Si vous courez des trails longs et plutôt roulants, en cherchant à tenir une allure élevée pendant des heures, l’Ultrafly transpose sur les sentiers les sensations d’une chaussure de route à plaque. Mousse ZoomX, plaque carbone, semelle Vibram : dès les premières foulées, le rebond et la poussée vers l’avant sont très marqués. Mais dès que la pente se redresse et que le terrain se complique, la plaque se retourne contre vous.
Note Grimpeez : 8,2/10
Barème pondéré chaussure de trail (amorti et protection 25 %, accroche 20 %, stabilité 15 %, dynamisme 15 %, légèreté 10 %, confort 10 %, durabilité 5 %). La durabilité n’est pas notée : le compte rendu d’origine ne donne pas assez de recul sur l’usure, la note est calculée sur les six autres critères. Comment on note.
Caractéristiques essentielles
| Usage | Trail rapide et compétition, longue distance |
|---|---|
| Semelle intermédiaire | Mousse ZoomX, plaque en fibre de carbone Flyplate |
| Semelle extérieure | Vibram Megagrip, crampons en chevrons |
| Tige | Vaporweave, respirante |
| Poids | 273 g en 42, annoncés par i-Run |
| Drop | 8 mm selon i-Run |
| Prix | 250 € prix de référence chez i-Run ; de 122 à 175 € chez i-Run en septembre 2026 |
Sur sentier roulant : le rebond d’une chaussure de route
Dès les premières foulées, on retrouve l’ADN des Vaporfly et Alphafly. Sur le plat et les sentiers peu techniques, j’avais l’impression de flotter au-dessus du sol, sans perdre d’accroche. La foulée est fluide, grâce au léger rocker et à la rigidité de la semelle. En relance sur chemin roulant, c’est un régal : la chaussure pousse à accélérer.
L’épaisse semelle ZoomX absorbe bien les chocs. Après plusieurs heures, j’ai senti nettement moins de fatigue musculaire qu’avec des chaussures plus fermes. Sur les portions roulantes et même en descente rapide, l’appui reste sûr, sans impression de tanguer malgré la hauteur. La base large y est pour beaucoup.
Accroche : collée aux dalles mouillées
C’est la bonne surprise. Pendant le test, l’Ultrafly est restée collée au sol sur des dalles mouillées et des racines humides, sans décrocher. Sur sol sec, rocheux ou terre dure, elle accroche comme du velcro. Les anciennes Nike de trail avaient la réputation de glisser sur le mouillé ; la semelle Vibram règle la question.
Les crampons sont peu profonds : ce n’est pas une chaussure de bourbier. Dans la boue modérée, elle se défend pourtant bien. En descente, les crampons en chevrons inversés au talon freinent bien dans les pentes raides, et on peut lâcher les freins.
Dans le raide et le technique, la plaque gêne
Sur des pentes modérées, en montée comme en descente, la plaque aide : tant qu’on court et qu’on garde du rythme, elle donne un vrai coup de pouce. Sur des sentiers vallonnés qui enchaînent côtes et descentes roulantes, elle est dans son élément.
Plus la pente se redresse et plus on ralentit, plus ses limites apparaissent. Dans les montées très raides où l’on finit en marche rapide, la semelle rigide gêne la flexion naturelle du pied : on a du mal à casser la chaussure au niveau des orteils, et la pointe accroche moins sur les appuis précaires. On monte quand même, mais on se bat un peu contre la chaussure.
Dans un pierrier, un éboulis ou des racines en enfilade, sa largeur et sa rigidité manquent de précision. Là où une chaussure plus étroite et souple se faufile, l’Ultrafly donne une sensation de flottement, et on peut taper la semelle ou trébucher. En descente sur du très cassant, grosses marches ou blocs, la plaque transmet davantage les chocs et on perd en finesse de toucher. Pour ces terrains, notre comparatif des chaussures de trail propose des modèles plus agiles.
Confort et chaussant
J’ai apprécié le confort général. L’avant est ample, ce qui est inhabituel chez Nike : les orteils ont de la place, et le pied peut gonfler sur un ultra sans frotter. La languette est fine et juste assez matelassée pour protéger des lacets. Le mesh est si aéré qu’on oublie la chaussure, même par temps chaud. Sur de longues heures, pas de point dur ni de compression, et la rigidité de la semelle ne m’a pas causé de douleur plantaire, y compris en marchant.
Deux revers. Cette tige très ouverte laisse entrer la poussière et le sable fin, à prendre en compte sur les sentiers sablonneux. Et si vous avez le pied fin, la largeur à l’avant vous obligera à bien bloquer le pied avec les lacets. Détail : le coloris blanc du lancement se salit vite, et le tissu autour de la semelle accroche la boue.
Ultrafly ou Ultrafly 2 ?
Nike vend la deuxième version sous le nom ACG Ultrafly Trail (référence HF5668), que certains marchands appellent Ultrafly 2. D’après Nike, elle reprend les éléments du modèle d’origine en les faisant évoluer :
- une plaque carbone sur toute la longueur plus souple que celle de l’Ultrafly d’origine ; i-Run parle de 30 % de rigidité en moins ;
- une mousse ZoomX et une semelle Vibram Megagrip, pensée pour mieux accrocher sur terrain humide ;
- une tige en mesh conçue pour évacuer l’eau, et selon i-Run un meilleur maintien interne ;
- environ 287 g en 44 et un drop de 8,5 mm, annoncés par Nike.
Sur le papier, la plaque assouplie vise précisément ce qui m’a gêné dans le raide et le technique. Le prix aussi a bougé : l’ACG Ultrafly Trail est affichée 249,99 € chez Nike et se trouve de 165 à 250 € chez i-Run selon le coloris, quand l’Ultrafly d’origine descend à 122 € en femme et 140 € en homme. Si vous courez surtout sur du roulant, la première version à ce prix reste une très bonne affaire. Si vos parcours montent fort, la 2 mérite l’écart.
Points forts et points faibles
| On aime | On aime moins |
|---|---|
| Rebond et relance d’une chaussure de route à plaque | Plaque rigide dans les montées très raides |
| Collée aux dalles mouillées et aux racines humides | Manque de précision en pierrier et sur blocs |
| Moins de fatigue musculaire après plusieurs heures | Laisse entrer poussière et sable fin |
| Avant ample, aucun point dur sur la durée | Plus lourde que d’autres chaussures carbone |
| Stable sur le roulant et en descente rapide | Coloris blanc salissant |
Notre avis : pour qui ?
L’Ultrafly est une chaussure de niche. Sur des ultras rapides et peu techniques, sentiers forestiers, crêtes roulantes, monotraces lisses, elle fait gagner du temps et de la fraîcheur. À allure lente ou en randonnée, sa plaque n’apporte que de la rigidité. Je la recommande aux coureurs qui ont déjà l’habitude des chaussures dynamiques, voire des modèles route à plaque.
Pour la même idée chez Hoka, lisez notre test de la Tecton X3, plus légère et au chaussant plus lâche. Pour un parcours plus technique, notre comparatif des chaussures d’ultra-trail et notre guide pour choisir ses chaussures de trail vous aideront à trancher.
Prix et disponibilité
Nike ZoomX Ultrafly Trail 8,2/10
Nike
Le meilleur pour · les ultras rapides et peu techniques
ZoomX, plaque carbone Flyplate, Vibram Megagrip. 140 € en homme et 122 € en femme chez i-Run au 24 septembre 2026, contre 250 € de prix de référence.
L’ACG Ultrafly Trail (Ultrafly 2) est disponible chez i-Run à partir de 165 €.
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Questions fréquentes
Quels sont les avis sur la Nike Ultrafly Trail ?
Notre note est de 8,2/10. Elle rebondit comme une chaussure de route à plaque, accroche sur les dalles mouillées et limite la fatigue sur plusieurs heures. Ses limites : une plaque rigide dans les montées très raides, un manque de précision en terrain très technique et une tige qui laisse passer le sable.
Quelle est la différence entre l’Ultrafly et l’Ultrafly 2 ?
L’Ultrafly 2, vendue par Nike sous le nom ACG Ultrafly Trail, a une plaque carbone plus souple que l’originale (30 % de rigidité en moins selon i-Run), une tige qui évacue l’eau et un meilleur maintien interne. Nike annonce 287 g en 44 et un drop de 8,5 mm. Nous n’avons testé que la première version.
L’Ultrafly accroche-t-elle sur le mouillé ?
Oui. Pendant le test, elle est restée collée au sol sur des dalles mouillées et des racines humides. Ses crampons peu profonds la limitent en revanche dans la boue épaisse.
Quelle est la meilleure chaussure Nike pour le trail ?
Ça dépend du terrain. Pour aller vite sur du roulant, l’Ultrafly. Pour du technique ou de l’entraînement quotidien, une Nike sans plaque sera plus tolérante. Notre comparatif des chaussures de trail classe les modèles par usage, toutes marques confondues.
L’Ultrafly convient-elle pour un ultra-trail ?
Pour un ultra roulant et peu technique, oui : son amorti préserve les jambes et sa plaque soutient le rythme. Sur un parcours très montagneux avec pierriers et murs raides, une chaussure plus souple sera plus sûre.