Photo : Cs-wolves, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Mardi, Matthew Brennan avait roulé pour Wout van Aert, qui avait fini quatrième d’un sprint que Bastien Tronchon leur avait volé sous la flamme rouge. Mercredi à Lorca, l’équipe a inversé les rôles : c’est le maillot vert qui a lancé le sprinteur. Personne n’avait gagné trois étapes sur son premier grand tour depuis Tadej Pogačar en 2019, sur cette même Vuelta.
Van Aert lanceur, Brennan vainqueur
Le final de Lorca comportait un demi-tour dans les 400 derniers mètres, et c’est ce virage qui a décidé de la tactique. « Ils prévoyaient de m’utiliser comme dernier relayeur, car avec le demi-tour dans les 400 derniers mètres, on sait qu’un lanceur bien placé peut finir près du but », explique Van Aert. Bruno Armirail, Christophe Laporte et Van Aert se sont relayés pour tenir Brennan en tête du peloton jusque-là.
« J’ai abordé le dernier virage assez lentement, car je ne voulais pas gâcher cette opportunité. Mais à partir de là, j’ai pu accélérer et déposer Matthew », raconte-t-il. Brennan est sorti de la roue et n’a rien laissé : 3 h 17 min 18 s, devant Bryan Coquard et Jordi Meeus, Magnus Cort quatrième dans le même temps.
Trois étapes sur un premier grand tour
Manosque à la deuxième étape, Roquetes à la cinquième, Lorca à la onzième. Le dernier coureur à avoir gagné trois fois sur son premier grand tour s’appelait Tadej Pogačar, et c’était sur la Vuelta 2019. Le dernier sprinteur à l’avoir fait, Fernando Gaviria, remonte au Giro 2017.
« Je suis dans une équipe pleine de grands champions. On a des coureurs qui sont montés sur le podium des grands tours, qui en ont même gagné, et des coureurs qui ont remporté des classiques », dit Brennan. « Le fait qu’ils se donnent à fond pour moi est une chance incroyable. » Il ne dit pas autre chose que ce que montre le classement du jour : ses trois victoires portent la signature d’un train, pas d’un coup de reins isolé.
Van Aert a pris ses points là où ils étaient gratuits
Avant de lancer son sprinteur, le Belge a fait sa propre journée. Troisième au sprint intermédiaire de Totana au 112ᵉ kilomètre, il s’est assuré mathématiquement de porter le vert jeudi. Puis il a neutralisé les attaques dans l’Alto de Aledo, 9,5 kilomètres à 4,2 % à une trentaine de kilomètres de l’arrivée, et il en a passé le sommet en tête pour prendre aussi les points de la montagne.
« Les jours comme aujourd’hui, où les points sont gratuits, je n’hésite pas à les prendre », explique-t-il. « Je me souviens qu’il y a deux ans, la situation pouvait basculer très vite. » Il compte 174 points, Brennan 117. Chez les grimpeurs, Santiago Buitrago reste devant avec 31 points, mais Van Aert vient de se hisser à 19, à égalité avec Andreas Leknessund.
Un sprinteur de moins, aussi : Mads Pedersen n’a pas pris le départ à Cartagena. Le Danois avait fini deuxième derrière Coquard à Xeraco. Dix-huit coureurs manquent désormais à l’appel depuis Monaco.
Calar Alto, et les mauvais souvenirs de Mas
Le général n’a pas bougé d’une seconde pour la deuxième journée d’affilée : Enric Mas devant, Roglič à 1 min 18 s, Gall à 1 min 39 s, Onley à 2 min 20 s, Carapaz à 3 min 26 s. « Je pense que l’organisation avait prévu cette étape pour avoir des bordures », dit le leader. « La météo est ce qu’elle est et le vent n’était pas assez fort. »
Jeudi, la route monte à Calar Alto, 166,6 kilomètres depuis Vera. Mas y a un souvenir précis, et mauvais. « J’étais malade ce jour-là », raconte-t-il à propos de l’édition 2017. « On plaisante souvent avec mon masseur, Juan José Lobato ; c’était un sprinteur, et normalement je devrais être meilleur grimpeur que lui, mais ce jour-là nous étions ensemble et il en rit encore. » Onley, quatrième et maillot blanc, ne se fixe rien : « Je n’ai pas vraiment d’objectifs précis, il s’agit simplement de rattraper le plus de temps possible et de voir où j’en suis dimanche. » D’ici ce dimanche-là il reste quatre étapes, dont deux classées montagne par l’organisateur : Calar Alto jeudi et la Sierra de La Pandera samedi.