Enric Mas gagne l’Alto de Aitana et assume la Roja

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Photo : Brett Hodnett, CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons

Samedi soir à Xeraco, Enric Mas était monté sur le podium sans enfiler le maillot rouge, par respect pour Tadej Pogačar qui venait d’abandonner. Dimanche, il l’a gagné pour de bon. L’Espagnol s’est imposé au sommet de l’Alto de Aitana au terme de l’étape la plus dure de cette Vuelta, 5 166 mètres de dénivelé positif, en réglant Oscar Onley et en lâchant Primož Roglič dans les trois derniers kilomètres.

Mas gagne au sommet de l’Aitana

Les hostilités commencent à 4,5 kilomètres du but, quand les hommes du général reprennent Pavel Sivakov, dernier rescapé d’une échappée de vingt-quatre coureurs. Felix Gall attaque le premier, Santiago Buitrago enchaîne, Richard Carapaz s’y met aussi. Mas répond à chaque fois, puis part à trois kilomètres.

Enric Mas en course
Enric Mas a gagné au sommet de l’Aitana, huit ans après son premier succès sur la Vuelta. Photo d’archive : Wompratte, CC0 via Wikimedia Commons.

Onley comble le trou, Roglič revient un instant avant de céder. Dans le sprint à deux, le Britannique ne peut rien. Mas gagne en 5 h 10 min 40 s, Onley crédité du même temps. Roglič passe à 12 secondes, Gall à 18, Cristian Rodríguez et Mattias Skjelmose à 20.

C’est sa deuxième victoire sur la Vuelta, huit ans après celle d’Andorre, et le premier succès d’étape d’un Espagnol en maillot rouge depuis Alberto Contador en 2014. « Maintenant, je comprends Tadej : ce maillot donne vraiment des ailes », a-t-il lancé à l’arrivée. Puis, plus prudent : « J’ai connu mon lot de revers durant ma carrière, il faut y aller étape par étape. »

5 166 mètres, le plus gros dénivelé de l’édition

Beaucoup de coureurs annonçaient l’étape reine au départ de La Vila Joiosa, et les chiffres leur donnaient raison : 187,4 kilomètres, six ascensions répertoriées, 5 166 mètres de dénivelé positif, soit la valeur la plus élevée des vingt et une étapes. La Vuelta n’était pas revenue sur l’Alto de Aitana depuis dix ans.

La sierra d'Aitana au-dessus de la Costa Blanca
La sierra d’Aitana, où l’arrivée était jugée pour la première fois depuis dix ans. Photo : Ximonic (Simo Räsänen), CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

La difficulté ne venait pas de la montée finale, 22 kilomètres à 5,8 % de moyenne, mais de ce qui précédait. Le Puerto de El Miserat, au kilomètre 73,9, se dresse sur 5,2 kilomètres à 10 % : Buitrago passe en tête et repartira le soir avec le maillot à pois. Puis Tollos, Tudons, Benifallim s’enchaînent sans répit.

L’échappée a mis longtemps à se dessiner. Le peloton n’était qu’à 28 secondes au sommet de la première ascension, les contres se sont enchaînés sur soixante kilomètres, et il a fallu attendre le Puerto de Tudons pour que vingt-quatre coureurs s’installent enfin devant. Valentin Paret-Peintre, Bruno Armirail et Stefan Küng en faisaient partie.

Sivakov a fait la course la plus dure du jour. Parti dans le premier groupe, il attaque à 10,3 kilomètres de l’arrivée, résiste au champion d’Espagne Marcel Camprubí, et se fait avaler à moins de cinq kilomètres. Il repart avec le prix de la combativité et rien d’autre. Sur une journée pareille, où l’allure se tient cinq heures durant, un compteur GPS vaut mieux que les sensations.

Roglič, Gall, Onley : le classement s’est resserré

Les quatre premiers de l’étape sont les quatre premiers du général, dans un ordre différent. Mas mène en 28 h 34 min 03 s, Roglič suit à 1 min 18 s, Gall à 1 min 39 s, Onley à 2 min 20 s avec le maillot blanc. Carapaz est à 3 min 26 s, Skjelmose à 3 min 55 s, Kuss à 4 min 09 s.

Primoz Roglic a la presentation d'une course
Primož Roglič pointe deuxième du général à 1 min 18 s. Photo d’archive : Hugo LUC, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Sept coureurs se tiennent en 4 min 09 s après neuf jours. C’est exactement ce que Skjelmose annonçait au départ : « Cela nous rappelle que tout peut arriver. La course sera complètement différente, très imprévisible, difficile à contrôler, beaucoup plus ouverte. »

Trois abandons de plus dimanche : Pablo Torres, deuxième coureur d’UAE à quitter la course en deux jours, le sprinteur Kaden Groves et Victor Langellotti. Quatorze coureurs manquent à l’appel depuis Monaco.

Chez les jeunes, Onley garde le maillot blanc et Jarno Widar, septième de l’étape à 25 secondes, s’est montré pour la première fois. Buitrago prend le maillot à pois avec les points d’El Miserat, tandis que Van Aert garde le vert sans avoir eu à le défendre : le sprint intermédiaire est revenu à Alessandro Romele, devant Küng, tous deux échappés depuis le matin.

Repos lundi, étape vallonnée mardi

Le peloton souffle ce lundi, première journée de repos de l’édition. La dixième étape, mardi, est vallonnée, et c’est le premier vrai test de la nouvelle hiérarchie : Mas défend une minute et dix-huit secondes sur Roglič, une minute trente-neuf sur Gall.

Les maisons colorees de La Vila Joiosa
La Vila Joiosa, ville de départ de la neuvième étape. Photo : Ximonic (Simo Räsänen), CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Le week-end aura tout changé en quarante-huit heures. Il avait commencé par la chute et l’abandon de Pogačar, qui menait avec près de quatre minutes d’avance.