar l’a emporté devant Kerbaol et Pieterse. Deuxième victoire d’étape sur le Tour pour elle, après celle de l’an dernier, et elle revenait de loin dans la journée.
« La course a été complètement folle. J’ai eu un problème mécanique dans la descente de l’avant-dernière montée, et j’ai dû changer de vélo », a-t-elle raconté à l’arrivée. « Mais mon équipe a été formidable : elle a tout donné pour me ramener dans le peloton à la fin de la dernière montée. » Elle dit avoir été « à la limite de ses forces » dans le final, et ne pas croire qu’elle avait encore de quoi gagner le sprint. Sa conclusion vaut pour le métier entier : « Les gens ne se souviennent pas vraiment de celles qui ont terminé dans le top 5, mais ils se souviennent de celles qui ont remporté une étape. »
Kerbaol deuxième, Géry à l’origine de tout
C’est la meilleure journée française depuis le départ. Cédrine Kerbaol échoue à un boyau de la victoire, mais elle remonte au huitième rang du général, à 3’07 ». Après avoir été troisième du général, puis avoir reculé mercredi dans le Beaujolais, elle regagne du terrain au moment où les autres en perdent.
L’autre Française du jour a moins fait parler d’elle sur la ligne, mais elle est à l’origine de la course. C’est Célia Géry, championne de France, qui a mis le feu dans les trente derniers kilomètres. Elle termine cinquième, dans le même temps que la gagnante, et reste cinquième du classement du maillot blanc. Une journée entière passée devant sur un Tour de France, et c’est elle qui l’a déclenchée.
Reusser tient ses douze secondes, Longo Borghini remonte
Rien n’a bougé en tête. Marlen Reusser a suivi les accélérations de Demi Vollering et conserve exactement les mêmes douze secondes d’avance. Kasia Niewiadoma reste troisième à 1’17 ». La vraie bougeotte vient de derrière : Elisa Longo Borghini, septième de l’étape, a repris vingt-six secondes et se hisse au quatrième rang, à 2’28 ».
« C’était une étape délicate, comme prévu, avec un parcours très intéressant comportant quelques descentes exigeantes », a résumé Reusser. « Je suis à nouveau très satisfaite de la performance de mon équipe, et bien sûr d’avoir conservé le maillot jaune. » Sur le Ventoux qui l’attend, elle a botté en touche sans façon : « Je vais récupérer, dormir, et on verra demain. »
Ailleurs, Lorena Wiebes reste en vert avec 144 points, Puck Pieterse consolide les pois avec 47 unités après une nouvelle journée passée devant, et Antonia Niedermaier garde le maillot blanc.
Vendredi, le Ventoux, et un massif interdit au public
L’étape reine relie La Voulte-sur-Rhône au mont Ventoux, avec les cols de la Grande Limite et du Colombier en apéritif, puis les routes qui contournent les Dentelles de Montmirail avant le pied du géant. L’ascension se fait par Bédoin : 15,7 kilomètres à 8,8 %. « Il offrira ses rudes pentes aux pures grimpeuses décidées à y creuser d’importantes différences », écrit Marion Rousse dans sa présentation. Départ fictif à 12 h 50, arrivée prévue vers 17 h 17.
Une partie de l’étape se courra devant des bords de route vides. La préfecture du Vaucluse a pris un arrêté interdisant l’accès au massif des Dentelles de Montmirail, en raison des fortes chaleurs et d’un risque d’incendie très élevé. « Aucun spectateur ou randonneur ne sera admis à l’intérieur du massif des Dentelles », indique le communiqué, qui interdit aussi d’encourager les coureuses le long de la départementale 90, de la sortie de Suzette jusqu’à la redescente du col de la Chaîne, à Malaucène. Soit entre 42 et 34 kilomètres de l’arrivée.
Le Tour masculin avait connu la même mesure sur sa troisième étape cet été. Douze secondes séparent Reusser de Vollering, et il reste 15,7 kilomètres à près de 9 % pour trancher. Autant dire que la question du maillot jaune sera réglée vendredi soir, ou jamais.