UTMJ 2026 : un coureur évacué en choc anaphylactique

Trail & Running · Actu
🎧 Écouter l’article

Le sentier de crête du Mont d’Or (1 463 m), point culminant du Doubs, traversé par plusieurs courses de l’UTMJ. Photo d’archive. Photo : Zairon, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

L’Ultra-Trail des Montagnes du Jura a fini sa septième édition sous le soleil, avec 7 976 coureurs au départ et six records battus dans la seule journée de samedi. « Tous les voyants sont au vert », se félicite son coordonnateur. Dimanche matin, vers 9 h 10, les pompiers ont pourtant été appelés à Châtelblanc, dans le Doubs. Un coureur de 39 ans venait de faire un choc anaphylactique après une piqûre d’insecte. Le SMUR l’a évacué vers un hôpital, dans un état jugé grave.

Un coureur de 39 ans évacué par le SMUR à Châtelblanc

Le village de Châtelblanc et ses maisons aux toits rouges au milieu des prés du Haut-Doubs
Châtelblanc, village du Haut-Doubs voisin de Chaux-Neuve. Photo d’archive. Photo : René Hourdry, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Les sapeurs-pompiers du Doubs ont été appelés dimanche 4 octobre pour un coureur victime d’une réaction allergique sévère. Ils lui ont donné les soins d’urgence et ont stabilisé son état en attendant une équipe médicale. Classé grave, il est parti avec le SMUR vers un centre hospitalier. Au même moment, un deuxième coureur, âgé de 36 ans, a lui aussi été piqué. Son état était moins préoccupant, mais il a également été évacué. La Protection civile, qui tenait le dispositif de secours de la course, s’est rendue sur place.

Les secours n’ont pas précisé l’insecte en cause, et aucune nouvelle des deux coureurs n’a été donnée depuis. Le bilan publié dimanche après-midi par l’organisateur ne mentionne pas l’incident.

Chez une personne allergique au venin, une piqûre d’abeille, de guêpe ou de frelon peut provoquer une difficulté à respirer ou à avaler, un gonflement de la langue, des lèvres ou de la gorge, un malaise, voire une perte de connaissance. L’Assurance maladie demande alors d’appeler immédiatement le 15 ou le 112 et d’allonger la personne en position latérale de sécurité. Si elle porte sur elle un stylo d’adrénaline, il se pique sur le bord extérieur de la cuisse, bouton maintenu dix secondes. Sur toutes les courses de l’UTMJ, le téléphone chargé et allumé fait partie du matériel obligatoire. Sur le 40 comme sur le 175 kilomètres, la trousse de secours n’est que recommandée.

Six records tombés le samedi

Des falaises calcaires surplombant une vallée boisée depuis le sommet du Mont d'Or
Les falaises du Mont d’Or, sur le parcours de la Renarde et de la Franco-Suisse. Photo d’archive. Photo : Zairon, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Samedi, les chronos sont tombés les uns après les autres. Sur la Franco-Suisse, 105 kilomètres partis des Rousses à 5 heures du matin, Inti Coenegracht a gagné en 9 h 48 min 38 s, sur son premier 100 kilomètres. « Je ne pensais jamais passer devant Dylan Ribeiro, que je respecte beaucoup et dont je suis fan », raconte le Drômois dans le communiqué de l’organisateur. Charlotte Allain a effacé le record féminin en 11 h 53 min 31 s. Le relais, 177 kilomètres à six, est revenu à l’équipe No Pain 6 Gain, en 15 h 41 min 35 s.

Sur la Renarde, 75 kilomètres, Dimitri Morel-Jean a lâché tout le monde : 5 h 54 min 46 s, avec plus d’une heure d’avance sur le deuxième. Le Jurassien ne s’arrêtera pas là. « J’ai un objectif un peu caché : gagner toutes les courses de l’UTMJ et être le premier à réussir à le faire ! », lance-t-il. Sur les 10 kilomètres du Chamois, Eliot Monnier Benoit, vainqueur l’an dernier, a cette fois battu le record en 39 min 20 s, et Amélie Gonnod l’a imité chez les femmes en 47 min 38 s.

Loïs Ardiet gagne son premier 175 kilomètres

Le sommet herbeux du Suchet et sa croix sous un ciel bleu
Le sommet du Suchet (1 588 m), en Suisse, que le 175 kilomètres gravissait avant de redescendre sur Métabief. Photo d’archive. Photo : Pmau, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Le 175 kilomètres est parti de Lancrans, dans l’Ain, vendredi à midi. Il traversait trois départements et une partie de la Suisse, avec 6 800 mètres de dénivelé positif, du Crêt de la Goutte jusqu’au Suchet. Loïs Ardiet, 21 ans, s’était fixé un objectif : finir en moins de 24 heures, en partant prudemment. « Je ne pensais pas prendre la tête dès Lajoux et encore moins la garder jusqu’à l’arrivée », raconte le coureur du Doubs. Il a franchi la ligne à Métabief en 21 h 02 min.

Jérémy Arbore, vainqueur de la Renarde l’an dernier, finit deuxième à 35 minutes. Il a manqué la base de vie des Rousses : « J’ai fait une erreur de parcours de 3 kilomètres, ce qui m’a fait perdre au moins 20 minutes. » Chez les femmes, Manon Charpy a gagné en 28 h 31 min 40 s, malgré des maux de ventre dès le départ qui lui ont fait « même envisager l’abandon ».

L’organisateur ne veut pas dépasser 10 000 inscrits

Un petit lac entouré de sapins avec le Mont d'Or à l'horizon
Le lac du Morond et le Mont d’Or, au-dessus de Métabief, où arrivait l’UTMJ. Photo d’archive. Photo : Anthospace, CC BY 4.0 via Wikimedia Commons.

Éric Picot, le coordonnateur de l’UTMJ, estime à plus de 30 000 le nombre de personnes venues en quatre jours, coureurs compris, avec près de 1 000 bénévoles. Il refuse de grossir davantage : « Nous ne souhaitons pas dépasser une jauge de 10 000 inscrits. Notre objectif est désormais de faire mieux : améliorer encore l’accueil, la sécurité, les ravitaillements, les transports et l’expérience des participants. » Le 300 kilomètres, absent cette année, « reste dans les tuyaux », ajoute-t-il, et l’organisation y croit pour 2027.