Vuelta, étape 2 : Brennan gagne son premier grand tour à 21 ans

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Photo : Marianne Casamance, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Dimanche, la première étape en ligne de la Vuelta 2026 s’est jouée dans une côte de Manosque, et elle a fait deux histoires. Matthew Brennan, 21 ans, a gagné la première étape de grand tour de sa vie devant Pau Miquel et Tadej Pogačar. Ethan Hayter, lui, a passé la journée à construire un maillot rouge qu’il a perdu en huit cents mètres de montée. Et le meilleur Français de cette Vuelta a 20 ans et s’appelle Léo Bisiaux.

Vingt et un ans, premier grand tour, première victoire

Le final de Manosque montait, et le peloton a explosé dessus. Wout van Aert attaque à deux kilomètres, Pogačar le contre en personne, Alessandro Romele les rejoint sous la flamme rouge. Le trio est repris. Brennan démarre à ce moment précis, emmené par Christophe Laporte, et lâche ses adversaires de plusieurs longueurs dans le sprint en côte.

Matthew Brennan en tenue de l'équipe Visma Lease a Bike
Matthew Brennan, 21 ans depuis le 6 août, a gagné la première étape en ligne du premier grand tour de sa carrière. Photo : Joost Pauwels, CC0 via Wikimedia Commons.

Quatre heures quarante-sept minutes quarante-sept secondes, avec quarante et un coureurs dans le même temps. Un sprint en côte, debout sur les pédales pendant vingt secondes, ne récompense pas les mêmes qualités qu’un emballage à plat : c’est là que la rigidité des chaussures se paie ou se rembourse, et que les purs sprinteurs se font sortir. Mads Pedersen finit quatrième, deux Français suivent, Hugo Hofstetter cinquième et Axel Laurance huitième.

Le vainqueur disputait son premier grand tour et sa première étape en ligne sur un grand tour. « Nous avons débuté la journée avec l’ambition pour Wout de décrocher le maillot rouge. De mon côté, je devais rester en retrait pour disputer le sprint au cas où la situation se calmerait. C’est exactement ce qui s’est passé. Le rythme a chuté en tête de course et Christophe a fait un travail formidable pour me guider à travers la nervosité du peloton », a-t-il raconté à l’arrivée. Il a ajouté, sans se forcer : « J’espère que ce ne sera pas ma dernière victoire sur un grand tour. »

Hayter a tenu la Roja pendant une vingtaine de kilomètres

L’échappée du jour tenait en quatre hommes : Diego Uriarte et Koen Bouwman partis les premiers, Sinuhé Fernandez ensuite, et Ethan Hayter qui a mis vingt-cinq kilomètres de chasse en solitaire pour les rejoindre. Vingt-cinq kilomètres à fond derrière une échappée, cela se gère au watt près, et c’est exactement le genre d’effort qu’un compteur GPS sert à ne pas rater. Bouwman ne l’avait même pas vu venir : « J’ignorais qu’Ethan Hayter nous prenait en chasse depuis 25 kilomètres. »

Ethan Hayter seul en tête de course sur une route de Provence
Ethan Hayter seul en tête pendant l’étape, avant d’être repris à 34 kilomètres de Manosque. Photo : Marianne Casamance, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Le Néerlandais a rentabilisé sa journée autrement : deux côtes de troisième catégorie au programme, l’Alto Châteauneuf-Grasse et le col de Saint-Andrieu, et six points de montagne sur six dans la musette. Il porte le maillot à pois, le premier Néerlandais à l’endosser sur la Vuelta depuis 2022.

Hayter, lui, a gagné le sprint intermédiaire de Gréoux-les-Bains et les six secondes de bonification qui allaient avec. À cet instant, il est virtuellement en rouge : deuxième du général le matin pour neuf centièmes de seconde, il avait de quoi prendre le maillot. Il est parti seul, a été repris à trente-quatre kilomètres de l’arrivée, puis il a rendu trente et une secondes dans la côte finale. Résultat : il passe de la deuxième à la treizième place, à vingt-neuf secondes. Il repart avec le prix de la combativité et cette phrase : « Ça aurait été vraiment chouette de porter le maillot rouge, on n’a pas souvent ce genre d’occasion sur les grands tours. Je pensais qu’il serait très difficile de finir dans le top 3 au sprint, alors je me suis dit que je n’avais rien à perdre. »

Léo Bisiaux, 20 ans, quatrième du général

Le meilleur Français de cette Vuelta est un néo-professionnel. Léo Bisiaux, coureur de Decathlon CMA CGM né en février 2005, était déjà sixième du chrono de Monaco. Il finit douzième à Manosque et se retrouve quatrième du classement général à douze secondes de Pogačar, deuxième du maillot blanc à deux secondes de Brennan.

Léo Bisiaux en course
Léo Bisiaux, 20 ans, quatrième du général au soir de l’étape 2. Photo : MFonzatti, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Il n’est pas seul. Son coéquipier Jordan Labrosse est dixième à vingt-sept secondes, Christophe Laporte douzième à vingt-huit, Axel Laurance quatorzième à trente. Quatre Français dans les quinze premiers d’un grand tour au soir de la deuxième étape, ce n’est pas si courant. Decathlon CMA CGM est quatrième du classement par équipes, à vingt-cinq secondes de UAE.

La plus longue étape de l’édition

Sur le papier, 214,3 kilomètres et 3 020 mètres de dénivelé positif, la plus longue étape de cette Vuelta. Départ fictif à midi de Monaco, vingt et un kilomètres de défilé jusqu’à Nice, départ réel à 12 h 42, puis la remontée vers la Haute-Provence et le plateau de Valensole.

Champ de lavande sur le plateau de Valensole
Le plateau de Valensole, traversé à trente-cinq kilomètres de l’arrivée. Photo : Espirat, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Monaco et Manosque entraient toutes les deux pour la première fois sur la carte de la Vuelta. Pogačar, qui garde son maillot rouge grâce aux trente et une secondes perdues par Hayter dans le final, est le troisième Slovène à le porter après Janez Brajkovič et Primož Roglič. « J’avais déjà beaucoup d’acide lactique dans les jambes et je suis content de prendre la troisième place. J’ai tout donné pour l’étape », a-t-il dit. Un seul abandon ce jour-là, celui de Sergio Chumil González. Le lendemain, la course est partie de Gruissan vers Font-Romeu et n’y est jamais arrivée : l’étape 3 a été annulée sous la grêle à seize kilomètres du but.