Photo : Lorena Wiebes sur le Tour de France Femmes 2025. Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Deuxième étape, deuxième victoire. Lorena Wiebes a réglé le sprint de Genève au bout des 147,9 kilomètres partis d’Aigle, et repart avec le maillot jaune sur les épaules. Devant elle, Riejanne Markus avait pourtant fait le plus dur : seule en tête dans le final, la Néerlandaise passait encore en tête à la flamme rouge. Lundi, le Tour quitte enfin la Suisse pour rejoindre Poligny, dans le Jura.
Wiebes double la mise sur le quai du Mont-Blanc
Le parcours du jour n’était pas un boulevard. Trois côtes répertoriées se succédaient dans la première moitié, Chexbres (3,2 km à 5,6 %), Savigny (2,5 km à 5 %) puis Cossonay (2 km à 6 %), avec un double casse-pattes près de Begnins pour faire bonne mesure. Restaient une cinquantaine de kilomètres beaucoup plus roulants jusqu’à Genève, de quoi laisser les équipes de sprinteuses organiser le regroupement.
Sur le quai du Mont-Blanc, Wiebes a fait ce qu’elle fait mieux que personne. La Néerlandaise de SD Worx-Protime a devancé l’Italienne Elisa Balsamo et sa compatriote Marianne Vos, en 3 h 42’08 ». Shari Bossuyt et Letizia Paternoster complètent le top 5, Josie Nelson, Zoe Bäckstedt, Noemi Rüegg, Malwina Mul et Linda Riedmann suivent jusqu’à la dixième place, toutes dans le même temps.
« Mes équipières, Lotte Kopecky notamment, ont chassé toute la journée, à la fin pour revenir sur Riejanne qui nous a mises en difficulté », a raconté Wiebes après l’arrivée. « J’ai dû me débrouiller seule dans la dernière ligne droite mais j’ai réussi à me faufiler avant de placer mon effort aux 250 mètres. » Deux étapes, deux sprints gagnés : elle mène aussi le classement par points, et porte donc le jaune et le vert.
Le doublé a de quoi impressionner, parce qu’il s’est construit sur deux terrains opposés. Samedi, à Lausanne, l’arrivée était jugée au sommet de la côte Saint-François, le genre de final qui élimine d’ordinaire les pures sprinteuses. Wiebes l’a gagnée quand même. Dimanche, sur un final plat au bord du lac, elle a gagné dans son registre naturel. Deux profils différents, deux fois le même résultat, en 286 kilomètres de course.
Riejanne Markus a tenu jusqu’à la flamme rouge
La journée aurait pu tourner autrement. Riejanne Markus, elle aussi néerlandaise mais sous les couleurs de Lidl-Trek, s’est retrouvée seule en tête dans les derniers kilomètres et n’a rien lâché. À onze kilomètres de Genève, le peloton comptait encore trente secondes de retard. À moins de trois kilomètres, l’écart était tombé à une quinzaine de secondes. À la flamme rouge, elle était toujours devant.
Ce dernier kilomètre lui a coûté sa journée. Le peloton l’a reprise avant le sprint, et le prix de la combativité est venu récompenser un effort que Wiebes elle-même a cité en premier dans son interview d’arrivée. Markus portera le dossard vert lundi, maigre consolation pour quelqu’un qui a couru la fin d’étape avec toute la course sur le dos.
Reste que Lidl-Trek n’a pas tout perdu dans l’affaire. L’équipe avait Markus devant et Balsamo dans le peloton, et c’est bien Balsamo qui a fini deuxième derrière Wiebes. Jouer les deux cartes en même temps est le luxe des formations qui ont de la profondeur, et le seul moyen de battre une sprinteuse de ce calibre reste de ne pas lui laisser choisir le terrain.
Océane Mahé garde ses pois, et le Tour passe en France lundi
Rien n’a bougé sur les autres maillots. Wiebes reste en jaune et en vert, Paula Blasi-Cairol (UAE Team ADQ) conserve le blanc de meilleure jeune, et Océane Mahé garde le maillot à pois qu’elle avait pris samedi à Lausanne. La coureuse de Ma Petite Entreprise reste donc la seule Française à porter un maillot distinctif sur ce Tour, ce qui n’est pas rien pour une formation de cette taille.
Le Grand Départ suisse s’achève ici. Lundi 3 août, la troisième étape relie Genève à Poligny, dans le Jura : ce sera la première arrivée en France de cette édition, après deux jours passés entièrement de l’autre côté de la frontière.
« C’est une arrivée soigneusement choisie parce que le cadre est splendide », disait Marion Rousse sur ICI avant l’étape, à propos de Genève. « Le cadre du Mont Blanc, c’est très beau. Ça va être magnifique, les images vues d’hélicoptères. » Les images ont tenu leur promesse. Le classement général, lui, n’a toujours rien raconté : deux arrivées groupées en deux jours, et les favorites toujours logées dans les mêmes secondes. Il faudra attendre le contre-la-montre de Dijon, puis la montagne, pour que la hiérarchie commence à se dessiner.