Seynes, début août, une journée de couenne. Quinze minutes de piste, une corde de 60 m, le baudrier, les dégaines, deux gourdes et de quoi déjeuner : c’est le programme pour lequel Petzl vend le Bug, un sac de 18 litres conçu pour qu’on grimpe avec sur le dos. Sur ce format, tout se joue sur deux points. Est-ce que le matériel d’une journée rentre ? Et est-ce que le sac gêne une fois dans la voie ?
Note Grimpeez : 9/10
Barème pondéré sac d’escalade, noté après deux sorties : la robustesse est une note provisoire, elle bougera avec l’usage. Comment on note.
Quinze minutes de piste jusqu’au pied de la falaise, corde sanglée sur le dessus. Le sac reste plaqué et ne balance pas.
Caractéristiques essentielles
| Volume | 18 litres, taille unique |
|---|---|
| Poids | 665 g annoncés, 700 g sur notre balance, filet porte-casque compris |
| Matières | Polyester 100 % recyclé, panneau frontal enduit TPU, fond et côtés en textile haute ténacité |
| Ouverture | Par le haut, sur trois quarts de tour, à l’opposé de l’anse de hissage |
| Rangements | Grande poche frontale zippée, deux poches internes, compartiment rembourré ordinateur ou poche à eau, porte-clés |
| Portage | Sangle de corde sur le dessus, deux sangles de compression latérales, ceinture ventrale amovible, filet porte-casque amovible |
| Garantie | 3 ans |
| Prix public | Autour de 90 € |
Ce qui rentre vraiment dedans
Sur le papier, 18 litres paraissent justes pour une journée de falaise. On a donc tout étalé au sol avant de charger, sans rien retirer de ce qu’on emmène d’habitude.
Tout l’essentiel rentre, à condition que la corde voyage sur le dessus. C’est le mode d’emploi du sac, et il fonctionne. Mieux : une fois tout rangé, chaussons compris à l’intérieur, il restait encore assez de volume pour glisser une troisième gourde. Le Bug ne se déforme pas non plus une fois chargé : là où la plupart des petits sacs d’escalade gonflent en poire dès qu’on les remplit, celui-ci garde sa forme rectangulaire et reste plaqué au dos.
La limite se devine. Si vous partez à trois avec deux cordes, un jeu de coinceurs et le pique-nique de tout le monde, il faudra un autre sac. Celui-là est fait pour une personne, une journée.
L’organisation intérieure
L’ouverture par le haut s’ouvre à l’opposé de l’anse de hissage, ce qui permet d’aller chercher quelque chose au relais sans vider la moitié du sac dans la pente. Au sol, on voit tout d’un coup d’œil.
Rien de spectaculaire, mais chaque poche sert. La poche du rabat prend le portefeuille et le téléphone et reste accessible quand le compartiment principal est plein. Le topo, lui, se glisse à plat contre le dos, dans le compartiment prévu pour un ordinateur, et ne se corne pas.
La grande poche frontale zippée est faite pour ce qu’on veut attraper sans ouvrir le sac. Son ouverture verticale est un peu étroite : les topos passent, mais il faut les présenter droit, et sur un grand format à couverture rigide, ça coince.
Le portage de corde
Une sangle centrale passe sur le dessus du sac, deux sangles latérales viennent verrouiller l’ensemble. Le réglage se fait d’une main, en tirant, sans boucle à enfiler. Une fois serrée, la corde ne bouge plus, y compris en marchant vite et en descendant dans les cailloux.
Une réserve : le maintien est très bon sac plein, moins bon sac presque vide. Sans volume à l’intérieur pour faire assise, la corde s’affaisse et les sangles n’ont plus grand-chose à comprimer. Rien de gênant au quotidien, il suffit d’y penser les jours où on part léger.
Le filet porte-casque
Le filet se clippe sur la face avant et se retire entièrement quand on n’en a pas besoin, ce qui permet au Bug de passer en sac de ville sans avoir l’air d’un sac d’escalade.
Comportement en grimpe
Le Bug est assez fin pour suivre les mouvements sans accrocher le rocher. Il se porte haut sur le buste, ce qui laisse les hanches libres et garde le porte-matériel du baudrier entièrement accessible. On attrape une dégaine sans avoir à se contorsionner, et tête levée, le haut du sac ne vient pas taper dans le casque.
« C’est dur de lui trouver des défauts lorsque l’on achète ce produit pour avoir un sac compact avec l’intention de grimper avec. C’est sûrement ce qui se fait de mieux à ce jour pour ce besoin spécifique. »
Une précision quand même : ces deux journées se sont passées en couenne. Le comportement en enchaînement de longueurs, avec hissage et relais suspendu, reste à confirmer sur une grande voie dédiée.
Sur deux gabarits
Le réglage suit à chaque fois, y compris sur quelqu’un de bien plus grand que nous. Le panneau dorsal est large, autour de 40 cm, et c’est en général ce qui fait rater les petits gabarits chez les concurrents : ici, le sac reste haut et plaqué sans déborder des épaules.
Points forts et points faibles
| On aime | On aime moins |
|---|---|
| Se fait oublier une fois dans la voie : fin, porté haut, hanches et baudrier libres | Accroches extérieures latérales qui déséquilibrent la charge |
| Indéformable, plein comme vide, là où les petits sacs gonflent en poire | Maintien de la corde moins bon quand le sac n’est pas rempli |
| Portage de corde stable et réglable d’une main | Poche frontale étroite pour les gros topos |
| Filet porte-casque amovible réellement utile | 700 g pour 18 litres, c’est le prix du confort |
| Rangements bien pensés, porte-clés compris | Ventilation non tranchée : nos approches étaient courtes et matinales |
| Ouverture par le haut qui ne se vide pas au relais | En noir intégral, le design ne raconte rien |
| Bascule en sac de tous les jours, ordinateur compris | Deux sorties au compteur : la tenue dans le temps reste à voir |
Notre avis : pour qui ?
Si vous grimpez à la journée et que vous voulez un sac qui ne vous rappelle pas son existence pendant que vous enchaînez, le Bug fait le travail mieux que la plupart. Ses 18 litres imposent de porter la corde dessus, ce qui est justement ce pour quoi il est construit. C’est aussi un bon choix si vous ne voulez qu’un seul sac pour la falaise et pour la semaine.
Si vous portez pour deux, si vous approchez avec le matériel de toute la cordée, ou si vous partez en montagne avec un piolet, regardez ailleurs : notre comparatif des sacs à dos d’escalade couvre les formats au-dessus, à commencer par l’Ortovox Trad 28 pour dix litres de plus et l’Edelrid Crag Jack 37 pour le portage lourd.
Deux réserves qu’on assume : les 700 g relevés sur la balance ne sont pas un poids plume pour 18 litres, mais c’est la contrepartie de la matière rigide et du dos rembourré, et sur ce format on préfère largement un sac qui tient sa forme. Quant à la ventilation, nos deux séances ont eu lieu en matinée avec quinze minutes de marche : sur une approche d’une heure en plein cagnard, ce serait une autre histoire, et on complétera quand on l’aura faite.
Prix et disponibilité
Petzl Bug 9/10
Petzl
Le meilleur pour · grimper avec sur le dos, à la journée
18 litres, 700 g pesés, trois ans de garantie. Affiché autour de 90 € en prix public, on l’a trouvé entre 74,90 € et 79,90 € selon le coloris chez Ekosport au moment de notre test.
Lien affilié : si vous achetez via ce lien, Grimpeez touche une commission sans surcoût pour vous. Ça ne change rien à ce qui est écrit plus haut. Notre politique d’affiliation.
Questions fréquentes
18 litres suffisent-ils pour une journée de couenne ?
Pour une personne, oui, avec la corde portée à l’extérieur. On y a mis baudrier, casque, chaussons, 12 dégaines, magnésie, deux gourdes, le repas et les affaires perso, et il restait de quoi ajouter une troisième gourde. Pour deux personnes ou deux cordes, il faut viser 30 litres et plus.
La corde tient-elle bien sur le dessus ?
Oui, grâce à une sangle centrale et deux sangles latérales réglables d’une main. Le maintien est nettement meilleur quand le sac est plein : à moitié vide, la corde s’affaisse.
Combien pèse-t-il réellement ?
700 g sur notre balance, filet porte-casque compris, contre 665 g annoncés par Petzl. L’écart ne se sent pas sur le terrain.
Un ordinateur portable rentre-t-il ?
Oui, dans le compartiment rembourré prévu pour la poche à eau. C’est ce qui permet de s’en servir aussi en semaine.
Est-il adapté à la grande voie ?
C’est sa vocation première : format compact, portage haut, ouverture qui ne se vide pas au relais, anse de hissage. Notre test s’est fait en couenne, on mettra l’article à jour après une grande voie.