Photo : Anthospace, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Mercredi matin à Chamonix, le compteur de la TDS affiche 567 abandons pour 1 290 partants. Rémy Brassac a gagné en 19 heures 28, sept Français figurent dans les huit premiers, et Sarah Vieuille a terminé neuvième au classement général toutes catégories, à 41 ans. Pendant ce temps, le meilleur coureur du plateau de l’UTMB ne prendra pas le départ vendredi : Kilian Jornet a renoncé, genou en vrac.
La TDS a coûté cher, et les Français ont tout pris
Partie lundi à 23 h 50 de Courmayeur pour 148 kilomètres et 9 300 mètres de dénivelé positif, la TDS a été la course la plus sévère de la semaine jusqu’ici. Rémy Brassac l’a bouclée en 19 heures 28 minutes 43 secondes. Pierre-Adrien Hivert suit à 45 minutes 43 secondes, l’Italien Davide Rivero complète le podium à 1 heure 14. Derrière, la razzia : sept Français dans les huit premiers, neuf dans le top 10.
Le chiffre qui raconte vraiment la nuit, c’est 44 %. Sur 1 290 partants, 567 ont abandonné. Ce mercredi à la mi-journée, 237 coureurs avaient franchi la ligne et 486 étaient encore dehors, échelonnés du barrage de la Girotte aux Houches, avec une barrière finale fixée à 20 h 45 ce soir. L’organisation avait prévenu avant le départ : « Première nuit : températures proches de 0 °C au passage des cols, avec un risque de pluie. Prévoyez votre équipement en conséquence. » Sur un parcours qui monte au col Chavannes à 2 574 mètres puis au Passeur de Pralognan à 2 554, partir léger se paie comptant, et le choix de la veste qu’on emporte pèse plus lourd qu’une paire de bâtons.
Sarah Vieuille neuvième au scratch, à 41 ans
Chez les femmes, Sarah Vieuille a signé 22 heures 8 minutes 16 secondes. Le chiffre à retenir n’est pas sa victoire, c’est sa place au général : neuvième sur 1 290 partants, hommes et femmes confondus. Alice Meignié termine deuxième à 22 minutes 13, l’Américaine Alyssa Clark troisième à 46 minutes 3.
Les deux autres courses déjà bouclées ont aussi souri aux Français. Sur la MCC de lundi, 40 kilomètres entre Martigny-Combe et Chamonix, Gatien Airiau s’est imposé en 3 heures 26 minutes 58 secondes, avec 23 secondes d’avance sur Florian Bernabeu-Seguy. Chez les femmes, la Belge Noemie Lepoutre a gagné en 3 heures 55 minutes 55 secondes, vingt-deuxième au scratch, avec près de vingt-neuf minutes sur la deuxième. Et sur l’ETC de mardi, 15 kilomètres au-dessus de Courmayeur, l’Américain Taylor Stack l’a emporté en 1 heure 19 minutes 23 secondes devant le Français Romain Discher, quand Marie Nivet gagnait chez les femmes en 1 heure 34 minutes 20, quarante-troisième au scratch.
Kilian Jornet a renoncé une semaine avant le départ
Le 20 août, huit jours avant l’UTMB, Kilian Jornet a annoncé qu’il ne serait pas au départ. Il traîne depuis plusieurs mois une blessure au genou et explique avoir décidé, avec son équipe médicale, qu’une opération était la meilleure option. L’imagerie a montré une déchirure horizontale du ménisque externe, des lésions du cartilage de la rotule et un œdème osseux.
Ce n’est pas une décision de dernière minute prise à la légère. Il avait déjà tenté de courir la Western States le 27 juin et s’était arrêté quand le genou s’était bloqué. La veille de son annonce, il a fait un dernier test, une longue sortie entre Courmayeur et Chamonix : cinq heures sans problème, puis la douleur et l’instabilité sont revenues. Il a tranché le lendemain.
Le constat est vérifiable sur les listes officielles : son nom n’apparaît ni dans la base des coureurs de l’événement, ni dans les cinquante favoris publiés par l’organisation. Avec un indice UTMB de 948, il serait pourtant le premier du plateau masculin, devant l’Américain Ben Dhiman et ses 946 points. Le Catalan de 38 ans a gagné l’UTMB quatre fois, en 2008, 2009, 2011 et 2022.
Deux litres d’eau conseillés jeudi, et tout le reste à courir
La consigne la plus intéressante de la semaine tient en une ligne, sur la page officielle de l’OCC de jeudi : « Kit de base + 1,5 L d’eau obligatoires, 2 L d’eau conseillés. » C’est la seule des huit courses à recevoir une consigne d’eau renforcée. Il y a une raison de terrain : le col de Balme, à 2 206 mètres, est un poste boisson seule, sans ravitaillement solide.
Sur la MCC de lundi, ce col tombait au kilomètre 16,9, et il séparait deux ravitaillements solides distants de 20,3 kilomètres et 1 072 mètres de dénivelé. Sur l’OCC de jeudi, il tombe au kilomètre 33,5, et le parcours 2026 y ajoute un passage inédit vers un nouveau point culminant à 2 321 mètres. Autrement dit, la contenance du sac qu’on choisit pour ces deux courses n’est pas un détail de confort.
Reste le programme. L’OCC part d’Orsières jeudi en quatre vagues entre 8 h 15 et 9 heures, sur 60 kilomètres et 3 500 mètres. La CCC quitte Courmayeur vendredi à 9 heures pour 101 kilomètres et 6 050 mètres, avec un avertissement officiel de temps humide. L’UTMB s’élance vendredi à 17 h 45 de la place du Triangle de l’Amitié, pour 174 kilomètres et une barrière à 46 heures 45. Chez les femmes, Courtney Dauwalter part avec 33 points d’indice d’avance sur la deuxième, et Blandine L’Hirondel est la meilleure Française annoncée. Chez les hommes, six points séparent les trois premiers favoris, et Vincent Bouillard est le mieux classé des Français.
Et puis il y a la PTL, partie lundi matin et dont personne ne parle. Cent vingt-trois équipes au départ, vingt-six ont renoncé, quatre-vingt-dix-sept sont encore dehors et aucune n’est arrivée. Les plus avancées pointaient ce mercredi matin au kilomètre 170 sur les trois cents du parcours. L’organisation le rappelle noir sur blanc : la PTL se court « en équipes de 2 ou 3 membres indissociables et solidaires, sans classement final », sur des hautes routes « sans balisage au sol ». Les dernières équipes sont attendues dimanche à 15 heures.