Photo : Løken (User:Løken), CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Sous la flamme rouge de la Sierra de la Pandera, ils étaient quatre, et Santiago Buitrago a attaqué. Le maillot à pois s’est isolé quelques secondes, le temps de croire à sa première victoire sur la Vuelta. Marco Brenner est revenu, l’a débordé, et a gagné d’une seconde. Derrière, à quatre minutes, le podium du classement général changeait d’ordre. La veille, Wout van Aert avait gagné à Loja sans que rien ne bouge chez les favoris.
Brenner gagne d’une seconde, sa première sur un grand tour
L’Allemand a 24 ans et il n’avait jamais gagné sur un grand tour. Son mois de course n’annonçait rien : « Je ne me sentais pas au mieux de ma forme ces derniers temps. Je n’étais pas moi-même, j’ai eu quelques problèmes de santé en début de course et j’ai chuté », raconte-t-il. Ce qu’il avait, samedi, c’était la pointe de vitesse au bout de 4 338 mètres de dénivelé.
« Dans la dernière ascension, j’ai vraiment senti que j’avais le sprint final dans les jambes. J’ai attaqué et Santiago m’a dépassé, mais j’ai réussi à le rattraper. Et finalement, je l’ai battu au sprint », dit-il. Cristian Rodríguez a fini troisième à 11 secondes, Ivan Sosa quatrième à 14. Quarante-quatre coureurs étaient partis à l’avant le matin, sortis dès le vingt-et-unième kilomètre.
L’étape a d’abord appartenu à d’autres. Kevin Vermaerke est parti seul à 53 kilomètres du but et a compté jusqu’à 1 min 40 s d’avance sur le reste de l’échappée, avant d’être rejoint dans le Puerto de Locubín. Puis Georg Steinhauser a fait la jonction à 14,5 kilomètres, dans le mur de Valdepeñas de Jaén où Roglič s’était imposé en 2021, et il a attaqué la Pandera en solitaire. Guillaume Martin-Guyonnet a été le premier à le reprendre, à neuf kilomètres du sommet.
Buitrago a attaqué sous la flamme rouge et perdu d’un rien
La montée finale mesure 11,9 kilomètres à 7,2 %, passe par un mur à 17 % et se termine à 1 798 mètres. Un mur pareil, c’est le moment où le poids de la machine cesse d’être une question théorique et où la vieille discussion entre un cadre alu et un cadre carbone se tranche toute seule.
Buitrago y a d’abord suivi, puis attaqué au dernier kilomètre. « Je savais que le coureur de Tudor allait être le plus rapide au sprint. J’ai décidé de tenter le coup tôt, mais ça n’a pas marché », explique le Colombien. Il repart quand même avec le maillot à pois assuré mathématiquement au Puerto de Los Villares, et 69 points contre 40 à Wout van Aert.
Gall passe deuxième, Roglič recule
Movistar avait placé deux coureurs dans l’échappée, Pablo Castrillo et Raúl García Pierna, et c’est ce qui a fait la différence. Repris par le peloton des favoris, García Pierna a accéléré dans le final. Enric Mas a failli sauter. « Je revenais comme ça », dit-il en mettant le pouce sous son menton. « Il roulait à fond. Il a vu que Primož lâchait prise, alors on a tout donné jusqu’à l’arrivée. »
Mas et Felix Gall ont franchi la ligne ensemble, à 4 min 12 s de Brenner, avec 25 secondes reprises à Primož Roglič. Ça suffit à inverser les deuxième et troisième places : Gall à 2 min 06 s du maillot rouge, Roglič à 2 min 10 s. Richard Carapaz avait attaqué sans résultat et pointe à 4 min 24 s.
Onley n’avait pas les jambes
Vingt-neuvième à 5 min 27 s, Oscar Onley a lâché 1 min 15 s sur Mas dans la seule montée finale. « Soit on a les jambes, soit on ne les a pas, et je n’avais pas les jambes pour les suivre, alors j’ai dû avancer à mon propre rythme », dit le Britannique. Il garde le maillot blanc, toujours avec 30 secondes sur Jakob Omrzel, mais il glisse à 5 min 44 s au général.
Six Français figuraient dans l’échappée du jour. Deux ont fini dans les six premiers : Valentin Paret-Peintre à 22 secondes, deuxième podium manqué en deux jours, et Clément Berthet à 26 secondes, alors dixième du classement général. Cinq coureurs ont abandonné, dont Christophe Laporte. Trente-quatre sont sortis depuis Monaco, sur 184 partants. Le lendemain, la quinzième étape a été raccourcie de près de quatre-vingts kilomètres à cause de la chaleur.