Paul Seixas sur le vélo de contre-la-montre Van Rysel de son équipe, au Critérium du Dauphiné, en juin 2025. Photo d’archive. Photo : Kakoula10, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Paul Seixas a 20 ans, un Tour de Lombardie dans la poche et une seule saison de contrat devant lui. Lundi 26 octobre, invité d’une émission de radio, le coureur de Decathlon CMA CGM a répondu à la question que tout le peloton se pose : il n’a pas encore choisi entre prolonger et partir, et il ne compte pas se presser. Son équipe, elle, avance ses pions, avec trois grimpeurs aguerris recrutés la semaine dernière pour l’entourer. Et son programme de 2027, Tour de France compris, dépend en partie de ce choix.
Paul Seixas n’a pas encore choisi son avenir
Son contrat court jusqu’à la fin de 2027, et il ne l’a pas caché : « Pour l’instant, je n’ai pas pris de décision. » Puis il a expliqué pourquoi il laisse filer le temps. « Jusqu’à présent, toute ma jeune carrière, j’ai passé mon temps à courir après des contrats. On me disait dès que je faisais une performance, il faut resigner. Mais quand j’ai signé mon contrat actuel, il y a deux ans, je me suis promis de ne pas me presser pour signer le suivant. Parce que ça me saoule », a-t-il lâché en riant.
Sa saison lui a donné les cartes. Quatrième de son premier Tour de France en juillet, médaillé de bronze du contre-la-montre des Mondiaux de Montréal en septembre, il a fini par gagner le Tour de Lombardie le 10 octobre, plus jeune vainqueur de la course depuis 1905. Depuis, il est en vacances. « Je ne réfléchis pas trop à ça. Même s’il va bientôt falloir que je prenne une décision, pour l’instant elle n’est pas prise. Je ne sais pas quand je vais la prendre. Je pense qu’il y a un moment où je vais avoir un feeling et je saurai que c’est la bonne décision. »
Il sait pourtant que l’attente a une limite. « Ça va devenir de plus en plus oppressant. Je ne peux pas décider au dernier moment non plus. Mais peut-être que je ferai le début de saison sans annonce, je ne sais pas encore. » Il n’imagine pas, en revanche, courir toute la saison 2027 sans avoir annoncé son choix.
Decathlon CMA CGM recrute trois grimpeurs pour le garder
L’équipe française ne cache pas son impatience. « Qu’aurait-il de plus ailleurs que dans notre équipe ? », demandait il y a quelques jours son directeur général délégué, Mathieu Charpentier. « Notre travail, c’est de mettre tout en place pour le convaincre que le meilleur endroit pour continuer à progresser et à gagner, c’est chez nous. »
Le 20 octobre, elle a joint les actes à la parole. Ben O’Connor revient dans l’équipe qu’il avait quittée fin 2024, deuxième de la Vuelta cette année-là, et signe jusqu’en 2028, comme Laurens De Plus, qui arrive d’Ineos. Pavel Sivakov, lui, s’engage jusqu’en 2029 et quitte UAE Team Emirates-XRG, où il travaillait pour Tadej Pogačar. « Aux côtés de nos jeunes leaders, ils forment un groupe capable de franchir un nouveau cap », écrit Romain Bardet, futur manager sportif de l’équipe, dans le communiqué. L’équipe a aussi installé dans la région niçoise, où vit Seixas, une cellule de performance avec entraîneur, kinésithérapeute, nutritionniste et mécanicien.
Le message est passé. « Je pense déjà que ne pas avoir pris de décision jusqu’à maintenant, c’est une bonne chose, a estimé Seixas. Quand on voit l’évolution de l’équipe Decathlon CMA-CGM aujourd’hui, il y a un an on ne parlait pas de la même équipe. » Le matériel vient aussi de la maison : Van Rysel, la marque de vélos de Decathlon, fournit les machines de l’équipe, dont un modèle aérodynamique mis au point en soufflerie avec Swiss Side. La même marque signe les deux vélos de route les moins chers de notre sélection, en aluminium.
Le Tour 2027, ou le Giro et les Mondiaux à domicile
L’autre inconnue porte sur son calendrier. Seixas n’a pas confirmé qu’il serait au départ du Tour de France l’été prochain. « J’ai les grandes lignes, mais il y a certaines décisions qui sont encore inconnues pour moi. J’attends l’avis de l’équipe. Je vais forcément essayer d’être performant sur un Grand Tour, mais il faut savoir comment agencer la saison autour de ça. » Il a même ajouté : « Je ne peux pas vous dire je vais faire le Tour de France si je ne le sais pas. »
Le calendrier complique l’équation. Le Tour 2027 part d’Édimbourg le 2 juillet et s’achève le 25. La course en ligne masculine des Mondiaux se court le 29 août à Sallanches, sur la côte de Domancy, et la Vuelta démarre le 4 septembre, le seul grand tour qui manque encore à Pogačar. Le parcours du Tour, qui traverse la Haute-Savoie, lui plaît. « Il passe beaucoup en Haute-Savoie, près de chez mes grands-parents. C’est sympa et ça me donne envie de le faire. »
Pour Marc Madiot, président de Groupama-FDJ United, les deux questions n’en font qu’une. « S’il est sous contrat pour une longue durée avec Decathlon CMA CGM, il peut se donner l’an prochain le Mondial à domicile comme objectif principal, et aller jouer la gagne sur le Giro avant cela. Mais imaginons qu’il s’engage avec une autre formation. Dans ce cas de figure, à la place de Decathlon CMA CGM, je le mets sur le Tour en 2027 », a-t-il estimé dimanche à la radio. En 2026, Seixas avait attendu le 3 mai pour annoncer sa venue sur le Tour. Cette fois, ses deux décisions risquent d’arriver ensemble.