Sigrid Haugset part seule à 88 kilomètres de l’arrivée, gagne à Poligny et prend le jaune

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Photo : Sigrid Ytterhus Haugset sur le contre-la-montre de Pau, au Tour de France Femmes 2023. Hugo LUC, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Le Tour est rentré en France, et il a changé de mains le jour même. Sigrid Ytterhus Haugset est partie seule à 88 kilomètres de Poligny, personne n’est jamais revenu sur elle, et la Norvégienne d’Uno-X Mobility a ramassé le maillot jaune au passage. Lorena Wiebes, qui le portait depuis samedi, avait déjà sauté dans le col de la Faucille. Mardi, le chrono de Dijon dira si l’affaire tient.

Partie à 88 kilomètres de l’arrivée, jamais revue

La troisième étape, 156,5 kilomètres de Genève à Poligny, offrait la première arrivée en France de cette édition. Le début de course a été nerveux : aucune échappée ne prenait, le peloton restait groupé, et une chute à 143 kilomètres du but a couché plusieurs favorites, dont Demi Vollering, la championne du monde Magdeleine Vallières, Noemi Rüegg et Puck Pieterse. Toutes ont pu repartir.

Quand un groupe de onze coureuses s’est enfin détaché, Haugset en faisait partie. Elle n’y est pas restée longtemps. À 88 kilomètres de l’arrivée, la championne de Norvège a laissé les dix autres derrière et a fait le reste toute seule. Le peloton a repris ses anciennes compagnes de fuite. Il n’a jamais repris Haugset, qui a franchi la ligne en 4 h 05’59 » et a empoché le prix de la combativité.

Vue du centre-ville de Poligny, dans le Jura, depuis la Croix du Dan
Le centre-ville de Poligny, dans le Jura. La ville accueillait la première arrivée en France de ce Tour. Photo : Wikipedro, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

« Ça n’a duré que quelques secondes et j’ai cru qu’elle allait me rattraper. Je me suis dit : « Est-ce que je devrais simplement la laisser passer ? La deuxième place, c’est déjà bien. » Mais j’ai continué », a raconté Haugset après l’arrivée. « Gagner sous le maillot norvégien, c’est fantastique. Je n’ai pas pensé au maillot jaune. J’avais tellement le vertige à la fin. Je sais que mon copain va m’en vouloir de ne pas avoir célébré ma victoire, mais je ne pouvais pas lever les bras du vélo. C’était impossible. »

Née le 1er mars 1999, elle court chez Uno-X Mobility, la formation norvégienne, et roulait ce lundi en maillot de championne nationale. Elle est repartie de Poligny en jaune.

Kopecky a chassé 74 kilomètres pour rien

Lotte Kopecky n’a pas laissé faire. La Belge de SD Worx-Protime est repartie derrière à 74 kilomètres de l’arrivée, seule elle aussi, pendant que FDJ United-SUEZ et Visma menaient la poursuite dans le peloton. Dans les derniers kilomètres, elle est revenue à moins de vingt secondes de la Norvégienne. Puis elle a cédé. Deuxième à 1’24 ».

Lotte Kopecky sous le maillot SD Worx-Protime au départ de Liège-Bastogne-Liège 2026
Lotte Kopecky, ici au départ de Liège-Bastogne-Liège en avril 2026, a chassé seule pendant 74 kilomètres. Photo : Hoebele, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Marianne Vos a réglé le sprint du peloton pour la troisième place, à 2’48 », devant l’Espagnole Usoa Ostolaza et Kim Le Court-Pienaar. « L’étape ne s’est pas déroulée comme prévu », a expliqué cette dernière au micro d’Eurosport. « Nous savions que l’écart avec la leader à l’arrivée devait être inférieur à une minute pour endosser le maillot jaune. Malheureusement, mes coéquipières avaient déjà fourni un tel effort en début de course qu’elles n’étaient plus là dans le final, quand j’avais besoin d’elles. »

Le tri s’était fait bien plus tôt, dans le col de la Faucille, au vingt-quatrième kilomètre. Lorena Wiebes, maillot jaune et double vainqueure d’étape après son sprint gagnant de dimanche à Genève, y a été lâchée à environ 130 kilomètres de l’arrivée et n’est jamais revenue : quatre-vingtième à 20’19 ». Elle garde le maillot vert, avec 111 points contre 55 à Haugset.

Le général a basculé d’un coup. Haugset mène en 11 h 17’56 », avec 2’02 » sur Le Court-Pienaar et 2’06 » sur Vollering. Derrière, huit coureuses se tiennent dans le même temps, à 2’10 » : Rüegg, Vos, Cédrine Kerbaol, Elisa Longo Borghini, Katarzyna Niewiadoma, Puck Pieterse, Pauline Ferrand-Prévot et Marlen Reusser. Kopecky, elle, reste trentième à 2’54 » malgré sa deuxième place du jour.

Trois Françaises dans le coup avant le chrono de Dijon

Célia Géry a signé la meilleure performance française de la journée : septième de l’étape, et première des jeunes. La coureuse de FDJ United-SUEZ pointe cinquième du classement du maillot blanc, à 14 secondes. Cédrine Kerbaol a fini juste derrière elle, huitième, et se retrouve sixième au général à 2’10 ». Pauline Ferrand-Prévot, elle, a eu chaud : elle a lutté pour rester au contact quand les favorites se sont attaquées à 25 kilomètres de l’arrivée, mais elle a bouclé l’étape dans le groupe et reste dixième, à 2’10 » elle aussi.

Un autre maillot a changé d’épaules. Puck Pieterse a pris les points au sommet de la Faucille puis de la côte de Lajoux, et compte désormais 18 unités au classement de la grimpeuse, devant Nikola Nosková (14) et Haugset (11). Quatrième avec 8 points, Océane Mahé perd donc le maillot à pois qu’elle avait pris samedi à Lausanne. Paula Blasi Cairol conserve le blanc.

Les vignes du Clos Saint-Jacques à Gevrey-Chambertin, en Côte-d'Or
Les vignes du Clos Saint-Jacques à Gevrey-Chambertin, d’où les coureuses s’élanceront mardi pour le contre-la-montre. Photo : GO69, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Mardi, place au chrono. Vingt et un kilomètres entre Gevrey-Chambertin et Dijon, avec deux bosses au milieu : Marsannay-la-Côte, 1,8 kilomètre à 6,9 %, puis un kilomètre à 4 % pour monter à Corcelles-les-Monts. Restent ensuite neuf kilomètres roulants et plutôt descendants jusqu’à l’arrivée. « 21 km pour l’étape de la Côte d’Or, département 21, voilà un clin d’œil à ce qui pourrait être un grand cru », résume Marion Rousse dans sa présentation de l’étape. Première partante à 14 h 34, dernière arrivée à 17 h 55.

Haugset abordera l’exercice avec 2’02 » de matelas. C’est confortable, sans plus. Sur 21 kilomètres, Marlen Reusser, Demi Vollering ou Anna van der Breggen sont capables d’en reprendre une bonne partie, et le maillot jaune ne restera norvégien que si sa propriétaire roule vite contre la montre.