Il y a deux façons d'aller chercher la poudreuse que personne n'a tracée : payer une remontée, ou monter à pied. Le splitboard sert à la seconde. C'est une planche coupée en deux dans la longueur, qui se sépare en deux skis pour grimper peaux collées dessous, puis se referme au sommet pour redevenir un snowboard. Les rayons en proposent une douzaine, rarement avec un avis, et presque jamais avec le vrai prix de l'aventure : planche, fixations, peaux et matériel de sécurité. Six planches de 490 à 874 euros, classées par usage.
Le comparatif en un coup d’œil
| Modèle | Budget | Note | Prix | Le meilleur pour | Lien |
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Nitro NomadNitro
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Le premier splitboard : l'entrée sérieuse | 8.1 | 509.9 € | essayer le splitboard sans payer d'emblée une planche d'expert | Voir → |
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Rossignol XV Sushi WideRossignol
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La poudre : courte, large, joueuse | 8.3 | 489.99 € | le rideur qui monte d'abord pour la poudre et les sous-bois | Voir → |
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Rossignol After HoursRossignol
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Femme : la split de Marion Haerty | 8.1 | 524.99 € | la rideuse intermédiaire à experte qui veut une vraie planche de femme pour la pente | Voir → |
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Jones Frontier 2.0 SplitJones
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La polyvalente : une seule split pour tout faire | 8.2 | 574.9 € | le rideur qui ne veut posséder qu'une seule split | Voir → |
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Nitro DopplegangerNitro
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L'engagée : pentes raides et neige dure | 8.2 | 599.9 € | le rideur confirmé qui monte pour des faces raides et veut une carre qui ne lâche pas | Voir → |
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Amplid Milligram SplitAmplid
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L'ultraléger : les longues montées | 8.4 | 874.3 € | le randonneur qui compte chaque gramme porté à la montée | Voir → |
Le premier splitboard : l'entrée sérieuse
Nitro Nomad 8.1/10
Nitro
Le meilleur pour · essayer le splitboard sans payer d'emblée une planche d'expert
Combien faut-il mettre pour essayer le splitboard ? Chez Nitro, la réponse s'appelle Nomad. La marque la présente comme sa split la plus abordable, pensée du premier splitboard jusqu'au niveau avancé. Shape directionnel, flex 6 sur 10, noyau bois : une planche qui pardonne les virages approximatifs de fin de journée, quand les jambes ont déjà avalé la montée. Crochets en aluminium forgé et accroche de peaux Nitro x Kohla : l'équipement des modèles plus chers. Le défaut est dans la grille des tailles : 156, 159 et 162 cm, les deux dernières élargies. Les petits gabarits n'y trouveront pas leur taille. 509,90 euros, peaux vendues à part.
On aime
- Flex 6 sur 10 : tolérante pour une première saison
- Crochets aluminium et accroche de peaux des modèles haut de gamme
- Le ticket d'entrée le plus bas chez un spécialiste du split
On aime moins
- Pas de taille sous 156 cm : exclut les petits gabarits
- Peaux vendues à part, à ajouter au budget
La poudre : courte, large, joueuse
Rossignol XV Sushi Wide 8.3/10
Rossignol
Le meilleur pour · le rideur qui monte d'abord pour la poudre et les sous-bois
Le matin où il est tombé quarante centimètres, la longueur ne sert plus à grand-chose : c'est la surface qui porte. La XV Sushi Wide pousse cette logique au bout, avec un shape de fish directionnel très court et 27,6 cm de large au patin en 145 cm. La queue fendue laisse couler l'arrière et la planche pivote entre les arbres là où une longue freeride réclame de la place. Rossignol l'annonce du débutant à l'expert, avec un flex moyen et un profil à dominante cambrée qui garde de la tenue quand la neige durcit. La version Wide vise les grandes pointures. À haute vitesse sur neige dure, sa faible longueur se paie en stabilité. 489,99 euros, la moins chère de la sélection.
On aime
- Shape fish court et large : la portance sans la longueur
- Pivote facilement en sous-bois
- La moins chère des six
On aime moins
- Moins stable qu'une planche longue à haute vitesse
- Version Wide : trop large pour les petites pointures
Femme : la split de Marion Haerty
Rossignol After Hours 8.1/10
Rossignol
Le meilleur pour · la rideuse intermédiaire à experte qui veut une vraie planche de femme pour la pente
Marion Haerty a gagné quatre fois le Freeride World Tour, et c'est avec elle que Rossignol a dessiné la version split de l'After Hours. Rossignol la veut plus étroite, donc plus légère, que la Sashimi Split de Xavier De Le Rue, avec davantage de cambre, des rayons de courbe plus courts et un pintail discret. Cette géométrie promet des virages serrés dans les couloirs et de la tenue de carre sur la neige dure du retour. Flex 7 sur 10, pour rideuse intermédiaire à experte : une débutante en hors-piste la trouvera exigeante. Deux tailles seulement, 153 et 156 cm. 524,99 euros.
On aime
- Développée avec une quadruple championne du Freeride World Tour
- Plus étroite et plus légère que la Sashimi Split
- Rayons courts : à l'aise dans les couloirs
On aime moins
- Flex 7 : exigeante pour une débutante
- Deux tailles seulement, 153 et 156 cm
La polyvalente : une seule split pour tout faire
Jones Frontier 2.0 Split 8.2/10
Jones
Le meilleur pour · le rideur qui ne veut posséder qu'une seule split
Si vous ne deviez posséder qu'une split, pour la poudre de janvier comme pour la neige transformée d'avril, la Frontier 2.0 coche le plus de cases. Jones la résume en trois mots : exploration, polyvalente, intuitive. Shape directionnel de freeride, flex accessible, cambre entre les fixations et rocker plus marqué au nez qu'au talon : le nez passe au-dessus de la fraîche, le cambre garde l'accroche quand la neige gratte. Six tailles de 156 à 164 cm, dont trois Wide. Le plus gros reproche : elle ne brille dans aucun registre extrême, ni la très grosse pente ni la course au gramme. 574,90 euros.
On aime
- La plus polyvalente de la sélection
- Six tailles dont trois Wide
- Nez rockeré qui flotte, cambre qui accroche
On aime moins
- Ni la plus légère, ni la plus engagée
- Pas de taille sous 156 cm
L'engagée : pentes raides et neige dure
Nitro Doppleganger 8.2/10
Nitro
Le meilleur pour · le rideur confirmé qui monte pour des faces raides et veut une carre qui ne lâche pas
Flex 8 sur 10, laminés carbone à 90°, noyau Koroyd à structure alvéolaire : la Doppleganger est la planche la plus raide de cette sélection. Le profil Cam-Out met du cambre franc entre les points de contact et du rocker aux extrémités, pour mordre une face gelée à la descente sans couler dans la fraîche. Nitro y ajoute un détail qui compte à la montée : des Hike Pods, des patins d'accroche sous les fixations en mode ski. Les cinq tailles vont de 148 à 164 cm, dont trois élargies. Le revers : sous un rideur moyen ou fatigué, une planche aussi rigide ne pardonne pas les appuis approximatifs. 599,90 euros.
On aime
- La plus rigide et la plus précise des six
- Hike Pods : de l'accroche sous le pied à la montée
- Noyau Koroyd et carbone : de la rigidité sans le poids du bois plein
On aime moins
- Flex 8 sur 10 : trop exigeante pour un rideur moyen
- Peu de plaisir sur une sortie tranquille en neige molle
L'ultraléger : les longues montées
Amplid Milligram Split 8.4/10
Amplid
Le meilleur pour · le randonneur qui compte chaque gramme porté à la montée
874,30 euros pour une planche seule : c'est cher, point. Ce qu'on paie, c'est la légèreté, et sur 1 500 mètres de dénivelé en peaux, le poids se sent à chaque pas. Amplid présente la Milligram comme la split la plus légère du marché : habillage carbone, noyau HEXO2 qui remplace le bois des spatules par un nid d'abeille, et une petite queue en hirondelle qui retire de la surface derrière le pied arrière pour laisser couler la planche en poudre. Amplid y a ajouté un joint souple dans la jonction centrale, contre les craquements. Le revers de l'ultraléger : moins de masse, c'est aussi moins d'amorti dans une neige irrégulière. Pour qui enchaîne les longues sorties, la dépense se défend.
On aime
- Présentée par Amplid comme la split la plus légère du marché
- Spatules en nid d'abeille : moins de poids en bout de planche
- Jonction centrale traitée contre les craquements
On aime moins
- Le prix : 874,30 euros pour la planche seule
- Moins d'amorti qu'une construction plus lourde en neige irrégulière
Qu'est-ce qu'un splitboard, et en quoi il diffère d'un snowboard
À la montée, les deux moitiés d'un splitboard deviennent deux skis : une peau de phoque collée sous chacune, les fixations tournées dans l'axe et libres au talon, on grimpe comme en ski de randonnée. Au sommet, on décolle les peaux, on referme la planche avec les crochets de la jonction et les clips des spatules, on remet les fixations en travers, et c'est un snowboard. Le snowboard qui se transforme en skis, c'est lui.
Le premier écart avec une planche classique, c'est le poids : crochets, clips et renforts de jonction alourdissent l'ensemble, et chaque gramme se porte à la montée. La jonction, ensuite : deux moitiés assemblées ne retrouvent jamais tout à fait la rigidité en torsion d'une planche d'un seul tenant, ce que les marques compensent par le cambre et les renforts. Et une fixation de snowboard ordinaire ne se monte pas. Pour la taille, la règle du freeride s'applique : au poids du rideur, et nettement plus court pour les shapes courts et larges.
Planche, fixations, peaux, sécurité : le vrai budget
La planche n'est que la première ligne de la facture. Sur cette sélection, elle coûte de 490 à 874 euros. Viennent ensuite les fixations de splitboard, de 300 euros environ chez Union à 540 euros chez Karakoram, avec une compatibilité à vérifier avant d'acheter : les Burton Step On Split n'acceptent par exemple que des boots Step On. Puis les peaux, taillées à la forme de la planche, de 154 à 187 euros quand elles ne sont pas livrées avec la planche (Nitro les vend à part). Et le trio de sécurité DVA, pelle et sonde, entre 450 et 520 euros en pack.
L'addition tourne autour de 1 400 euros pour le kit le moins cher de cette page, et dépasse 2 100 euros pour le plus haut de gamme, hors boots et bâtons. Les packs planche et fixation règlent la question de la compatibilité mais ferment le choix : si vous possédez déjà des fixations de split, la planche seule est la bonne affaire. Pour un premier hiver, louer un kit complet reste le moyen le plus sûr de savoir si la montée vous plaît autant que la descente.
Sécurité : le splitboard commence là où la piste s'arrête
Un splitboard sert à quitter le domaine sécurisé : personne n'a déclenché préventivement la pente que vous allez tracer. Le DVA, la pelle et la sonde font partie du kit au même titre que les peaux, et ils ne servent qu'à qui sait les utiliser vite, sous stress. Une formation à la recherche de victimes d'avalanche passe avant l'achat de la planche. Avant chaque sortie, le bulletin d'estimation du risque d'avalanche publié par Météo-France donne le niveau de risque massif par massif.
Le comparatif des DVA détaille les appareils, le guide d'utilisation du DVA les gestes de la recherche. Les boots comptent aussi : une boots de snowboard classique suffit pour débuter, mais les modèles dédiés au split, à semelle crantée et parfois compatibles crampons, rendent la montée et les passages raides plus sûrs.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un splitboard ?
Une planche de snowboard coupée en deux dans la longueur. À la montée, chaque moitié devient un ski avec une peau de phoque dessous ; au sommet, on réassemble les deux moitiés pour descendre en snowboard.
Quelle est la différence entre un snowboard et un splitboard ?
Le splitboard se sépare en deux pour monter en peaux, le snowboard non. Il est donc plus lourd, un peu moins rigide en torsion à cause de sa jonction, plus cher, et il demande des fixations et des peaux spécifiques. En descente, les bons modèles se rident comme une planche de freeride.
Quel splitboard choisir ?
Selon l'usage : la Nitro Nomad pour débuter (509,90 euros), la Rossignol XV Sushi Wide pour la poudre (489,99 euros), la Rossignol After Hours côté femmes (524,99 euros), la Jones Frontier 2.0 pour une seule split polyvalente (574,90 euros), la Nitro Doppleganger pour les pentes raides (599,90 euros) et l'Amplid Milligram pour les longues montées (874,30 euros).
Faut-il des fixations spéciales pour un splitboard ?
Oui : une fixation de splitboard, qui pivote dans l'axe pour la montée et se verrouille en travers pour la descente. Comptez 300 à 540 euros, en vérifiant la compatibilité avec vos boots (les Burton Step On Split exigent des boots Step On).
Peut-on acheter un splitboard d'occasion ?
Oui, c'est même une bonne porte d'entrée, à condition de vérifier que crochets et clips ferment sans jeu, que la jonction centrale ne présente ni éclat ni décollement, et que les carres sont continues. Des peaux usées se remplacent facilement, une jonction abîmée ne se répare pas.