Photo : Granada, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
La Norvège n’avait plus rien gagné sur la Vuelta depuis Thor Hushovd, à Murcie, en 2010. Vendredi, elle a pris les deux premières places de la même arrivée. Andreas Leknessund a lâché ses quatre compagnons d’échappée à 7,5 kilomètres du sommet d’Aramón Valdelinares, Tobias Johannessen l’a suivi sur le podium, et les deux portaient un brassard noir. Leur roi, Harald V, était mort le matin même.
Leknessund gagne à Valdelinares
Wout van Aert lance la journée au kilomètre zéro, avec Leknessund et Milan Vader dans la roue. Vader décroche vite, le peloton laisse filer, et les contres finissent par former un groupe de vingt-deux. Six Français sont dedans : Guillaume Martin-Guyonnet, Rudy Molard, Bryan Coquard, Léo Bisiaux, Valentin Paret-Peintre et Bruno Armirail.
Devant, il n’en reste que cinq à l’attaque de la montée finale vers la station de ski aragonaise : les deux Uno-X, Van Aert, Alexey Lutsenko et Eddie Dunbar. Leknessund place son accélération à 7,5 kilomètres de la ligne et personne ne revient. Il gagne en 3 h 49 min 47 s, avec 34 secondes sur Johannessen et 47 sur Van Aert. Quatre fois deuxième sur le Giro, il n’avait jamais gagné sur un grand tour.
Van Aert repart quand même avec quelque chose : sa troisième place lui donne le maillot vert, 104 points contre 102 à Tadej Pogačar. Deux unités d’écart au classement par points après sept jours, entre un sprinteur-rouleur et le leader du général, c’est une situation que la course ne connaîtra plus très longtemps.
Léo Bisiaux finit neuvième à 1 min 53 s, meilleur Français du jour devant Guillaume Martin-Guyonnet, quatorzième. Bryan Coquard, lui, a passé la journée dans le groupe de tête d’une étape à 3 685 mètres de dénivelé. « Hier, j’étais dans le peloton de tête. Je me suis peut-être un peu amélioré en montagne, mais je suis toujours aussi rapide », dira-t-il le lendemain soir. Il avait ses raisons.
Brassard noir pour le roi Harald V
Harald V est mort le vendredi 28 août à 6 h 35 à l’hôpital Rikshospitalet d’Oslo. Il régnait depuis trente-cinq ans. La nouvelle est tombée quelques heures avant le départ de vall d’Alba, et les coureurs d’Uno-X sont partis avec un brassard noir.
Le transfert du cercueil vers le Palais royal est prévu ce lundi 31 août à 16 heures. Uno-X Mobility est une équipe norvégienne, et ses deux coureurs ont fini premier et deuxième d’une étape de grand tour le jour de la mort de leur chef de l’État. La dernière victoire norvégienne sur la Vuelta datait de Thor Hushovd, à Murcie, il y a seize ans.
Pogačar prend encore du temps
L’étape était la plus dure depuis le Grand Départ de Monaco : 149,8 kilomètres et 3 685 mètres de dénivelé positif, la première arrivée au sommet à être jugée, celle de Font-Romeu ayant été annulée sous la grêle.
Felix Gall attaque dans la dernière montée, Pogačar le suit, puis force jusqu’au sommet quand il voit que personne ne tient. Il finit dix-neuvième à 4 min 23 s de Leknessund, six secondes devant Gall, seize devant Enric Mas, vingt-neuf devant Primož Roglič et Oscar Onley. « On est là pour gagner le classement général, pas pour rigoler », résume-t-il le soir même.
Le compte est simple : il mène en 19 h 32 min 37 s, avec 3 min 50 s sur Mas, 4 min 50 s sur Roglič et 5 min 01 s sur Gall. Il avait déjà gagné la sixième étape à Castelló la veille. Vingt-quatre heures plus tard, il ne sera plus dans la course.
Une montée de station, un braquet et des roues
L’arrivée se jugeait à la station de ski d’Aramón Valdelinares, en Aragon. La pente finale annoncée par l’organisateur, 9,8 kilomètres à 5,9 %, n’a rien d’un mur : c’est le genre de montée longue et régulière où l’écart se fait au braquet et à la constance plutôt qu’à l’explosivité.
C’est aussi le terrain où le poids des roues de vélo de route se paie le plus cher, parce qu’on les relance des centaines de fois sans jamais souffler dans une descente.
Samedi, une journée de transition
L’étape 8 reliait Puçol à Xeraco, 171 kilomètres et 1 281 mètres de dénivelé seulement, coincée entre deux journées de montagne. Sur le papier, une étape de sprinteurs sans histoire.