Wout van Aert gagne enfin à Loja

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Photo : Shougissime, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

À Manosque, à Roquetes, puis à Lorca mercredi, Wout van Aert avait fait le même travail : rouler devant, se relever, et regarder Matthew Brennan lever les bras. Vendredi à Loja, il est parti dans l’échappée, il a cassé le groupe de tête en trois morceaux et il a gagné pour lui. Un Français, Valentin Paret-Peintre, a été le seul à tenir sa roue.

Van Aert gagne pour lui après trois étapes au service de Brennan

Wout van Aert
Wout van Aert en 2022, alors maillot vert du Tour de France. Photo d’archive. Photo : VereeckenCH, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

La treizième étape reliait Almuñécar à Loja sur 192,8 kilomètres et 3 404 mètres de dénivelé positif, dans la province de Grenade. Almuñécar accueillait la Vuelta pour la première fois ; Loja n’y avait plus figuré depuis un départ d’étape en 1990. Rien de tout cela n’annonçait une arrivée à deux.

Le Puerto de Granada, 7,4 kilomètres à 5,6 %, se franchit à 37 kilomètres de l’arrivée. Van Aert y a accéléré, puis a remis ça dans la descente, et le groupe de tête est tombé à neuf unités : lui, Brennan, Kevin Vermaerke, Léo Bisiaux, Finn Fisher-Black, Simon Dalby, Jarno Widar et Valentin Paret-Peintre. Les attaques se sont enchaînées jusqu’à ce que la sienne, à quatre kilomètres de la ligne, ne laisse plus qu’un homme dans sa roue.

4 h 34 min 00 s, et Brennan troisième à 24 secondes : cette fois, le classement est dans le bon sens pour le Belge. C’est sa quatrième victoire d’étape sur la Vuelta, deux ans après les trois qu’il avait signées en 2024. Il avait terminé troisième à Aramon Valdelinares et quatrième à Elche de la Sierra sans rien décrocher. Le maillot vert, lui, n’a jamais été en jeu : il compte 267 points contre 159 à son propre coéquipier.

Paret-Peintre a manqué le club des trois grands tours

Valentin Paret-Peintre
Valentin Paret-Peintre, sous les couleurs de Soudal Quick-Step. Photo d’archive. Photo : Hugo LUC, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Le dernier kilomètre de Loja monte. C’est là-dessus que comptait Paret-Peintre, seul rescapé de l’accélération de Van Aert, et l’enjeu dépassait l’étape : selon l’organisateur, une victoire aurait fait de lui le 117ᵉ coureur à s’être imposé sur les trois grands tours. Il a passé la ligne dans le même temps que le Belge, deuxième.

Il n’était pas le seul Français à l’avant. Clément Berthet, Guillaume Martin-Guyonnet, Axel Laurance et Léo Bisiaux figuraient dans le groupe de onze formé dans l’Alto del Legionario, à 110 kilomètres de l’arrivée. Bisiaux a tenu jusqu’aux neuf derniers.

Une échappée à 43, et une chute qui coûte un top 10

Loja, en province de Grenade
Loja, en province de Grenade, arrivée de la treizième étape. Photo d’archive. Photo : Menesteo, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

L’échappée de cette étape a mis 80 kilomètres à se stabiliser. Elle a compté jusqu’à 43 coureurs, et il a fallu une chute pour en arriver là : celle de Gregor Mühlberger, dans l’Alto de la Venta de la Cebada au trente-et-unième kilomètre. Elle a coupé le peloton en deux, laissé vingt-sept hommes devant, et poussé tous ceux qui avaient raté le coche à partir en contre.

L’Autrichien, lui, était neuvième du classement général. Il n’a pas repris la route. Quatre autres coureurs ont quitté la Vuelta le même jour, dont Pavel Sivakov, quatrième perte pour UAE Team Emirates après Tadej Pogačar, Pablo Torres et Jay Vine. Vingt-neuf coureurs manquaient à l’appel au soir de l’étape, sur 184 partants à Monaco.

Le désordre a failli coûter plus cher encore à Movistar. Mattias Skjelmose, septième du général, s’est retrouvé parmi les poursuivants de l’échappée pendant que le peloton reculait à plus de quatre minutes : virtuellement, le Danois passait quatrième. L’écart est redescendu avant que la situation ne devienne un problème, mais l’équipe du maillot rouge a dû rouler une bonne partie de l’après-midi.

Le général intact, avant la Pandera

Almuñécar
Almuñécar, ville de départ de la treizième étape. Photo d’archive. Photo : Zarateman, CC0 via Wikimedia Commons.

Le peloton est arrivé trois minutes après les échappés, et le haut du classement n’a pas bougé : Enric Mas devant, Primož Roglič à 1 min 45 s, Felix Gall à 2 min 06 s. Movistar a laissé filer sans paniquer. « Nous avons simplement géré l’écart entre deux et quatre minutes, puis d’autres équipes sont venues nous prêter main-forte », résume le leader.

Une phrase, dans son intervention, disait la suite mieux que le classement : « Demain, nous ressentirons certainement la chaleur d’aujourd’hui. » Le lendemain, la course montait à la Sierra de la Pandera, 11,9 kilomètres à 7,2 % avec un passage à 17 %. Mas y avait un souvenir de 2022, et il annonçait être motivé. Marco Brenner y a gagné d’une seconde, et Mas a repris 25 secondes à Roglič.