Photo : MOSSOT, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons
Le 14 août, une coulée de boue avait déjà coupé la route entre Ailefroide et le Pré de Madame Carle, et le Parc national des Écrins annonçait sa réouverture pour la fin de journée. Quinze jours plus tard, il parle d’effondrements sur plusieurs dizaines de mètres et ne donne aucune date. La Vallouise a perdu l’accès routier à ses deux plus gros refuges d’altitude, et le Vénéon est coupé lui aussi.
Des effondrements sur plusieurs dizaines de mètres
Les orages de la nuit du 27 au 28 août ont fait déborder plusieurs torrents de la Vallouise. Le Gyr est monté haut. Et la route qui monte au Pré de Madame Carle a lâché en plusieurs points : « effondrements de plusieurs dizaines de mètres linéaires constatés », écrit le Parc, « rendant impossible la circulation pour une durée indéterminée ».
Le Parc a mis son bulletin à jour huit fois depuis, la dernière le 1er septembre à 12 h 05. Toujours pas de réouverture annoncée. Sa consigne n’a pas bougé non plus : ne pas essayer de se rendre sur les sentiers au-delà d’Ailefroide. Plus bas, à Entre les Aygues, la voiture passe encore jusqu’à la chapelle de Beassac ; au-delà, coulées et arrachements de chaussée. Et à Freissinières, trois coulées de boue venues de trois torrents ont coupé la RD 238 aux Allibrands et au Laus : Dormillouse n’est plus accessible, le Département déblaie.
Les refuges du Glacier Blanc et des Écrins hors de portée
Le Pré de Madame Carle n’est pas un lieu de promenade parmi d’autres. C’est le parking d’été des refuges du Glacier Blanc et des Écrins, donc le point de départ de la voie normale de la Barre des Écrins et de tout ce qui se fait de sérieux dans le massif côté Vallouise. Sans la route, la marche d’approche recommence à Ailefroide, et le Parc demande justement de ne pas s’y engager.
Le chalet d’information du Pré de Madame Carle a tiré le rideau pour la saison. La maison du Parc de Vallouise, elle, prolonge son ouverture d’été jusqu’au 11 septembre : c’est là qu’il faut aller chercher l’état réel des accès avant de monter.
Sur le GR 54, le Parc juge les traversées de torrents praticables, « même s’il faut se mouiller un peu et faire preuve de prudence ». Traduction : les chaussures de randonnée finiront la journée trempées, et ce n’est pas le pire des scénarios.
Le Vénéon est coupé lui aussi
De l’autre côté du massif, la RD 530 est coupée au-delà de Saint-Christophe-en-Oisans. Champhorent, Les Étages et La Bérarde ne sont pas accessibles, les navettes sont suspendues, et le Département de l’Isère travaille à rouvrir la route, quitte à la réserver d’abord aux secours et à la logistique.
En altitude, la réparation a été plus rapide que la route. La passerelle d’accès au refuge Temple-Écrins avait été emportée : l’équipe du Parc en a posé deux provisoires dès le samedi 29 août, et le Soreiller, le Carrelet et le Temple-Écrins se rejoignent de nouveau à pied depuis la route. La Pilatte, elle, reste hors d’atteinte par le sentier, et celui qui relie La Bérarde au Carrelet a été rogné par la crue. Vers la Muzelle et la Selle, le Parc juge l’accès a priori possible ; sur l’Alpe du Pin, il n’a aucune information.
Dans le Valgaudemar, trois passerelles ont pris. Celle du Gioberney, emportée, doit être remplacée dans la semaine. Celle du Pigeonnier haut ne le sera pas cet été : il faudra passer à gué. Celle du Crépon, déjà abîmée par une crue précédente, a encaissé des troncs qui ont détruit ses barrières ; le passage est possible, le Parc le décrit comme périlleux.
Le troisième coup de l’été
Le mot qui compte est dans la première phrase du Parc : les intempéries ont « encore » occasionné des dégâts. Fin juillet, un incendie ravageait 510 hectares dans le Bois Noir, au-dessus de L’Argentière-la-Bessée, à l’entrée de la même vallée. Dans la nuit du 13 au 14 août, des laves torrentielles coupaient le sentier du refuge du Sélé, emportaient la passerelle EDF du Lauvitel et fermaient déjà cette route d’Ailefroide, pour une journée.
Deux semaines plus tard, la même route est partie sur plusieurs dizaines de mètres. La différence entre les deux épisodes tient en une ligne : au 14 août, le Parc donnait une heure de réouverture. Au 1er septembre, il écrit qu’il tiendra le public au courant.