Alaphilippe raccroche à 34 ans, et les Français raflent Les Gets

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Photo : Malmont2012, CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons

Le cyclisme français a perdu vendredi celui qui l’a fait vibrer plus que personne, et gagné le même jour un doublé en Coupe du monde de VTT à domicile. Julian Alaphilippe met fin à sa carrière à 34 ans. Aux Gets, Adrien Boichis et Luca Martin ont pris les deux premières places du short track pendant que Mathieu van der Poel remontait de la quarante et unième à la dixième. Et le week-end n’est pas fini : la descente se court aujourd’hui, le cross-country demain.

Alaphilippe s’arrête à 34 ans, et il l’explique lui-même

L’annonce est tombée vendredi 21 août sur le site de son équipe, et elle est accompagnée d’un long entretien d’adieu. Deux titres mondiaux consécutifs, Imola 2020 et Louvain 2021. Milan-Sanremo et les Strade Bianche la même année 2019. Trois Flèche Wallonne, une Clásica San Sebastián, des victoires d’étape sur les trois grands tours. Et surtout quatorze jours en jaune sur le Tour 2019, l’été où la France s’est arrêtée de respirer.

Julian Alaphilippe salue le public au départ d'une étape du Tour de France 2023
Julian Alaphilippe sur le Tour de France 2023, sous les couleurs de Soudal Quick-Step. Photo : René Hourdry, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

« J’ai donné tout ce que j’avais, et le cyclisme m’a tout rendu. C’est pour ça que je peux le dire avec le sourire : j’arrête. Pas avec de la tristesse, mais avec une immense gratitude », dit-il dans le communiqué. Sur le timing, il ne s’embarrasse pas de courbes de puissance : il raconte s’être réveillé un matin en stage et avoir su que c’était sa dernière année. « J’ai toujours couru à l’instinct, en attaquant quand mes jambes brûlaient, pas quand les chiffres me disaient de le faire. »

L’entretien vaut surtout pour ce qu’il dit des années creuses. Le poumon perforé et les côtes cassées de Liège 2022, puis deux ans pendant lesquels tout le monde avait un avis sur ses résultats. Ce qu’il en retient, ce sont les gens restés : les coéquipiers qui roulaient encore pour lui, les spectateurs qui applaudissaient quand il passait un col cinquantième. Le regret qu’il cite n’est pas une défaite mais un excès de confiance, Liège 2020, les bras levés trop tôt. Sa phrase la plus juste sur lui-même tient en une ligne : il préfère perdre dix fois en attaquant que gagner une fois parce que la voiture lui a dicté sa course. Il ne donnera pas d’interview et ne fera pas d’autre déclaration.

Aux Gets, Boichis et Martin signent un doublé français

Vendredi, le short track a rouvert la saison de cross-country après six semaines de coupure, sur une piste détrempée le matin puis à peine ressuyée. Chez les hommes, Adrien Boichis a placé son accélération sur la dernière montée, est passé devant Luca Martin et n’a plus été repris. Troisième victoire de la saison en short track pour lui, doublé français devant un public compact, et une avance portée à 170 points au classement de la spécialité. Derrière, l’Allemand David List, qui avait mené quatre tours en solitaire, décroche son premier podium.

Vue aérienne des pistes en lacets du bike park des Gets
Les pistes VTT des Gets, vues du ciel. Photo : Marcus Hansson, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons.

« Ça fait plaisir de voir autant de supporters français, ça donne clairement de l’énergie en plus. C’était vraiment dur. On n’avait pas couru de short track depuis longtemps et c’est impossible de reproduire cette intensité à l’entraînement », a résumé Boichis après la course. Chez les femmes, la Suissesse Sina Frei a fait la même chose autrement : elle a durci le rythme tour après tour jusqu’à ce que Jenny Rissveds et Savilia Blunk lâchent dans le dernier tour. Troisième succès de la saison, cinquième en carrière, et quatre-vingts points d’avance au général à deux manches de la fin. Chez les moins de 23 ans, Valentina Corvi a signé une troisième victoire d’affilée. Si le format vous donne des idées, on a comparé les VTT de cross-country de la saison.

Van der Poel : parti quarante et unième, arrivé dixième

C’était son premier short track depuis 2021, et il l’a abordé depuis la quarante et unième place sur la grille. Autant dire le fond du peloton, sur un format de vingt minutes où doubler coûte cher.

Mathieu van der Poel en course de cyclo-cross en 2020
Mathieu van der Poel, ici aux championnats du monde de cyclo-cross en 2020. Photo : s.yuki, CC BY 2.0 via Wikimedia Commons.

Il a repris plus d’une douzaine de places dans la première montée et pointait vingt-quatrième au bout d’un tour. À mi-course, il était dans le groupe de tête. C’est là que ça a coincé : très fort en montée, moins à l’aise dans la descente technique, il a évité la chute de justesse dans le dernier pierrier au sixième tour, avec un rattrapage spectaculaire. Il a ensuite levé le pied, visiblement plus intéressé par un bon résultat et des tours de piste que par un pari à tout casser. Dixième à l’arrivée. Le Néerlandais reste le recordman de la spécialité avec dix victoires en short track, et il court après le seul maillot arc-en-ciel qui lui manque : il a déjà gagné ceux de la route, du cyclo-cross et du gravel.

Aujourd’hui la descente, demain le cross-country

La journée de descente commence à 11 h 30 avec la finale des juniores, et les Français ont de quoi espérer. Max Alran, 19 ans, champion du monde junior en titre, a signé sa première victoire en qualification de Coupe du monde sur la piste du Mont-Chéry, en 3 min 51 s 891. Le Belge Martin Maes échoue à 71 centièmes, et le troisième s’appelle Till Alran : son frère jumeau, qui menait largement avant de perdre près de trois secondes dans le final.

Un vététiste dans une piste de descente en forêt aux Gets
Une piste de descente des Gets. Photo : Hugh Lunnon, CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons.

Sept Français figurent dans la finale à trente coureurs, dont Amaury Pierron, deux fois vainqueur ici en 2019 et en 2024. Le leader du classement, le Britannique Jordan Williams, n’a qualifié que le quatrième temps, dans une équipe amputée de Finn Iles et de Loïc Bruni, tous deux blessés. Chez les femmes, Valentina Höll a dominé les qualifications, seule Marine Cabirou terminant dans ses deux secondes. L’Autrichienne peut sceller son cinquième globe de descente dès aujourd’hui, à condition de gagner sur une piste où elle ne s’est jamais imposée en élite. Sur une piste de descente, le casque intégral n’est pas une option, et le bike park des Gets le rappelle chaque été aux amateurs qui empruntent les mêmes pentes. Demain, le cross-country prend le relais avec les moins de 23 ans à 9 heures et 11 heures, puis les femmes à 13 heures et les hommes à 15 heures, dernière répétition avant les Mondiaux de Val di Sole la semaine prochaine.