Cabirou et Pontvianne titrés, et le Ventoux qui attend les femmes

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Photo : Tournasol7, CC BY 4.0 via Wikimedia Commons

Le Tour masculin est à peine rangé que le vélo français repart de plus belle. Ce week-end, les Ménuires ont couronné deux nouveaux champions de France de descente au terme d’un plateau digne d’une Coupe du monde. Dans le même temps, Decathlon CMA CGM a annoncé la création de son équipe féminine, et le Tour de France Femmes s’élance samedi avec, pour la première fois de son histoire, le Mont Ventoux au menu.

Aux Ménuires, Cabirou et Pontvianne repartent en bleu-blanc-rouge

Le championnat de France de descente se courait ce week-end aux Ménuires, avec quasiment tous les habitués de la Coupe du monde au départ. Chez les femmes, Marine Cabirou n’a pas tremblé. L’Aveyronnaise signe le meilleur chrono en 3’39″42 et devance Lisa Bouladou de 3″98, Laïs Bonnaure complétant le podium scratch à 6″94. Une hiérarchie sans surprise, d’autant que Myriam Nicole, blessée, était la grande absente du week-end.

Marine Cabirou en action en descente VTT
Marine Cabirou, ici en Coupe du monde 2025 à Lake Placid. Photo : Stephen LaBonte, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Chez les hommes, c’est plus serré et plus inattendu. Nathan Pontvianne décroche son premier titre Elite au bout d’une manche finale menée de bout en bout, avec 1″26 d’avance sur Till Alran. Derrière, la bagarre pour le bronze a tenu à trois centièmes de seconde : Loris Vergier coiffe Amaury Pierron sur le fil. Sur des pistes pareilles, un VTT de descente bien réglé ne suffit pas, mais il fait déjà une partie du travail.

Le week-end retiendra aussi une histoire qu’on n’invente pas. Mathieu Balizet, titré en 2025, n’a pas pu défendre son maillot : il a été percuté près de la zone d’arrivée par une voiture partie toute seule, frein à main mal serré. Voilà comment on perd un championnat national sans avoir pris le départ. Côté relève, les maillots tricolores juniors reviennent à Ava Chaumet Lagrange et Sacha Gabriel Brizin, et chez les cadets à Clarisse Baud et Tom Delmas.

Decathlon CMA CGM lance son équipe féminine

C’était l’autre annonce de la semaine, et elle compte pour le cyclisme français. Mercredi, Decathlon CMA CGM a officialisé la création de son équipe féminine, qui verra le jour lors de la saison 2027. Elle démarrera au niveau ProTeam, la deuxième division mondiale, avec douze coureuses la première année et l’ambition affichée de monter ensuite vers le World Tour.

Le peloton du Tour de France Femmes
Le peloton du Tour de France Femmes 2025. Photo : MFonzatti, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Le projet est confié à Guillaume Bonnafond, ancien coureur qui pilote déjà les formations Espoirs et Juniors de la structure depuis 2025, et qui travaille au recrutement depuis plusieurs mois. L’encadrement annoncé est étoffé : directrice sportive, entraîneuse, deux assistants sportifs, deux mécaniciens, médecin, kiné, nutritionniste, préparateurs physique et mental. « Nous souhaitons offrir à des jeunes talents, issus de la route, du cyclo-cross et du VTT, un environnement propice à leur développement », explique Bonnafond.

Ce qui rend l’annonce intéressante, c’est moins l’effet d’annonce que la mécanique derrière. Les coureuses profiteront des mêmes infrastructures que l’équipe masculine, dont le centre de performance de La Motte-Servolex en Savoie. Autrement dit, une passerelle réelle entre les jeunes Françaises et le haut niveau, là où beaucoup de talents partaient jusqu’ici se former à l’étranger faute de structure d’accueil.

Le Tour de France Femmes attaque le Ventoux

Place au gros morceau. La cinquième édition du Tour de France Femmes s’élance samedi 1er août pour se terminer le dimanche 9. Neuf jours, neuf étapes, 1 175 kilomètres et 18 795 mètres de dénivelé positif : dans les deux cas, ce sont des records pour l’épreuve. Le Grand Départ sera donné à Lausanne, en Suisse, avant un contre-la-montre à Dijon et deux étapes de montagne.

Le Mont Ventoux et son sommet denude
Le Mont Ventoux, au menu du Tour Femmes pour la première fois. Photo : Erwin Bosman, CC0 via Wikimedia Commons.

Le symbole du parcours, c’est évidemment le Mont Ventoux, gravi pour la première fois dans l’histoire du Tour de France Femmes. Le Géant de Provence a déjà fait basculer assez de courses masculines pour qu’on devine ce qu’il peut provoquer ici : c’est le genre d’ascension où l’on ne triche pas, et où les écarts se comptent en minutes plutôt qu’en secondes.

Sur le papier, le duel annoncé oppose Pauline Ferrand-Prévot, lauréate en 2025 et désormais chez Visma Lease a Bike, à Demi Vollering, en forme depuis le début de saison sous les couleurs de FDJ United-Suez. Derrière, la liste des prétendantes reste longue, de Kasia Niewiadoma à Lotte Kopecky en passant par Anna van der Breggen, sans oublier Marianne Vos et Lorena Wiebes pour les arrivées groupées. Après le Tour masculin bouclé dimanche par Tadej Pogačar, la Grande Boucle féminine a de quoi tenir l’été jusqu’au bout.