Vuelta, étape 3 : la grêle annule l’étape à 16 km du but

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Photo : Björn Appel, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Lundi, la Vuelta est montée vers Font-Romeu et n’y est jamais arrivée. La pluie puis la grêle se sont abattues sur le col de Mont-Louis, les coureurs se sont arrêtés au bord de la route à 15,8 kilomètres de la ligne, et l’organisation a annulé l’étape. Pas de vainqueur, pas de podium, pas un point ni une seconde distribués. Mats Wenzel et Lorenzo Fortunato étaient en tête à cet instant précis, et ne le seront jamais officiellement.

Annulée, pas neutralisée

La chronologie tient en vingt-cinq minutes. À 17 h 06, la pluie touche le peloton pour la première fois de cette Vuelta, à la sortie de Fontpédrouse. À 17 h 21, il pleut et il grêle à Font-Romeu. À 17 h 28, plusieurs coureurs s’écartent de la route et se mettent à l’abri. À 17 h 30, la course est arrêtée. Les coureurs se réfugient dans un hôtel à 15,8 kilomètres de l’arrivée.

La citadelle de Mont-Louis dans les Pyrénées-Orientales
Mont-Louis, dont le col était la seule vraie difficulté de la journée. Photo : E v Schoonhoven, CC BY 3.0 via Wikimedia Commons.

À 17 h 46, le communiqué tombe : « Les conditions météorologiques ont empêché la 3e étape de La Vuelta 2026 d’arriver à son terme à Font-Romeu. La sécurité des coureurs étant la priorité, l’organisation a décidé d’annuler l’étape, après que les coureurs se soient réfugiés dans un hôtel à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée. Il n’y aura pas de vainqueur d’étape ni de podium officiel. »

Le mot compte : annulée, pas neutralisée. Une étape neutralisée garde un classement, l’annulation efface tout. Il n’y a aucun classement d’étape publié, aucun prix de la combativité, et la preuve la plus dure tient dans une addition : le kilométrage officiel du général après l’étape 4 est de 314,3 kilomètres, soit 9,4 plus 200,1 plus 104,8. Les 174 kilomètres du lundi ne comptent pour rien. Pour les coureurs, cela veut dire six heures de vélo, une descente à négocier sous l’orage avec la pression des pneus réglée pour le sec, et zéro ligne au palmarès.

Wenzel et Fortunato étaient devant

C’était la seule étape entièrement française de l’édition : 174 kilomètres de Gruissan à Font-Romeu, 2 676 mètres de dénivelé positif, un profil de moyenne montagne. Six hommes sont partis dès les premiers mètres, Olivier Le Gac, Ethan Hayter, Magnus Cort, Asbjørn Hellemose, Timo Roosen et Mats Wenzel, avec un maximum de 2 minutes 40 d’avance.

La tour Barberousse qui domine le village de Gruissan
Gruissan et sa tour Barberousse, ville de départ, sous 28 degrés lundi midi. Photo : François de Dijon, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Le col de Mont-Louis, première ascension de première catégorie de cette Vuelta, montait 19,4 kilomètres à 4,8 % jusqu’à 1 571 mètres. Hellemose accélère à 16 h 59, Wenzel relance à 8,6 kilomètres du sommet et seul Cort le suit, puis le Luxembourgeois de 21 ans part seul à 17 h 09. Il compte 45 secondes à cinq kilomètres du sommet. Fortunato sort en contre à 17 h 23, le rejoint en fin d’ascension, et les deux hommes entament le dernier kilomètre du col avec une vingtaine de secondes sur le peloton. Cinq minutes plus tard, la course s’arrête.

Personne ne saura qui a franchi le sommet en premier : l’organisation n’a jamais validé de résultat au col, et le classement de la montagne est resté inchangé. Fortunato l’a raconté le lendemain au départ d’Andorre : « Le chemin vers la victoire d’hier était long car il y avait une autre ascension, mais j’ai tenté d’attaquer à 5 kilomètres du sommet pour anticiper Pogačar et l’équipe UAE. Malheureusement, la course a été annulée. » Il a pris sa revanche vingt-quatre heures plus tard en gagnant le Port d’Envalira et le maillot à pois.

Olivier Le Gac devant toute la journée, pour rien

Le seul Français de l’échappée disputait son onzième grand tour : quatre Vueltas, quatre Tours de France, trois Giros. Il a passé la journée en tête et pris la troisième place du sprint intermédiaire de Villefranche-de-Conflent. Quinze points, effacés le soir même.

Olivier Le Gac en tenue Groupama-FDJ
Olivier Le Gac, seul Français des six échappés du jour. Photo : Joost Pauwels, CC0 via Wikimedia Commons.

Il n’est pas le seul à avoir travaillé pour rien. Hayter avait gagné ce sprint intermédiaire et ses vingt points : ils l’auraient fait passer en tête du classement par points, premier Britannique dans ce rôle depuis 2017. Il est resté bloqué à trente-sept unités. Koen Bouwman garde son maillot à pois faute de points distribués au Mont-Louis. Et Alex Kirsch a abandonné en cours de route, le premier abandon de sa carrière sur un grand tour, lui qui en disputait le huitième. Rouler six heures sous 28 degrés au départ et sous la grêle à l’arrivée, avec des gants d’été et un maillot manches courtes, use plus qu’un col de plus.

Un général figé et une première ratée

Le classement général du lundi soir était strictement celui du dimanche soir : Tadej Pogačar en rouge, Wout van Aert à 9 secondes, Matthew Brennan à 10, Léo Bisiaux à 12, Finn Fisher-Black à 14, Primož Roglič neuvième à 26. Tous les maillots sont restés sur les mêmes épaules et Pogačar a porté la Roja un troisième jour d’affilée. Sur toute l’histoire de la course, seuls trois coureurs l’ont menée du premier au dernier jour : Julián Berrendero en 1952, Freddy Maertens en 1977 et Tony Rominger en 1994.

La station de Pyrénées 2000 à Font-Romeu
Pyrénées 2000, à Font-Romeu, où l’arrivée devait être jugée à 1 936 mètres. Photo d’archive prise en hiver : Fabricio Cardenas, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Le perdant discret de la journée, c’est Font-Romeu. La commune des Pyrénées-Orientales, 2 200 habitants à 1 800 mètres d’altitude, abrite le Centre national d’entraînement en altitude et attendait la toute première arrivée de la Vuelta de son histoire. La course y était déjà passée sans jamais s’y arrêter. Elle est repartie le lendemain d’Andorre-la-Vieille, où Pogačar a mis tout le monde d’accord en attaquant à cinquante kilomètres du but.