Vollering attaque sur un mur à 13 %, gagne à Nice et reprend le maillot jaune pour 8 secondes

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Photo : Demi Vollering sur le Tour de France Femmes 2024, alors sous les couleurs de SD Worx. JrPol, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Les sprinteuses avaient coché cette étape depuis la présentation du parcours. Elles ont sauté à six kilomètres de l’arrivée, sur un raidillon de 450 mètres planté en pleine ville de Nice. Demi Vollering y a attaqué, a décroché Kasia Niewiadoma et Elisa Longo Borghini avant le sommet, et a fini seule sur la Promenade des Anglais. Elle gagne l’étape et reprend le maillot jaune pour huit secondes, à une journée de la fin.

Le mur de l’Arieta a fait le tri

La Promenade des Anglais à Nice, large avenue en bord de mer bordée de palmiers
La Promenade des Anglais, où était jugée l’arrivée de la 8e étape. Vollering y est arrivée seule, après avoir basculé en tête du mur de l’Arieta. Photo : Txllxt TxllxT, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

171,9 kilomètres entre Sisteron et Nice par la route Napoléon : la plus longue étape de l’édition, et sur le papier la moins difficile des trois dernières journées. Quatre côtes classées en quatrième catégorie, environ 1 600 mètres de dénivelé positif, puis une longue descente le long du Var. De quoi laisser espérer un sprint massif à Lorena Wiebes, Marianne Vos, Elisa Balsamo et Shari Bossuyt.

Tout s’est joué dans les vingt derniers kilomètres. La FDJ United-Suez a durci le rythme dans la côte de la Ginestière, 2,5 kilomètres à 4,1 %, et les sprinteuses ont commencé à lâcher prise. Est ensuite venu le Camin de l’Arieta, 450 mètres à 13,3 % de moyenne, une rampe de rue étroite à l’entrée de la ville. Vollering y a placé son attaque. Niewiadoma et Longo Borghini ont résisté quelques centaines de mètres, puis ont cédé juste avant le sommet.

La Néerlandaise a basculé seule et n’a plus été revue. Elle boucle l’étape en 4 h 02′39″. Longo Borghini et Niewiadoma franchissent la ligne à 17 secondes, l’Italienne devant la Polonaise. Kim Le Court Pienaar, Lotte Kopecky et Dominika Wlodarczyk arrivent à 38 secondes avec le reste des favorites. Wiebes, Balsamo et Vos concèdent 1′50″.

Loes Adegeest a été désignée combative du jour. La coureuse de Lidl-Trek avait raflé le sprint intermédiaire de Puget-Théniers, au kilomètre 105,7, devant Maëva Squiban et Wiebes.

Huit secondes séparent Vollering de Niewiadoma

La coureuse polonaise Katarzyna Niewiadoma en maillot Canyon//SRAM dans une ascension sous la brume
Kasia Niewiadoma, ici lors d’une précédente édition du Tour de France Femmes. Elle rend le maillot jaune pour huit secondes, à une journée de l’arrivée. Photo : Hugo LUC, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Niewiadoma avait pris le maillot jaune la veille en gagnant seule au sommet du mont Ventoux. Elle partait de Sisteron avec quinze secondes d’avance sur Vollering. Elle en a perdu vingt-trois en une journée : dix-sept sur la route, et six de plus aux bonifications, puisque la gagnante en empoche dix et la troisième quatre.

Le compte est vite fait. Vollering mène le général en 28 h 10′18″, Niewiadoma est deuxième à 8 secondes. Marlen Reusser reste troisième à 1′12″, Longo Borghini quatrième à 3′05″, Antonia Niedermaier cinquième à 3′54″.

Les autres maillots n’ont pas bougé. Wiebes garde le vert avec 164 points, devant Vollering (132) et Kopecky (114). Puck Pieterse conserve les pois avec 55 unités sans en marquer une seule samedi : les quatre sommets du jour se sont joués entre Squiban, Adegeest, Célia Gery et Vollering. Niedermaier reste en blanc, avec 1′11″ sur Paula Blasi Cairol.

« Il fallait juste qu’on le fasse », a résumé Vollering au micro de l’organisation. « J’ai eu tellement mal, je peux difficilement le décrire, mais j’y suis parvenue. » Dans le camp d’en face, Niedermaier refusait de refermer le dossier : « Bien sûr, il est difficile de perdre le maillot jaune, mais j’ai aussi dit à Kasia que ce n’est pas fini. »

Niewiadoma accuse Célia Gery, la FDJ United-Suez défend son équipière

La coureuse française Célia Gery lève le bras en franchissant la ligne d'arrivée en maillot FDJ United-Suez
Célia Gery, ici vainqueure du Grand Prix de Chambéry en 2026 sous les couleurs de la FDJ United-Suez. C’est elle que Niewiadoma met en cause dans le final niçois. Photo : Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

La journée ne s’est pas arrêtée à la ligne. Au pied de la dernière ascension, Niewiadoma estime avoir été poussée vers les barrières par Célia Gery, équipière de Vollering. À l’arrivée, la Polonaise est allée s’expliquer avec la Française, qui a préféré s’éloigner, puis a lâché au micro de Wielerflits : « J’étais furieuse au pied de la montée. Gery m’a délibérément poussée contre les barrières, m’obligeant à m’arrêter de pédaler. S’ils veulent faire la course, ils devraient le faire loyalement. C’est puéril ; je n’ai plus aucun respect pour eux. »

La FDJ United-Suez assume la manœuvre tactique et rejette l’intention. Son directeur sportif Lars Boom a détaillé le plan aux mêmes confrères : « Le plan était que Célia passe le sommet avec Demi, fasse la descente avec elle et s’écarte juste avant le virage. Demi devait être la première à prendre le virage et, lorsqu’elle accélérerait, Célia devait laisser un trou se créer. C’est ça, le cyclisme. » Il dit attendre de revoir les images, tout en écartant le geste volontaire : « Ce n’est pas dans la nature de Célia de pousser quelqu’un vers les barrières. Elle ne ferait jamais ça. »

Fermer la porte derrière sa leader est un classique du métier, et personne ne le conteste. Le litige porte sur le reste : un écart qui se referme tout seul, ou une coureuse déportée contre les barrières.

Kerbaol tient sa sixième place, Ferrand-Prévot quitte le Tour

Pauline Ferrand-Prévot souriante en maillot Visma-Lease a Bike, casque jaune et lunettes
Pauline Ferrand-Prévot lors de la présentation d’une étape du Tour de France Femmes 2025. Tenante du titre, elle n’a pas pris le départ samedi à Sisteron. Photo : Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Pauline Ferrand-Prévot n’a pas pris le départ. La tenante du titre était quatorzième du général au matin, à 14′37″, après un Tour où elle n’a jamais pesé sur la course. « Pauline ne se sentait pas bien ce matin. En concertation avec le staff médical, il a été décidé qu’elle ne prendrait pas le départ aujourd’hui », a indiqué son équipe Visma | Lease a Bike.

Cédrine Kerbaol reste la meilleure Française. Dixième de l’étape dans le groupe des favorites, elle conserve son sixième rang au général, désormais à 4′34″ du maillot jaune. Sa place n’a pas bougé depuis le Ventoux, et son retard n’augmente que parce que Vollering, devant, a repris du temps à tout le monde.

Maëva Squiban a signé la journée la plus offensive du contingent tricolore. Première au col de Toutes Aures et à la côte de Colomars, deuxième au col des Robines, elle grimpe au cinquième rang du classement de la montagne avec 14 points. Célia Gery, elle, est passée en tête à la Ginestière devant Vollering. Émilie Morier, de la formation française St Michel-Preference Home-Auber93, prend la vingtième place de l’étape. Marion Bunel reste sixième du classement du meilleur jeune.

Dimanche, quatre fois le col d’Èze pour finir

Le panneau du col d'Èze et sa sculpture de vélo au bord de la route, avec les collines de l'arrière-pays niçois
Le sommet du col d’Èze, au-dessus de Nice. Les coureuses le gravissent quatre fois dimanche, la dernière par le col des Quatre Chemins. Photo : Rémih, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

La dernière étape fait 99 kilomètres autour de Nice, et elle ne ressemble en rien à une parade. Le col d’Èze est au programme quatre fois : trois par le versant classique de 7,7 kilomètres à 5,9 %, la dernière par un crochet du chemin du Vinaigrier et le col des Quatre Chemins, soit 6 kilomètres à 7,6 % avec plus d’un kilomètre à 12 %. Départ à 16 h 05, arrivée prévue vers 19 h sur la Promenade des Anglais, empruntée cette fois en sens inverse.

Huit secondes sur une journée pareille, cela ne tient à rien. Reusser, à 1′12″, a de quoi tenter sa chance si les deux premières se neutralisent. Et Niewiadoma a montré au Ventoux qu’elle savait partir de loin.