Il est tombé trente centimètres dans la nuit, le télésiège ouvre dans dix minutes, et la question n'est plus « où » mais « avec quoi ». Le ski freeride, c'est le ski de cette matinée-là : large sous le pied, relevé à l'avant, fait pour flotter plutôt que pour couper. Le problème, c'est le rayon : de 100 à 120 mm de large, des prix de 370 à plus de 900 euros, des noms de gamme qui ne disent rien. Six modèles de 373 à 651 euros ici, rangés par profil, du polyvalent qui rentre sur la piste au ski des jours de grosse poudreuse. Et parce qu'on ne skie pas hors des pistes sans DVA, on en parle aussi.
Le comparatif en un coup d’œil
| Modèle | Budget | Note | Prix | Le meilleur pour | Lien |
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Blizzard Rustler 10 + fixationsBlizzard
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Le choix pour la majorité | 8.7 | 651 € | le skieur qui veut UN ski freeride qui rentre sur la piste, fixations comprises | Voir → |
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Nordica Enforcer 104Nordica
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Le chargeur en neige variable | 8.4 | 540 € | le skieur fort qui skie la neige coupée, croûtée, trafollée, à vitesse | Voir → |
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Elan Ripstick 102Elan
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Léger et accessible | 8.3 | 468 € | le skieur qui découvre le hors-piste et veut un ski qui pardonne | Voir → |
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Line Vision 104Line
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Léger : freeride et freerando | 7.9 | 373 € | celui qui remonte parfois à peaux et veut un ski large sans le poids | Voir → |
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Rossignol Rallybird Soul 102Rossignol
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Femme | 8.2 | 400 € | la skieuse qui veut un ski freeride pensé pour son gabarit | Voir → |
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Atomic Bent Chetler 120Atomic
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Poudreuse profonde | 7.9 | 540 € | les jours où il est tombé cinquante centimètres, et rien d'autre | Voir → |
Le choix pour la majorité
Blizzard Rustler 10 + fixations 8.7/10
Blizzard
Le meilleur pour · le skieur qui veut UN ski freeride qui rentre sur la piste, fixations comprises
Le Rustler 10 est le ski freeride qu'on cite en premier depuis plusieurs hivers, et la raison tient en un chiffre : 102 mm au patin, la largeur qui flotte dans trente centimètres de fraîche le matin et qui accroche encore sur la piste damée du retour. Blizzard y met du Titanal, mais pas partout : une plaque qui se rétrécit vers les extrémités, pour un ski stable sous le pied et vivant aux spatules. Vendu ici en pack avec fixations, 651 euros, ce qui règle la question du montage. Le reproche : ce n'est pas un ski de poudreuse profonde. Pour un seul ski freeride, c'est celui-là.
On aime
- 102 mm : flotte le matin, accroche le soir
- Titanal sous le pied, spatules vivantes
- Pack avec fixations : un seul achat
On aime moins
- Pas un ski de poudreuse profonde
- Le prix, même fixations comprises
Le chargeur en neige variable
Nordica Enforcer 104 8.4/10
Nordica
Le meilleur pour · le skieur fort qui skie la neige coupée, croûtée, trafollée, à vitesse
Le plus gros reproche à faire à l'Enforcer 104, c'est son poids. Tout le reste en découle, et c'est ce qu'on lui achète : deux plaques de Titanal, un ski qui écrase la neige coupée de 14 h au lieu de rebondir dessus, qui tient sa ligne dans la croûte et ne bronche pas quand la pente se raidit. Ses 104 mm portent correctement, sans en faire un ski de poudreuse pure. C'est un ski de skieur fort : à basse vitesse et dans les arbres serrés, il faut le porter. 540 euros nu, moins que le pack Rustler, pour un caractère plus dur. Celui qui charge y trouvera son compte.
On aime
- Stabilité et tenue en neige variable
- Titanal intégral : rien ne vibre
- 540 euros nu, pour ce niveau de construction
On aime moins
- Lourd, exigeant à basse vitesse
- Peu joueur dans les arbres serrés
Léger et accessible
Elan Ripstick 102 8.3/10
Elan
Le meilleur pour · le skieur qui découvre le hors-piste et veut un ski qui pardonne
Premier ski freeride ? Celui-ci se laisse apprivoiser. Comme son petit frère de 96 mm, le Ripstick 102 remplace le métal par des tubes de carbone et un profil asymétrique gauche/droite : moins de poids, une entrée en virage facile, une tolérance qui laisse le temps de rattraper un appui raté dans la fraîche. Il flotte bien pour 102 mm et reste agréable sur la piste du retour. Il n'a pas la masse pour écraser la neige croûtée : dans la soupe de fin de journée, il rebondit là où l'Enforcer passe. 468 euros nu, le ticket d'entrée le plus rassurant.
On aime
- Léger et tolérant : le bon ski pour débuter le freeride
- Flotte bien pour 102 mm
- 468 euros nu
On aime moins
- Se fait secouer en neige croûtée ou coupée
- Ski gauche / ski droit à respecter
Léger : freeride et freerando
Line Vision 104 7.9/10
Line
Le meilleur pour · celui qui remonte parfois à peaux et veut un ski large sans le poids
373 euros, et le ski le plus léger de la page : 1 810 g par ski en 185 cm. Le Vision 104 est un ski de freeride construit avec les obsessions d'un ski de rando, un noyau tremble et paulownia, un tissage carbone et aramide à la place du métal, un poids qui autorise une fixation à inserts pour la freerando du dimanche. Il flotte bien et tourne court ; sur piste dure à vitesse et dans la neige lourde, il manque de masse. Le ski de celui qui veut un pied dans chaque monde sans acheter deux paires.
On aime
- Le plus léger de la page : compatible freerando
- 373 euros
- Tourne court, flotte bien
On aime moins
- Manque de masse en neige lourde et sur piste dure
- Pas un ski pour charger
Femme
Rossignol Rallybird Soul 102 8.2/10
Rossignol
Le meilleur pour · la skieuse qui veut un ski freeride pensé pour son gabarit
La même matinée de trente centimètres, avec 55 kilos sur les skis : un ski freeride homme, trop rigide, refuse de plier et de flotter. Le Rallybird Soul 102 est la déclinaison femme du Sender de Rossignol, avec un flex et des tailles pensés pour des gabarits plus légers, et 102 mm au patin qui portent sans demander de vitesse. Léger, il tourne facilement dans les arbres et sur la piste ; léger, il se fait bousculer en neige lourde. 400 euros nu, le bon prix pour un premier ski large.
On aime
- Flex et tailles pour gabarits légers
- 102 mm : flotte sans vitesse
- 400 euros nu
On aime moins
- Léger : bousculé en neige lourde
- Les skieuses fortes regarderont le Nordica Santa Ana 102
Poudreuse profonde
Atomic Bent Chetler 120 7.9/10
Atomic
Le meilleur pour · les jours où il est tombé cinquante centimètres, et rien d'autre
Il y a les skis freeride, et il y a le ski des jours qu'on raconte. Le Bent Chetler 120 est le second : 120 mm au patin, une spatule et un talon relevés et aplatis aux extrémités (Atomic appelle ça HRZN), un ski qui flotte au ras de la neige là où un 102 s'enfonce. Léger et joueur pour sa largeur, il saute et pivote volontiers. Sur piste damée, il est pénible ; dans dix centimètres de fraîche, il est de trop. C'est un deuxième ski, pas le seul. Pour qui voit de grosses chutes chaque hiver, c'est le plus beau des deuxièmes skis.
On aime
- 120 mm : la flottaison des grosses chutes
- Léger et joueur pour sa largeur
- Une icône du ski de poudreuse
On aime moins
- Pénible sur piste damée
- Un deuxième ski, pas un seul ski
Qu'est-ce que le ski freeride, et ce qui le distingue du freestyle et de la freerando
Le freeride, c'est skier hors des pistes damées en y accédant par les remontées mécaniques : les bords de piste, les combes entre deux pistes, les itinéraires non balisés d'un domaine. Le ski qui va avec est large, 100 à 120 mm au patin contre 85 à 100 pour un all-mountain, relevé à l'avant et souvent à l'arrière (le rocker), pour porter dans la neige molle au lieu de la couper. Comme on ne monte pas à la force des jambes, son poids n'est pas un problème ; souvent, c'est même un avantage.
Le freestyle, c'est le park, les sauts et les rails : des skis à double spatule, plus étroits, pour skier en marche arrière et atterrir. La freerando, c'est le freeride qui monte à peaux avant de descendre : un ski plus léger, une fixation à inserts, et un sujet qui appartient à notre comparatif des skis de rando. Ici, on parle du ski qui descend, et qui a le droit de peser.
Largeur au patin : 100-104, 105-112, 115 et plus, traduits en neige
Entre 100 et 104 mm, c'est le ski freeride d'une seule paire : il porte dans trente centimètres de fraîche, tient sur la neige coupée et rentre sur la piste sans faire honte. C'est aussi la réponse à « quel est le ski le plus polyvalent » : quatre skis de cette page sont dans cette fenêtre. Entre 105 et 112, on gagne en flottaison ce qu'on perd en vivacité sur le damé, le ski de celui qui a de la fraîche régulièrement et une autre paire pour la piste. À 115 et plus, c'est le ski des grosses chutes, comme le Bent Chetler 120 : formidable trois jours par an, encombrant les autres.
La taille suit la largeur : un ski freeride se prend plus long qu'un all-mountain, vers le front ou au-dessus, parce que le rocker raccourcit la longueur de carre en contact avec la neige. Notre guide de la taille de ski donne la méthode selon votre gabarit.
Pack ou ski nu, et le matériel qui ne se discute pas
Le pack règle l'achat en un et coûte souvent moins que ski et fixation séparés ; c'est le sens du Rustler 10 de cette page. Le ski nu laisse choisir sa fixation, et en freeride ce choix compte : une fixation à forte élasticité, qui encaisse une réception sans déchausser au mauvais moment, se paie à part (notre comparatif des fixations de ski alpin explique ce qu'on achète en montant en gamme). Dans les deux cas, le réglage se fait en magasin avec vos chaussures.
Reste ce qu'aucun ski ne remplace. Hors des pistes, on part avec un DVA allumé, une pelle et une sonde, on sait s'en servir, et on a lu le bulletin d'estimation du risque d'avalanche de Météo-France du jour. Un ski large n'apprend pas à lire une pente ; une formation d'une demi-journée, oui, et beaucoup de stations en proposent. Notre guide explique comment utiliser un DVA. C'est la partie de l'achat qui ne se voit pas sur la photo.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le ski freeride ?
Le ski hors des pistes damées, en accédant au terrain par les remontées mécaniques : bords de piste, combes, itinéraires non balisés. Le ski freeride est large (100 à 120 mm au patin) et relevé aux extrémités pour porter dans la neige molle. Il se pratique avec DVA, pelle, sonde et la formation qui va avec.
Quels sont les 3 meilleurs skis freeride ?
Pour un seul ski freeride qui rentre sur la piste, le Blizzard Rustler 10 (651 euros en pack). Pour un skieur fort en neige variable, le Nordica Enforcer 104 (540 euros). Pour débuter le hors-piste avec un ski tolérant, l'Elan Ripstick 102 (468 euros).
Quel est le ski freeride le plus polyvalent ?
Un ski de 100 à 104 mm au patin : assez large pour porter dans la fraîche, assez étroit pour accrocher sur la piste et tenir dans la neige coupée. Le Rustler 10, l'Enforcer 104 et le Ripstick 102 sont dans cette fenêtre, avec trois caractères différents.
Quelle est la différence entre freestyle et freeride ?
Le freestyle se pratique en park (sauts, rails, half-pipe) avec des skis à double spatule, étroits, faits pour atterrir et skier en marche arrière. Le freeride se pratique hors des pistes, dans la neige naturelle, avec des skis larges faits pour flotter. Les skis qui mélangent les deux ont leur propre comparatif.
Quelle largeur au patin pour la poudreuse ?
100 à 104 mm pour un ski polyvalent qui flotte dans trente centimètres et rentre sur la piste. 105 à 112 mm pour de la fraîche régulière, avec une autre paire pour le damé. 115 mm et plus pour les grosses chutes : un deuxième ski, spécialisé, pénible sur piste.
Faut-il un DVA pour skier en freeride ?
Oui, dès qu'on quitte la piste damée : un DVA porté allumé, une pelle, une sonde, et l'entraînement à s'en servir. Il faut aussi lire le bulletin d'estimation du risque d'avalanche du jour, et se former : beaucoup de stations proposent une demi-journée.